Analyses Redonner du sens à son travail avec la franchise

Changer de vie grâce à la franchise

, par Pauline Bandelier

Vous rêvez de tout plaquer et de changer de vie ? La franchise est peut-être la solution. Dans beaucoup de cas, le réseau apporte la sécurité et le soutien nécessaires pour réussir sa transition professionnelle. À condition de faire les bons choix et de bien préparer son projet en amont. Voici quelques parcours inspirants qui vous aideront peut-être à sauter le pas.

 

“Dans le contexte économique actuel,  la franchise donne l’opportunité de rebondir professionnellement”, affirme Rose-Marie Moins, responsable formation et promotion au sein de la Fédération française de la franchise. En effet, plus de 75 % des franchisés sont d’anciens salariés, beaucoup se tournant vers cette option à la suite d’un licenciement. Pour ceux qui ont toujours rêvé de s’aventurer dans l’entrepreneuriat, ce système présente de nombreux avantages qui aident à sauter le pas : “On profite de la notoriété d’une marque et on réplique un modèle qui a fait ses preuves et qui fonctionne”, rappelle Rose-Marie Moins. Autre raison de se lancer en franchise : on bénéficie des conseils de la tête de réseau et on est pris en charge du début à la fin du projet, ce qui permet à beaucoup de se risquer dans une nouvelle activité : “on peut être novice dans un domaine et néanmoins développer une entreprise pérenne en allant chercher les compétences dont on manque, assisté par le franchiseur ”, confirme Rose-Marie Moins. Pour d’autres, l’ouverture d’une franchise s’inscrit dans un projet de changement de vie plus radical, non seulement de métier mais aussi de cadre de vie. Pour mettre toutes les chances de son côté et s’assurer que l’on fait le bon choix, il est toutefois important de bien s’informer et de se préparer en amont : “le niveau d’accompagnement est plus ou moins important en fonction des enseignes, il est recommandé de se renseigner sur le nombre d’animateurs de réseaux afin d’évaluer la capacité du franchiseur à être à vos côtés”, conseille Rose-Marie Moins. Autre aspect primordial : vérifier, au-delà du fantasme, qu’on est vraiment prêt à devenir patron et à assumer les responsabilités qui en découlent, avant de placer toutes ses économies dans cette nouvelle aventure : “le franchiseur soutient, mais il ne peut prendre la place du franchisé. Ce dernier est seul à tenir la barre et il doit savoir faire preuve d’une grande polyvalence, car il est amené à faire chaque jour des choses très différentes”, ajoute Rose-Marie Moins. D’où l’importance aussi du choix de l’activité, qui doit être en adéquation avec le projet familial : “si l’on a un enfant en bas âge, il est fondamental de bien réfléchir avant de s’embarquer dans un commerce qui nécessite d’être ouvert le dimanche, les jours fériés ou jusqu’à 20 heures, même si le concept semble sympathique ou rentable”, met en garde Rose-Marie Moins. Enfin, vous êtes parti pour une relation de plusieurs années avec votre franchiseur, alors prenez le temps de le connaître, en parlant éventuellement à d’anciens franchisés. Si vous avez le moindre doute, passez votre chemin et poursuivez vos recherches.

 

Jean-Philippe Chouade, franchisé Tryba à L’Aigle (61)

