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Retro Tour : la franchise en side-car sur les routes de France

, par Valentine Puaux

Offrir une expérience insolite autour de destinations touristiques phares. C’est ce que souhaitaient déployer Julien Gast, Rémi Di Nino et Charles Robin, à l’issue de leur école de commerce et aujourd’hui à la tête de Retro Tour. Une micro-franchise lancée en 2015 autour de la capitale, qui propose depuis, des tours en side-car pour découvrir 5 régions de France. Explications du concept touristique et insolite avec l’un des cofondateurs.

Tout a commencé en 2014 autour d’un barbecue post-école de commerce. Face au boom des activités telles que les tours en 2 CV ou en Ferrari sur les Champs Elysées, on s’est dit que l’on pourrait, nous aussi proposer, quelque chose dans ce style mais qui nous ressemblerait davantage et qui soit plus original et plus insolite. D’autant plus que Paris est dans le top 5 mondial des destinations à visiter”, raconte Julien Gast, co-fondateur de Retro Tour. Et ce dernier de poursuivre : Rémi Di Nino, l’un des cofondateurs, voulait un side-car pour son célébrer son mariage. À l’époque, il n’en avait pas trouvé. C’est donc c’est ce qui nous a mis la puce à l’oreille”. Les trois amis se lancent ensuite dans l’aventure entrepreneuriale, scrutent l’hexagone à la recherche de véhicules pour lancer leur activité. Puis créent le nom et l’identité visuelle de Retro Tour, inspirés par Ural Retro, un fabricant historique de motos side-car présent sur le marché depuis plus de 75 ans déjà. Un premier projet en propre voit finalement le jour à Paris en mars 2015 avec deux véhicules en service pour transporter les publics, suivi d’un lancement en franchise en 2017. Bien accueilli par les publics, parce qu’insolite, le concept s’étend ensuite à Tours, autour des châteaux de la Loire en 2019, puis à la région Bourgogne en 2020. Pour autant, pas question de mailler le territoire à vitesse grand V et à plein gaz, pour le co-fondateur de l’enseigne.

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Un concept à trois roues et moyenne vitesse

Pour l’heure, on ne se développe qu’avec de la demande entrante car nous sommes une toute petite structure, une micro-franchise même ! Nos franchisés situés en Bourgogne et dans la Loire, aujourd’hui jeunes retraités envisageaient le projet comme un revenu complémentaire. Ils ont pleinement le temps de se consacrer à Retro Tour ! Adhérer au réseau demande beaucoup d’énergie et d’implication personnelle”, insiste Julien Gast.

Pour ce qui est de la rentabilité du concept, il faut attendre la troisième année d’exploitation ! Côté franchiseur, il faut au moins 4 mois avant que le réseau ne puisse lancer une nouvelle destination Retro Tour. Néanmoins, la jeune enseigne ne parle pas d’implantations ou d’unités comme d’autres réseaux mais bien de “destinations” devrait atteindre les 800 000 euros de chiffre d’affaires d’ici fin 2022 pour son activité parisienne. La tête de réseau souhaite progressivement étendre son concept à des villes à fort potentiel touristique. Soit, les 10 plus grandes villes de France. “Nous aimerions cibler Nice, Lyon et Lille et pourquoi Marseille, bien que nous ayons déjà un concurrent là-bas. Nous travaillons aussi sur deux ouvertures potentielles l’année prochaine, à Reims en Champagne et à Lisbonne en master-franchise. Et à Las Vegas prochainement, en propre avec un associé. Enfin, pourquoi pas la Corse s’il y a de la demande de la part des candidats, mais il faudra s’attendre à travailler autour d’un rythme beaucoup plus saisonnier”, note Julien Gast. Autrement, les 12 sides-cars des partenaires, qui ont une exclusivité d’exploitation sur la région choisie, circulent toute l’année. Pour démarrer, le chef d’entreprise peut démarrer avec son propre garage, sinon en louer un à proximité du principal point d’intérêt ou de ramassage de sa région.

