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La franchise en famille : De la passion et des arbitrages !

, par Valentine Puaux

Si l’idée de travailler en famille inspire, un tel projet nécessite d’être rationnel, organisé et prévoyant vis-à-vis de ses associés. Déjà en choisissant la bonne enseigne. Puis en transmettant le bon savoir-faire et enfin en donnant à chacun, la place qu’il mérite dans l’entreprise. Témoignages de celles et ceux qui ont relevé le pari.

Travailler en famille ne s’improvise pas. “Mon frère et moi avons été voir les franchisés Pizza Cosy avant de postuler au sein du réseau. Déjà pour discuter avec les patrons, puis nous faire une idée de l’ambiance qui régnait en salle. Mais si nous avons obtenu le prêt bancaire au mois de février 2022 pour ouvrir en juillet dernier, le projet aura mûri pendant plus de deux ans”, expliquent Arnaud et Alban Decourbe, franchisés et associés chez Pizza Cosy à Perpignan (66). Tandis que Patricia Ancel et Jeanne Merklen auront profité de leur complicité mère/fille pour devenir franchisées et associées au sein de l’enseigne Palais des Thés. L’une à Metz (57) en 2016, l’autre à Besançon (25) en 2020. “Ma fille était instructrice dans l’aéronautique. Moi, issue du monde de la chaussure haut de gamme, puis psychothérapeute. Elle a découvert le thé lors d’un séjour en Chine avant de devenir responsable de boutique Palais des Thés à Clermont-Ferrand (63) en 2014, après un CDD durant la période des fêtes. Ensuite, l’opportunité s’est présentée et nous avons ouvert une, puis deux franchises en s’associant et en créant notre propre SARL”, raconte Patricia Ancel. Quant à Nathalie Martinez et Laura Warton, elles aussi mère et fille, les deux dirigent le magasin Mondial Tissus de Chambly (60). Chacune a pu bénéficier d’un temps d’observation avant d’adhérer à l’enseigne.

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Travailler en famille, ça nous connaît car avant de nous reconvertir dans le tissu après la crise sanitaire, nous tenions un restaurant mon mari, ma fille et moi. Mais si le franchiseur n’a pas douté de notre complémentarité, nous avons quand même, chacune, rempli des questionnaires approfondis avant de nous lancer. Nous avons effectué des stages de trois jours, séparément, au sein des magasins Mondial Tissus pour que les responsables puissent tester notre compatibilité avec le réseau. Depuis un an et demi, je suis la gestionnaire tandis que ma fille est la responsable du magasin”, témoigne Nathalie Martinez. Preuve en est, qu’adhérer à la bonne enseigne prend du temps. Ensuite seulement, on peut évoquer la répartition des tâches, séparées entre le back et le front-office.

A deux, nous gérons plus facilement ces deux pans d’activité ou bien des plages horaires très élargies comme c’est le cas dans la restauration ou les supérettes. Là où il est nécessaire de mettre en place un relais”, explique Sylvain Bartolomeu, dirigeant chez Franchise Management.

Bien définir les rôles

Une répartition qui n’aura lieu qu’après l’analyse du savoir-être de chacun. “Listez ce que vous aimez faire, ce dans quoi vous excellez ou n’êtes pas à l’aise et vice-versa. C’est ce qui vous permettra de créer des fiches de poste”, ajoute l’expert. Une étape cruciale pour devenir efficace et rester complémentaire avec son binôme. A l’image de Jeanne Merklen chez Palais des Thés, plus axée sur les chiffres, à l’inverse de sa mère, plus portée sur le relationnel. “Mais chacune fait ce qu’elle aime et c’est notre force”, note cette dernière. On peut d’ailleurs être complémentaire, sans être indissociable. “Avant, nous avions tendance à être dans l’hyper-contrôle et la perfection. Nous voulions tout revérifier dans la boutique de l’une et de l’autre. Désormais, chacune gère sa propre boutique, moi à Metz, elle à Besançon. Ce qui ne nous empêche pas de jouer les pompiers pour gérer les deux boutiques entre les congés des uns et les arrêts maladie des autres. Mais le canal est toujours ouvert, à 7h du matin, comme le dimanche”, complète la jeune femme.

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Être organisé rassure aussi le franchiseur. La tête de réseau n’a pas interféré dans notre organisation car les rôles étaient bien répartis”, remarque Alban Decourbe chez Pizza Cosy. Et son frère, Arnaud, de compléter ses propos, indiquant gérer la comptabilité à l’écart du restaurant. “Je m’occupe de la comptabilité depuis Toulouse, alors que mon frère s’occupe de l’opérationnel, avec quatre contrats à plein temps et un mi-temps, sur place. Je lui donne un coup de main le week-end. Autrement, c’est lui qui gère les commandes. L’avantage c’est que nous communiquons beaucoup, via un intranet alors que nous ne nous voyons pas tous les jours. Nous n’empiètons pas sur le terrain de l’un ou de l’autre.”  C’est aussi en ayant appris à déléguer ses fonctions que Diego Zaninotto gère aujourd’hui trois magasins Gautier avec sa fille. “Alors que ma fille Déborah supervise l’opérationnel et de l’administratif sur les magasins du centre commercial de Domus (Rosny-Sous-Bois, 93), Sainte-Geneviève-des-Bois (91) et Rouen (76), je m’occupe de la réserve. J’interviens surtout en support sur les points délicats, comme sur des négociations compliquées avec les bailleurs, par exemple. Sinon, nous travaillons trois jours par semaine ensemble. Déjà pour assurer le bon roulement des congés puis aussi pour rester joignables à tout moment par nos six salariés. Les magasins étant ouverts 7/7 jours”, indique ce dernier, devenu actionnaire de l’entreprise…

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le numéro 225 de novembre 2022 de l’Officiel de la Franchise, actuellement en kiosques.

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Valentine Puaux


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