Analyses Fleuriste

Devenir franchisé, un acte d’engagement

, par Julie Tadduni

La franchise est un système particulier qui suit des process et codes bien spécifiques. Avant de vous lancer, il est de bon ton de vous demander si vous êtes taillé pour l’aventure et si le fait d’être lié à un réseau ne va pas vous déplaire à la longue. Si vous êtes seul à pouvoir répondre à cette question, nous vous donnons, dans cette enquête, quelques éléments préliminaires auxquels il est intéressant de réfléchir avant de signer votre contrat de franchise.

 

S’il n’y a pas de profil type pour devenir franchisé, il est important de vous poser quelques questions avant de vous lancer. Notre objectif n’est pas, à travers cette enquête, de vous décourager mais de vous alerter sur certaines réalités inhérentes à la franchise. “Nous rencontrons beaucoup de candidats mal informés sur le système de la franchise, témoigne Rose-Marie Moins, directrice développement, animation et promotion à la Fédération française de la franchise (FFF). Ils ont souvent une vision idyllique et imaginent que la force de la marque va faire tout le boulot, mais nous savons tous que ce n’est pas le cas.”
L’experte relève également une certaine forme de crédulité assez forte de la part des candidats à la franchise et notamment face à ce qu’avancent les réseaux. Il est primordial de ne pas se reposer à 100 % sur les propositions et l’information données par le franchiseur. “Il faut que la personne remette en cause les propos de la tête de réseau et pose des questions pertinentes sur le business plan et l’implantation”, ajoute Rose-Marie Moins.

 

Adaptabilité consentante

Pour devenir franchisé, il est important de montrer que vous êtes capable de réfléchir par vous-même et de mettre en avant un certain sens critique. “Sans faire preuve de mauvais esprit, il ne faut pas être béni oui-oui et prêt à tout accepter”, résume Rose-Marie Moins. Il faut comprendre le fonctionnement du réseau et s’inscrire dans ses méthodes. “Il faut une certaine capacité d’adaptabilité consentante”, explique Rose-Marie Moins
S’il n’y a pas de franchisé type, les réseaux fonctionnent de manière différente d’un secteur à l’autre et même au sein d’un même domaine. Pour autant, après avoir évalué certains pans de votre personnalité, l’enseigne va s’intéresser à votre motivation pour rejoindre l’aventure mais aussi pour le secteur d’activité. Sur cette question, il faut savoir qu’il existe deux écoles. Certaines enseignes vous demanderont une expérience riche et solide dans leur métier, tandis que d’autres favoriseront les débutants pour garantir que le futur partenaire suivra bien les méthodes et préconisations du réseau sans les remettre en cause.
Après, les réseaux ont tendance à recherche le mouton à cinq pattes. Si vous avez quelques difficultés avec certains éléments cités dans le début de cet article, cela ne veut pas dire que vous n’êtes pas fait pour la franchise. Il est indiscutable que l’on peut trouver des personnes sans aucune expérience mais qui vont parfaitement s’inscrire dans le processus et d’autre expérimentées qui auront du mal.

 

Manager-commerçant

Pour autant, pour devenir franchisé, certains fondamentaux ne bougent pas. Quelle que soit l’activité, il est important d’avoir une certaine capacité commerciale. “C’est la base, confirme Rose-Marie Moins. Être à l’écoute des clients, savoir gérer une affaire. Si ce sont des choses qui s’apprennent, je pense qu’il faut avoir un peu de leadership en soi. Savoir se faire respecter, écouter, être crédible et surtout faire ce que l’on dit.” Il est donc important d’avoir, en soi, cette capacité d’être manager commerçant et aussi de savoir gérer plusieurs choses à la fois.
C’est d’ailleurs en tenant compte de cette dernière qualité que le réseau Mondial Tissus, spécialisé dans la vente de tissus et mercerie, a choisi ses partenaires. Les franchisés du réseau, aujourd’hui au nombre de deux avec un troisième qui ouvrira en avril à Cherbourg, viennent d’horizons très différents mais ont tous cette capacité d’organisation primordiale pour le réseau. “Notre première franchisée est mère de trois enfants et voulait se reconvertir, la deuxième unité a ouvert sur le bassin d’Arcachon sous l’impulsion de deux ex-chefs d’entreprises qui se sont associés, expose Sophie Lambin, directrice du développement en franchise de l’enseigne, qui est aussi une ancienne DRH et a un grande expérience dans le domaine du recrutement. Ce sont des histoires de vie différentes mais je pense que tous les franchisés recherchent des personnes organisées, capables de gérer plusieurs choses à la fois, des managers.” Elle insiste ainsi sur le fait que pour rejoindre le réseau Mondial Tissus, il est essentiel d’être lucide, à la fois sur soi, ses acquis professionnels et sur son projet. “Il faut savoir pourquoi on veut aller vers la franchise, ajoute Sophie Lambin. Mettre un pied dans un environnement que l’on aime bien, ça ne peut pas être suffisant”.
Il ne faut pas non plus sous-estimer le choc d’un changement de vie que peut impliquer le fait de rejoindre un réseau de franchise. Si vous étiez agriculteur et que vous souhaitez rejoindre une enseigne dont l’activité nécessite d’être toute la journée dans une boutique, il faut savoir si vous allez supporter le fait d’être brusquement “coincé entre quatre murs”. Le quotidien a une importance capitale dans le fait de devenir franchisé. Avant de vous engager, n’hésitez pas à rencontrer vos futurs confrères, à passer du temps à leurs côtés pour voir vraiment ce que va être la réalité de vos futures journées. “Il faut réaliser un travail de réalisme et de pragmatisme”, propose Sophie Lambin.