Diplômé d’une école de commerce, Jean-Philippe Chouade travaille 10 ans en tant qu’associé dans un groupe de presse, avant d’occuper pendant 15 ans le poste de directeur des éditions au sein du groupe France Agricole. “Ayant commencé en tant qu’associé dans une PME, je me suis retrouvé un peu étriqué dans ma deuxième société, une entreprise de 170 salariés détenue par un fonds d’investissement. Mon licenciement fut l’opportunité de rebondir dans un autre domaine”, témoigne-t-il. Si le cabinet d’outplacement qui l’accompagne confirme qu’il a les qualités nécessaires pour se lancer dans l’entrepreneuriat, Jean-Philippe Chouade  choisit de s’orienter vers une reprise. “J’avais peur de faire partie des 90 % d’entrepreneurs qui déposent le bilan au bout de 5 ans et j’étais avant tout à la recherche d’un modèle économique bien structuré et qui avait fait ses preuves”, explique-t-il. L’objectif : pouvoir se concentrer sur le développement commercial, son cœur de métier. Après une formation sur la reprise d’entreprise, il oriente ses recherches vers le secteur des économies d’énergie et choisit Tryba, spécialiste de la fabrication de fenêtres en PVC. Le 6 janvier 2017, Jean-Philippe Chouade signe la reprise d’un magasin de 10 salariés à L’Aigle, en Normandie. Un changement de lieu également pour le chef d’entreprise qui avait jusqu’à présent toujours travaillé à Paris. “Je n’en pouvais plus des embouteillages ; j’ai toujours une heure de transport mais je n’ai personne sur la route, je suis ravi”, se réjouit-t-il. S’il a racheté un commerce qui tournait, l’apprentissage reste important : il doit maîtriser une législation complexe sur la gestion des ressources humaines et se former à la menuiserie. Autre défi  pour Jean-Philippe Chouade : être maintenant le seul maître à bord. “Je me sens plus libre mais aussi plus seul face aux décisions que j’ai à prendre, ce que j’avais peut-être mal appréhendé au départ”, confie-t-il. En dépit de ces challenges au démarrage, le jeune franchisé espère amortir son investissement d’ici 3 à 5 ans et ambitionne ensuite d’ouvrir d’autres magasins.

 

Nathalie Dray, franchisée Kid’s Paradis à Neuilly (92)

Après une carrière dans la finance, Nathalie Dray décide de quitter le monde du salariat.  “J’exerçais des fonctions importantes mais les transformations du métier et mon évolution personnelle ont fait que cela ne me convenait plus”, raconte-t-elle. Nathalie négocie alors une rupture conventionnelle, une vraie prise de risque puisqu’elle n’a, à l’époque, pas d’idée précise pour la suite. “Après 18 ans dans la finance, il était difficile de repartir de zéro. La franchise m’est apparue comme l’opportunité de me lancer dans quelque chose de complètement différent, tout en bénéficiant d’un accompagnement”, explique la jeune femme. Au salon de la franchise, elle rencontre Anne-Marie Berthelot, fondatrice de Kid’s Paradis. “Mère de jeunes enfants, l’univers de la garde d’enfant ne m’est pas étranger. J’ai surtout aimé que ce soit un réseau à taille humaine, avec un franchiseur disponible et un travail en collaboration avec les autres franchisés”, déclare-t-elle. Autre avantage : étant la première à rejoindre le réseau, Nathalie a pu choisir sa zone de chalandise. Ce qui change pour elle avec la franchise. “Alors que j’étais habituée à des horaires très cadrés, je peux maintenant m’organiser comme je veux. En contrepartie, j’ai moins de tranquillité d’esprit et la frontière entre vie personnelle et professionnelle est plus floue”, nuance-t-elle. Nathalie a commencé son activité en octobre 2016 et se donne deux ou trois ans pour réussir. Les deux premières années, elle n’a pas l’obligation d’ouvrir une agence physique, ce qui diminue la prise de risque. “Pour l’instant, le bilan est plutôt positif puisque j’ai débuté avec de meilleurs résultats que prévu, ce qui m’a permis d’ouvrir déjà un bureau. Le premier vrai test sera la rentrée”, conclut-elle. Son conseil avant de se lancer. “Essayez de rencontrer le franchiseur avant de vous engager pour voir si ce dernier a l’intention de vous accompagner, sauf si c’est un domaine que vous connaissez déjà. Il est aussi essentiel de budgéter sérieusement son projet et d’avoir un pécule ou des indemnités pour faire face aux premiers mois”, ajoute-t-elle.

 

L’article est a retrouver dans son intégralité dans le numéro du mois de septembre de L’Officiel de la Franchise

 

Pauline Bandelier


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