Actualités Le taux de vacance commerciale dans les centres-villes est passé de 6,1 % à 10,4 % entre 2001 et 2015.

Le taux de vacance commerciale dans les centres-villes est passé de 6,1 % à 10,4 % entre 2001 et 2015.

Redynamiser les centres-villes : des élus veulent le label “grande cause nationale 2018”

, par Camille Boulate

L’association Centre-ville en mouvement (CMV), portée par une centaines d’élus, entend faire de la redynamisation des centres-villes la “grande cause nationale 2018” et ouvrir le débat sur la question de la désertification.

 

Les centres-villes sont des mouroirs. Voilà le constat de l’association “Centre-ville en mouvement (CVM)”. “Il y a des villes de 40 000 habitants dans lesquelles il ne se passe plus rien à partir de 19 h”, a insisté Patrick Vignal, député de l’Hérault et président de CVM lors d’une conférence de presse la semaine dernière. L’objectif des élus est donc d’amorcer une grande réflexion sur le sujet pour que les centres-villes deviennent une grande cause nationale en 2018. “À travers ce label, nous souhaitons que les citoyens, les associations, les collectivités, les élus locaux, les enseignes et les groupes de grande distribution soient sensibilisé à la question de la désertification des centres-villes”, souligne le CMV.

 

Une vacance commerciale en progression constante

C’est donc un véritable défi pour l’association puisque le taux de vacance commerciale des centres-villes ne cesse d’augmenter, passant ainsi de 6,1 % en 2001 à 10,4 % en 2015, selon les chiffres publiés par le CMV. Les villes de moins de 50 000 habitants restent les plus touchées, avec une moyenne de 11,1 %. “C’est alarmant, il faut arrêter le massacre. Et plus qu’une cause nationale, c’est une responsabilité collective. Il faut s’engager tous ensemble”, souligne Patrick Vignal. Si les facteurs expliquant cette désertification sont nombreux, l’un des plus flagrants selon l’association reste la question des zones commerciales grandissantes en dehors des agglomérations. “Il manque un regard général sur la question de la périphérie et l’anarchie des autorisations de constructions commence même à atteindre l’activité de ces zones : le taux de vacance des centres-commerciaux a été multiplié par deux en trois ans, passant de 4,6 % en 2012 à 9,5 % en 2015.”

 

Une modernisation des cœurs de ville qui doit être une priorité

Pourtant, les habitants français portent de l’importance aux centres-villes puisqu’ils sont 59 % à déclarer y être attachés, selon le deuxième baromètre publié par l’association CMV*. Ils sont même 73 % à s’y rendre au moins une fois par semaine. “C’est au cœur de ville que se forge le lien social, que s’éprouve la fierté d’appartenir à une communauté, locale, nationale. […] Laisser nos centres-villes disparaître c’est porter une lourde responsabilité dans la crise économique et démocratique qui traverse notre pays”, assure Pierre Vignal.
*publié en septembre et réalisé par la le Consumer science & analytics (CSA) et ClearChannel pour le CMV, auprès de 1 000 Français de 18 ans et plus.

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Camille Boulate


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