 

L’esprit réseau

Au-delà de ces critères de qualités, de capacités et de compétences, la franchise présente une première barrière qui est celle de l’apport financier. Vous ne pourrez, en effet, pas vous lancer avec le réseau qui vous séduit le plus sans pouvoir répondre à leurs exigences en matière d’investissement. C’est d’ailleurs un élément qui arrive en amont de la discussion au sein de l’enseigne Bricks 4 kids, réseau de centres ludo-éducatifs pour les enfants qui compte aujourd’hui neuf implantations en France et en Suisse et dont l’objectif est d’atteindre les 20 d’ici à la fin de l’année. “Dans la sélection, la question de l’apport personnel est vite évoquée, témoigne Valérie Couderc, master-franchisée pour la France et la Suisse. Nous demandons 12 000 euros d’apport personnel afin de pouvoir faire une demande de complément auprès des banques.” Par ailleurs, pour rejoindre Bricks 4 kids, elle pense qu’il est aussi essentiel d’avoir l’esprit aventurier, pionnier, et être capable d’essuyer les plâtres sur un développement dans un nouveau territoire ou même un nouveau pays.
Se lancer auprès d’un réseau de franchise, c’est aussi partager les valeurs d’une enseigne et avoir à cœur sa propre réussite mais aussi celles de l’ensemble des unités que compte l’enseigne. “La franchise, c’est un choix mutuel, résume Valérie Couderc. Dans le réseau, les franchisés partagent beaucoup entre eux sur les bonnes pratiques.” Il est donc essentiel d’être capable d’échanger. De donner pour recevoir en retour.

 

Connaître le tissu économique local

Autre élément à prendre en compte afin de vous lancer en franchise, il faut savoir que les réseaux sont nombreux à prêter attention à la première impression qu’ils ont des candidats. “Je fais confiance à mon premier avis, témoigne Élisabeth Ruelle-Megrelis, master-franchisée Helen Doron English en France, réseau spécialisé dans les cours d’anglais pour enfants. Je regarde tout d’abord si ce sont des personnes passionnées, en général, et pour le monde de l’éducation en particulier.” Elle souligne également que dans le secteur d’activité d’Helen Doron English, il est important d’avoir une bonne connaissance du tissu économique et social de la zone dans laquelle on souhaite s’installer. Un élément valable pour la plupart des secteurs. La capacité à faire appel à son réseau et à s’appuyer sur des partenaires locaux sont deux éléments qui accélèrent sensiblement la croissance de toute activité commerciale. C’est aussi dans cette perspective que travaille le réseau Speed Burger, spécialisé dans la livraison de burgers à domicile. “Au-delà des compétences et aptitudes techniques, la motivation et l’implication sont les deux plus gros facteurs de réussite, résume Marius Gaudard, son responsable du développement. Quand un patron est impliqué dans son commerce et notamment au niveau local, il transmettra de l’engouement auprès des clients mais aussi des équipes.” L’enseigne insiste également sur la nécessite d’avoir la volonté de jouer collectif et de participer à l’essor de la franchise, de voir plus loin que la dynamique de sa boutique et, d’une manière générale, de savoir viser plus haut.

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Julie Tadduni
Journaliste Web et community manager pour L'Officiel de la Franchise


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