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FCA : “Nous regrettons qu’il n’y ait plus de véritable interlocuteur dédié au commerce”

, par Nicolas Monier

Récemment nommé au poste de délégué général de la Fédération du Commerce Coopératif et Associé (FCA), Olivier Urrutia succède à Alexandra Bouthelier. Franco-espagnol, docteur en science politique, il nous livre les grands enjeux du commerce de demain.

Comment analysez-vous la situation actuelle dans lequel s’inscrit le commerce ?

Nous sommes dans une période de grandes disruptions géopolitiques. La crise en Ukraine côtoie une crise climatique durable et de ce fait, une crise énergétique. Plus spécifiquement, outre l’inflation, les acteurs du commerce sont confrontés à des vraies problématiques de recrutement ou encore de difficultés d’approvisionnement. Dans ce contexte, le rôle de la FCA est d’être une voix qui compte dans le débat public.

Vous avez un parcours atypique, du moins pour rejoindre la FCA. Quel regard portez-vous sur ce que nous sommes en train de vivre ?

C’est vrai que je ne suis pas issu du commerce. Le regard que je portais avant de prendre mes fonctions était celui d’un citoyen consommateur. Comprenez bien que nous sommes aujourd’hui dans une période charnière, entre deux modèles qui se chevauchent encore. C’est un moment de latence qui peut générer à la fois anxiété et opportunités. Anxiété parce que, comme je vous l’expliquais précédemment, nous sommes face à des crises durables. Mais opportunités parce que c’est le moment de nous réapproprier les moyens d’avoir un impact durable sur ce qui nous permettra de redéfinir le futur. Les tendances de consommation évoluent dans le temps.  Se mêlent aujourd’hui crise du pouvoir d’achat face à l’inflation et prises de conscience d’une crise climatique qui fait bouger les lignes. Nous nous devons, à la FCA, d’être extrêmement attentifs et vigilants face à ces changements.

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D’autant que nous ne sommes plus les seuls confrontés à ces crises !

Exactement ! Ici, les crises conjoncturelles s’inscrivent dans un cadre de crises systémiques qui impactent tous les pays et secteurs d’activité économique. Ces crises disruptives ne touchent également pas que le commerce mais bien toutes les sociétés dans leur ensemble. Il y a des enjeux forts qui ne seront correctement appréhendés que si les différents acteurs ont une vraie démarche volontariste. Cela vaut bien entendu pour les pouvoirs publics.

D’ailleurs, toutes les fédérations souhaitent un plus grand engagement du gouvernement en matière du commerce…

En effet, nous regrettons tous qu’il n’y ait plus de véritable interlocuteur dédié au commerce, ce qui permettrait une plus grande fluidité entre les échanges. Plus généralement, nous souhaitons qu’à l’instar du plan industriel 2030, et ses 30 milliards d’euros sur cinq ans, nous puissions également obtenir un plan commerce 2030. De plus, vous savez que la FCA a élaboré un manifeste de cinq grandes propositions emblématiques qu’elle souhaiterait que le gouvernement prenne en compte. Parmi ces dernières, l’accélération de la transition RSE, une vraie transformation digitale du commerce, une refonte de la transmission des entreprises, un choc de simplification administratif et une plus grande équité fiscale entre toutes les formes de commerce.

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Nicolas Monier
Journaliste


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