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Des franchisés “gentlemen siders”

De ce fait, Retro Tour, qui cumule à date, près de 3850 tours réalisés, attend de ses futurs partenaires, qu’ils répondent à plusieurs critères. “Il faudra se montrer curieux avant tout, être autonome et capable de prendre des initiatives. Aimer le contact direct avec la clientèle, la culture et l’histoire pour garantir l’expérience du tour au client qui vient découvrir une région et son patrimoine, mais aussi gérer seul sa comptabilité. Sinon, le gérant devra savoir faire face à des imprévus sur le terrain comme des pannes mécaniques”, précise le franchiseur. Une fois engagé avec Retro Tour, le franchisé organise ses propres tours comme il l’entend. Et Julien Gast d’ajouter : “C’est sa responsabilité de connaitre la région. Nous pouvons lui donner des conseils logistiques et stratégiques, mais il réalise ses propres itinéraires et sa propre topographie. Aller entre Deauville et Honfleur par exemple, ou s’arrêter dans une cidrerie normande selon les options choisies ou non par le client lors de la réservation du tour”. Enfin, le réseau ne recherche ni des guides-touristiques, ni des bikers passionnés de cylindrées pour porter l’activité.Le pilote doit être un gentleman sider mais pas un biker. Tant pour accueillir des professionnels que des particuliers pour un baptême d’une heure ou pour un itinéraire de 3h30”, indique Julien Gast avant d’ajouter :

Ce qui nécessite un certain savoir-être, en plus de porter la tenue en phase avec notre ADN, le casque ou le béret et le gilet pour faire un mix entre le titi parisien et le militaire avec un côté un peu vintage”.

Un concept original

En outre, cette micro-franchise dispose de nombreux avantages à l’égard d’un candidat et lui donne la possibilité d’exercer selon ses propres moyens financiers. Seul au lancement avec un véhicule, sinon aux côtés d’un associé pour les plus aguerris. Ou bien avec un salarié et deux véhicules pour ceux qui ont les ressources financières nécessaires. “Tout dépend de la demande sur la zone en question. Généralement, le franchisé gère seul son activité. Ensuite, on peut prendre un salarié après plusieurs années d’exercice. Ou s’associer mais sur une destination très visible qui génère une certaine demande”, précise Julien Gast. Et ce dernier de renchérir : “L’activité est prenante. La législation autour des véhicules, qui sont évidemment assurés, est complexe. Néanmoins, ce véhicule bénéficie d’un important capital sympathie de la part des publics. Et ce, malgré le fait qu’il ait servi pendant la guerre. C’est le véhicule emblématique de l’aventure qui permet aussi bien de partir seul avec un pilote, à deux, entre amis ou en famille”. À noter que l’événementiel et les teams buildings font aussi partie de la ventilation du chiffre d’affaires du franchisé. Tant que cela reste bien encadré, effectué et faisable dans un certain périmètre par rapport à sa zone d’activité. Et que le gérant considère que répondre à telle ou telle demande est rentable au vu du temps qu’il y investit.

Ceux qui voudraient piloter de tels engins en adhérant à l’enseigne pour un contrat d’une durée de 5 ans, devront consentir à un investissement global de 30 000 euros comprenant des droits d’entrée de 8 000 euros, le matériel, le side-car et le fonds de roulement. “Mais pour une zone à plus fort potentiel, à l’exemple de Lisbonne, où le ou la candidate pourra disposer de deux véhicules, il s’agira d’un investissement de 50 000 euros”, complète Julien Gast. Une formation d’une semaine, dédiée à la découverte de l’écosystème touristique et au pilotage du side-car, est aussi organisée. De ce fait, précise le représentant de Retro Tour, “c’est mieux d’avoir déjà le permis moto. Mais tout est possible en fonction de la roadmap et des délais d’ouverture. Cela rajoute une incertitude liée à l’obtention de celui-ci. Pour la partie side-car, nous nous occupons de la formation, à l’issue de laquelle nous délivrons un diplôme de conduite”.

Quant aux redevances, celles-ci s’élèvent à 7 % du chiffre d’affaires ( 5 % + 2 % communication). Pour faciliter le lancement de l’activité, “le réseau aide les franchisés dans leur recherche de financements. Ils peuvent notamment s’adresser à Initiative, selon la région ciblée et se faire accompagner par la CCI”, précise le passionné de motocyclettes. Prêts à conduire autour des vignobles, des plages du Débarquement (D-Day Tour) ? Sinon à faire visiter des villes côtières à vos futurs passagers installés dans la cage*?

*nacelle

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Valentine Puaux


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