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Pluri et multi-franchise : Une solution anti-crise ?

, par Valentine Puaux

En franchise, tous les profils d’entrepreneurs sont les bienvenus. Mais, que l’on souhaite s’orienter vers la multi-franchise ou la pluri-franchise, en s’ouvrant à d’autres réseaux pour multiplier son chiffre d’affaires, il faudra dans les deux cas avoir listé les avantages et les inconvénients logistiques et financiers que présentent ces deux modèles de gestion. D’autant plus avec la crise économique qui se profile et qui impacte d’ores et déjà tous les réseaux commerciaux.

Dupliquer pour s’assurer du succès ? Si ce slogan contient une part de vérité, l’autre reste à démontrer et à nuancer. On ne devient pas franchisé pour démultiplier un concept de magasin à l’infini, mais bien pour le faire évoluer aux côtés de ses équipes, de son époque et de son environnement. En temps de crise mieux vaut d’ailleurs, parfois, être à la tête de plusieurs points de vente (mono ou multi-enseignes) pour assurer ses arrières. À l’occasion de ce dossier, nous sommes allés à la rencontre de pluri et de multi-franchisés aux quatre coins de la France afin de nous immerger dans leur quotidien et tenter de comprendre leurs enjeux économiques et logistiques pour les mois à venir. Et force est de constater que la gestion des stocks, mise à rude épreuve avec la crise économique, reste une priorité pour ces entrepreneurs, au même titre que la question du recrutement. Avec ses deux magasins à Troyes, dont un Cyclable en franchise depuis août 2021 et un commerce indépendant multi-marques (3 Cycles), Clément Philippon a l’avantage de jongler entre ses stocks pour ne jamais manquer de rien et ne pas décevoir le client. “Au lieu de louper une vente parce que je n’ai pas ce qu’il recherche, je lui propose un produit similaire, disponible dans une autre boutique, à cinq minutes de là, en vélo. En tant que revendeur de certaines marques, j’ai également plus de choix à proposer aux clients. La franchise m’a aussi ouvert la porte à des produits que je n’aurai pas eu en restant uniquement indépendant. C’est sans compter qu’entre équipes, nous pouvons nous renvoyer des clients d’une adresse à l’autre”, développe le commerçant. Néanmoins, son quotidien est plus complexe qu’il n’y paraît :

“J’organise mon emploi du temps en fonction des jours d’ouverture, ou de mes rendez-vous commerciaux, ou des besoins des équipes en magasin. Mais en cas de forte affluence, je peux déplacer un collègue en renfort sur un autre point de vente”, précise Clément Philippon.

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Plus de magasins, plus de stock

Autre atout pour ce chef d’entreprise ? Pouvoir évoluer sur un marché en plein essor, qui est celui de la mobilité. Et ne pas risquer de vampiriser l’activité de ses commerces sous la même enseigne.“Le fait d’avoir deux points de vente n’a pas fait baisser le chiffre d’affaires du premier. Ici, nous vendons des vélos-cargos et des vélos électriques autour des 2 000 euros, donc plutôt axés cadres, quadragénaires et profils de télétravailleurs. Par ailleurs, nous nous lancerons bientôt dans la location”, annonce Clément Philippon. Même constat, au moment de la livraison de ses bouquets de fleurs, pour Sysy Lawson, gérante de trois magasins Au Nom De La Rose (Emova Groupe) à Cergy, Enghien-Les-Bains et L’Isle-Adam (95). Elle peut elle aussi piocher dans les assortiments de ses différentes boutiques.“Si un client me demande 90 roses alors que je n’en ai que 50 en boutique, j’irai les chercher dans mon autre magasin. C’est une option dépannage à laquelle je pense, oui. Sachant qu’on a toujours une commande de secours sous la main. En revanche, pour les mariages et les anniversaires, qui nécessitent des quantités plus importantes, tout est prévu à l’avance avec le client”, explique celle qui s’est reconvertie dans le métier de la fleur en 2018, par passion, après avoir travaillé en tant qu’aide de conseiller principal d’éducation au sein de l’Education nationale. Et Sysy Lawson d’ajouter derrière son comptoir :

D’ailleurs, il faut savoir que chaque livraison est une surprise. Comme quand on reçoit des roses d’Equateur, par exemple. Les couleurs des roses varient d’une boutique à l’autre, même sous la même enseigne !”

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Quant à Jérôme Finet, son profil est plus atypique car ce dernier est pluri-franchisé sur le secteur de l’automobile. Déjà directeur commercial de Cartrade (groupe dijonnais de vente en ligne de voitures, possédant les enseignes Concept Car 21 et Neufmoinscher.com), ce dernier a décidé de se lancer en franchise sous l’enseigne Ewigo (avec deux points de vente) pour se diversifier. Et a créé, depuis, des synergies entre toutes ces enseignes. L’occasion pour lui d’accroître leur visibilité, mais aussi d’augmenter la capacité de son parc de stockage automobile (voitures d’occasion).“Alors qu’à Chalon-sur-Saône, j’ai moins de places de stationnement disponibles, puisque mon point de vente Ewigo est situé en centre-ville, j’ai au moins 40 voitures d’occasion sur 3 500  de surface grâce à ma concession Ewigo à Rolampont (52). Et, avec Cartrade, je comptabilise au total 650 voitures toutes activités confondues.” 

Solution à la baisse du pouvoir d’achat ?

Pour autant, l’entrepreneur est loin de l’eldorado. Et alors qu’un format de centre-ville Ewigo nécessite un investissement de 85 000 euros, et jusqu’à 120 000 euros pour une concession automobile, les problématiques du commerçant dépassent la question de la superficie de stockage. Car au delà de tout cela, il faut vendre. Et ce dans un contexte économique anxiogène. Il ne cache pas ses inquiétudes face à la baisse du pouvoir d’achat des Français. “La moyenne de vente est de 22 000 euros. Là, elle oscille entre 18 000 et 20 000 euros. Alors, s’il y a des pénuries sur le neuf, on aura moins de voitures d’occasion dans le futur. On sait pertinemment que vous n’achèterez pas 20 % plus cher ce qu’une voiture valait déjà il y un an !”, complète le franchisé. Néanmoins, les perspectives de développement sont bonnes pour l’entrepreneur.

“Non seulement mon agence Ewigo de Chalon-sur-Saône était rentable dès le premier mois parce que nous avons réussi, mon associé et moi, à marier ce que préconise le savoir-faire de la franchise et l’expertise du groupe Cartrade, mais aussi parce que cela donne des envies de structures similaires aux autres entrepreneurs pour diversifier leur offre sur le marché automobile”, ajoute Jérôme Finet.

Et celui qui est sur le point d’ouvrir une troisième agence Ewigo à Dole (Jura) d’ajouter : “J’ai des confrères qui sont justement en contact avec la franchise Ewigo pour tenter de compléter leur activité automobile, rentabiliser leur structure et potentiellement récupérer des parts de marché.”

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le numéro 224 d’octobre 2022 de l’Officiel de la Franchise, actuellement en kiosques.

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Valentine Puaux


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