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Déconfinement : quelle politique pour les commerces ?

, par Camille Boulate

Le ministère du Travail a publié, dimanche 3 mai, un protocole que toutes les entreprises devront respecter pour assurer la sécurité de ses salariés mais aussi des clients. Retour sur les mesures concernant le commerce.

La date du 11 mai est attendue par de nombreux chefs d’entreprise et de salariés. Dès cette date, si l’épidémie de Covid-19 continue de ralentir, l’ensemble des commerces pourront rouvrir leurs portes, à l’exception des bars, cafés et restaurants. Dans ce cadre, les commerçants devront respecter un certain nombre mesures afin de garantir la sécurité des salariés et des clients. Pour les aider dans cette démarche, le ministère du Travail a publié, dimanche 3 mai, un protocole général qui devra être respecté par les entreprises. Ce document “précise la doctrine générale de protection collective que les employeurs du secteur privé doivent mettre en place. Il vient en complément des 48 guides métiers déjà disponibles et élaborés en partenariat avec les fédérations professionnelles et les partenaires sociaux”, précise le ministère du Travail.

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4 mètres carrés par personne

Dans ce protocole national, le gouvernement dévoile un critère universel d’occupation maximale des espaces ouverts au public et en milieu de travail. “Ce critère est fondé sur l’estimation du nombre de mètres carrés par personne, nécessaire pour permettre à des personnes présentes simultanément dans le même espace (salariés, clients, etc.) d’évoluer dans le respect des règles de distanciation physique”, détaille le document. Ce critère a ainsi été fixé à 4 mètres carrés minimum par personne, “ce qui doit permettre de garantir une distance minimale de 1 mètre autour d’une personne”, précise le ministère du Travail. Concrètement, pour déterminer le nombre de personnes qu’un point de vente pourra accepter simultanément, le commerçant devra se baser sur la surface résiduelle de son établissement, c’est-à-dire la surface effectivement disponible pour les occupants, déduction faite des parties déjà sollicitées. “Pour un magasin, il convient de retrancher à la surface totale celle qui est occupée par les rayonnages et les réserves (entre autres) pour déterminer in fine la surface résiduelle pour l’accueil des clients”, souligne le ministère du Travail. Dans son document, le gouvernement prend l’exemple d’un supermarché de 2 000 mètres carrés. “Pour une surface nue de plateau commercial et un encombrement des rayons estimé à 40 %, la surface résiduelle est égale à 2 000 – 800 soit 1 200 mètres carrés. La jauge maximale est donc égale à 1 200 / 4, soit à 300 personnes clients et salariés”, détaille le ministère du Travail. Toutefois, le protocole précise que ce nombre de clients admissibles simultanément peut être contraint et donc modulé par d’autres critères, comme le nombre de caisses ouvertes, le flux de passage aux caisses ou encore le nombre de clients qui attendent à cet endroit clé du magasin. “Un coefficient réducteur, apprécié par le responsable de l’établissement, peut alors s’appliquer au calcul précédent. […] Il s’ensuit que le flux doit être contrôlé à l’entrée et à la sortie pour que la jauge ne soit pas dépassée. Les caisses constituant le goulot de sortie, le nombre de clients entrant doit être égal au nombre de clients sortant”, alerte le ministère du Travail.

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Adaptation

L’ensemble des enseignes qui ont fait perdurer leur activité n’ont pas attendu le protocole du gouvernement pour mettre en place des mesures de sécurité strictes. Toutes celles que nous avons pu interroger depuis le début du confinement ont pensé et déployé des règles sanitaires pour assurer la sécurité des clients. Des enseignes comme Sequoia Pressing ou encore Nicolas, par exemple, ont réfléchi à un protocole, ne permettant qu’à une seule personne de rentrer dans le magasin. “La porte est ouverte et fermée par le caviste uniquement, les clients ont interdiction de toucher aux bouteilles et doivent suivre un balisage au sol pour respecter les normes de sécurité en matière de distanciation sociale. Enfin, uniquement les paiements en carte bancaire sont acceptés afin de limiter un maximum les contacts et de proposer les conditions de sécurité optimales. Bien évidemment, à cela s’ajoutent les gestes barrière tels qu’ils sont définis par le gouvernement”, nous détaillait mi-avril Christopher Hermelin, chief marketing officer de l’enseigne. Toutefois, certaines fédérations s’inquiètent des mesures sanitaires qui seront demandées aux commerçants une fois la réouverture des établissements actée. C’est le cas de l’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec). “La santé est la priorité, je comprends et c’est normal. Mais attention à ne pas nous imposer des consignes trop restrictives qui pourraient, demain, engendrer des problématiques économiques importantes, interpelle Christophe Doré, président de l’Unec. Il faudra clairement travailler différemment, adopter une nouvelle organisation et de nouveaux réflexes, mais il faudra aussi que cela soit accompagné de mesures fortes, comme la défiscalisation des heures supplémentaires pour permettre à nos salariés de travailler plus pour la relance économique.”

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Camille Boulate

Camille Boulate


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