Analyses Édito Off154

Loup, y es-tu ?

, par Aline Gérard

“Certains considèrent le chef d’entreprise comme le loup à abattre, d’autres comme une vache à traire. Peu voient en lui le cheval qui tire le char.” Depuis Churchill, les choses n’ont pas vraiment changé. Même si les Français semblent au fil des années porter un regard moins intransigeant vis-à-vis des dirigeants de TPE et de PME, dont font partie les franchisés.

Et lorsque qu’un repreneur extérieur se présente pour reprendre les rênes de leur entreprise, chez les salariés, c’est l’instinct animal qui refait surface, la peur et la méfiance qui prédominent. Reprendre une entreprise qui compte déjà des collaborateurs connaissant le métier et la clientèle est une formidable opportunité, pour qui sait entraîner les salariés derrière lui, gagner leur confiance et les convaincre que le nouveau projet pour lequel ils vont devoir se battre est le bon. Car comme le soulignait également le Vieux Lion, “il n’y a rien de négatif dans le changement, si c’est dans la bonne direction”.

L’un des pièges de la reprise d’entreprise est donc de ne pas mesurer l’ampleur de la tâche. Pour être crédible en tant que leader, encore faut-il savoir clairement où l’on va et dans quoi on met réellement les pieds.
Car les bonnes affaires servies sur un plateau ne courent pas les rues. Gare aux mirages !

Bien sûr, dans toute transmission, un rapport de confiance doit s’installer avec le cédant. Ce n’est pas pour autant que vous devez tout prendre pour argent comptant, ni vous précipiter. Même lorsqu’il est honnête (et ce n’est pas toujours le cas !), son attachement à l’entreprise pour laquelle il s’est investi risque de fausser son regard. À vous donc de vous plonger dans une analyse approfondie avant d’engager toutes vos économies dans ce projet.

Même s’il est illusoire, après une reprise d’entreprise, de croire que l’on pourra ouvrir tous les tiroirs et placards sans y dénicher un seul cadavre, tout le talent du repreneur consiste à faire en sorte que leur nombre soit limité…
Pour continuer avec Churchill, “le vrai génie réside dans l’aptitude à évaluer l’incertain, le hasardeux, les informations conflictuelles”.

Pour cela, vous devez donc exiger des réponses claires et étayées de la part du cédant. Car comme une autre personnalité politique ne se gêne pas pour le rappeler, quand c’est flou… c’est qu’il y a un loup !

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Aline Gérard
Rédactrice en chef de L'Officiel de la Franchise


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