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Avec le coronavirus, le commerce spécialisé enregistre une baisse de chiffre d’affaires de 55 % en mars

, par Camille Boulate

Les premiers chiffres viennent de tomber. Sans surprise, le mois de mars est catastrophique pour le commerce spécialisé, comme en témoigne la note conjoncturelle publiée par Procos. Explications.

Bientôt un mois de confinement et les premiers chiffres concernant le commerce spécialisé viennent d’être dévoilés par Procos. En toute logique, les enseignes accusent un important recul de leur activité. Ainsi, en mars 2020, l’activité du commerce spécialisé a chuté de 55 % par rapport à la même période l’année dernière. Depuis le 15 mars, date à laquelle la fermeture des magasins a été actée, le chiffres d’affaires des magasins s’est écroulé de 96 %. Les ventes sur Internet ont augmenté en moyenne de 37 %, précise Procos. Mais, cette augmentation ne permet de récupérer que 3 % des ventes habituellement réalisées en magasin. Par ailleurs, ces ventes Internet ne fonctionnent que pour certains secteurs pour lesquels les acteurs sont parvenus à poursuivre leur activité (culture/loisir/jouet, alimentaire spécialisé, équipement de la maison, beauté/santé).” A contrario, les performances sur l’habillement en e-commerce sont en forte baisse.

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Sauver un maximum de magasins

Plus globalement, sur le premier trimestre 2020, l’activité des magasins est en baisse de plus de 17 % en moyenne. Cela s’expliquant bien évidemment par les quinze jours de fermeture des points de vente sur le mois de mars. “52 % des enseignes connaissent déjà une baisse sur le trimestre supérieure à 20 %. Seules 2 % rencontrent une évolution positive sur les trois premiers mois de l’année”, insiste Procos. La fédération du commerce spécialisé précise également que les mesures fortes décidées par le gouvernement doivent servir à atteindre deux objectifs prioritaires : sauver un maximum de magasins pour sauver un maximum d’emplois dans les territoires. “C’est l’enjeu sociétal”, affirme Procos. En effet, le commerce de détail non alimentaire emploie plus d’un million de personnes en France. Par ailleurs, dans sa note conjoncturelle, Procos met en avant différentes propositions afin de soulager les commerçants en matière de trésorerie.

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Loyers progressifs

L’un des points importants, portés par beaucoup d’acteurs du commerce, et confirmé par Procos reste la charge des loyers. Ainsi, la fédération insiste sur le fait que les loyers et les charges de la période de fermeture pour tous les magasins fermés doivent être annulés, et pas simplement reportés. “Cette annulation doit être officialisée rapidement afin de se concentrer sur la reprise. Certains bailleurs l’ont compris, mais beaucoup n’ont absolument pas pris conscience des enjeux et des risques de défaillance. Leur risque : ne plus avoir de locataire demain et ceci pour toute taille de retailers et de commerçants. Sans annulation des loyers et des charges, les mises en cessation de paiement, les fermetures de magasins se multiplieront sans parler des contentieux juridique”, alerte Procos. La fédération demande également la mise en place de loyers progressifs adaptés lors de la reprise d’activité jusqu’à fin 2020.La redémarrage sera long, difficile et très progressif. Aujourd’hui, les magasins chinois rouverts réalisent entre 50 et 60 % de leur chiffre d’affaires habituel après plusieurs semaines. Il faut donc des loyers au pourcentage de l’activité réelle”, confirme Procos. Enfin, la fédération du commerce spécialisé appelle le gouvernement à étendre à tous les locaux de commerce et restaurants l’interdiction pour les bailleurs de viser la clause résolutoire, de facturer des pénalités, de faire jouer toute caution dans le cadre du non-règlement du loyer. “C’est le seul moyen d’organiser la situation actuelle dans l’attente d’une meilleure visibilité sur la fin du confinement et pour tous de travailler efficacement sur les conditions de réouverture. Tous ces éléments sont les principales conditions pour assurer l’objectif qui doit être commun à tous : sauver les magasins de toute taille, sauver les emplois. À défaut, c’est toute une filière qui va être mise à terre”, estime ainsi Procos.

Camille Boulate

Camille Boulate


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