Analyses Redonner du sens à son travail avec la franchise

Redonner du sens à son travail grâce à la franchise

, par Innocentia Agbe

Ne plus se sentir épanoui dans son métier peut arriver à tout moment, quel que soit le type de poste occupé. La franchise, notamment grâce à la diversité des réseaux qu’elle regroupe, peut être la solution pour donner une nouvelle dimension à son activité professionnelle*.

Le travail occupant la majeure partie de notre temps, redonner du sens à sa profession revient un peu à réorienter sa vie (lire l’encadré de Véronique Martin, coach en développement personnel et professionnel à ce propos). Si plusieurs vertus sont déjà attribuées à la franchise, comme celle de pouvoir entreprendre en limitant les risques grâce à l’utilisation d’un concept qui a déjà fait ses preuves, ce système peut-il aussi permettre de redonner du sens à son travail ? Selon la dernière enquête annuelle de la franchise**, 70 % des franchisés étaient auparavant salariés et 18 % exerçaient à leur compte, comme commerçants indépendants, chefs d’entreprise ou encore travailleurs indépendants. C’est notamment auprès de ces deux types de publics que l’on peut observer par quels mécanismes la franchise leur a permis d’occuper une activité plus en adéquation avec eux-mêmes.

 

Au revoir CDI

Le sentiment que le statut de salarié est plus précaire qu’il n’y paraît à cause de la situation économique actuelle semble avoir poussé plus de personnes à réfléchir à la raison pour laquelle elles allaient travailler, quitte à remettre en cause le sacro-saint CDI. “De plus en plus de personnes ne veulent plus être salariées car elles ne comprennent plus le monde de l’entreprise”, constate Laurent Delafontaine, associé fondateur du cabinet Axe Réseaux et membre du Collège des experts de la Fédération française de la franchise (FFF). C’est d’autant plus le cas, quand elles ont été confrontées directement ou autour d’elles à des licenciements. “Certains se disent que créer une entreprise n’est finalement pas beaucoup plus risqué”, illustre Laurent Delafontaine. D’autres, sans même éprouver ce sentiment de précarité, ressentent un besoin de reconversion et de quête de sens, parmi eux se trouvent des cadres. “Certaines entreprises ne savent pas s’occuper de leurs cadres seniors car ils sont considérés comme devenant chers et moins flexibles”, explique Olivier Mignot, associé au sein de Franchise Management et membre du Collège des experts de la Fédération française de la franchise.

 

Du salariat au partenariat

Guillaume Bellet, franchisé Mobalpa, fait partie des personnes qui ont quitté leur emploi salarié pour rejoindre une franchise. Il a intégré le réseau en 2010, après dix années passées dans le secteur automobile. “Tout était très cloisonné dans mon ancien poste. Au bout d’un moment, je ne m’épanouissais plus du tout, explique-t-il. J’ai toujours eu envie d’être entrepreneur. J’espérais réussir à créer quelque chose à partir de zéro, à faire grandir un projet”. Un besoin qui peut paraître en décalage avec le système des réseaux organisés qui nécessitent de suivre un savoir-faire. Pourtant, c’est bien à travers ce mode de fonctionnement que Guillaume Bellet a redonné du sens à son travail. “Il y a un concept, mais je considère plutôt cela comme un avantage. Ce qui va faire la différence, c’est la valeur ajoutée apportée par le franchisé. Le point de vente fonctionne grâce à notre travail. Les clients viennent la première fois pour la marque, et s’ils reviennent c’est pour nous”. Pourtant, son parcours de franchisé n’a pas été simple : “Nous avons eu des pertes au début, il a fallu redresser la barre”, illustre Guillaume Bellet. Mais il ne regrette pas son ancien statut de salarié, même s’il peut arriver qu’il soit en désaccord avec son franchiseur. “La franchise, c’est un partenariat”, explique-t-il. Une relation différente de celle d’un salarié et d’un employeur.

 

Faire rimer éthique et travail

Stéphane Barrail est franchisé pour le réseau de salons de coiffure Franck Provost depuis 2001. La franchise lui a permis de se réaliser professionnellement. Coiffeur de métier, il a évolué dans l’entreprise jusqu’à ouvrir sa propre unité. La franchise peut donc aussi permettre de se servir de ses compétences techniques pour donner une autre dimension à son travail en devenant entrepreneur dans son secteur. “C’est une grande satisfaction personnelle. J’ai pu concrétiser les ambitions que j’avais quand j’ai commencé le métier de coiffeur”, explique-t-il. S’épanouir à nouveau au travail passe par des processus différents et propres à chacun. Certaines personnes ressentent surtout le besoin d’occuper un poste qui correspond davantage à leurs valeurs. Grâce à la multiplicité des enseignes qui se développent en réseau, la franchise semble pouvoir aussi combler ce désir. Le candidat peut effectuer son choix en fonction des critères qui sont importants pour lui. “Que ce soit le fait de ne pas vouloir rejoindre une entreprise portée par un fonds d’investissement ou qu’il souhaite privilégier les produits français par exemple”, illustre Laurent Delafontaine. Éric Junin est franchisé pour l’enseigne de pressings écologiques Baléo depuis décembre 2013. Il a rejoint ce réseau après avoir passé trente ans dans la grande distribution où il était notamment en charge du développement durable. Il ressentait le besoin d’aller plus loin. Cet aspect environnemental a donc été essentiel dans son choix. Mais pas uniquement. La franchise lui a permis de réunir plusieurs critères. “Dans un grand groupe, on a rarement la possibilité de voir la fin de ce que l’on a commencé. Baléo est une petite franchise, je n’ai plus cette crainte. L’entreprise essaye au maximum d’intégrer les franchisés qui rejoignent l’enseigne. Quand je suis entré dans le réseau, les responsables pensaient que mon expérience passée pourrait leur servir. En effet, j’ai aussi parfois un rôle de consultant. Baléo s’appuie sur le savoir-faire des franchisés, par exemple quand il y a un support publicitaire à valider. C’est un échange particulier”.

 

Rêver au quotidien

Certains ont rejoint la franchise après avoir déjà ouvert un point de vente, et c’est aussi grâce à ce système que leur travail reprend du sens. “De plus en plus de commerçants indépendants ne parviennent plus à fonctionner seul, ils ont besoin de mutualiser leurs efforts”, explique Olivier Mignot. Mais les raisons qui les poussent à prendre cette décision sont parfois plus que simplement financières. Par exemple, en rejoignant un réseau qui les fait rêver afin de donner une nouvelle dimension à leur activité. Cela a été le cas de Frédéric Mallard, franchisé Yves Thuriès (chocolaterie) depuis quatorze ans. Avant de rejoindre l’enseigne, il était commerçant indépendant. Avec un associé, il avait notamment ouvert une boulangerie. À la fin de cette collaboration, il ressentait le besoin de rouvrir une entreprise à son compte, mais en faisant les choses autrement. “Je voulais rejoindre une franchise pour que tout soit plus simple, explique-t-il. Mais ce n’est pas tout. Ma façon de redonner du sens à mon travail a été d’être fier des produits que je vends”. Ainsi, pour lui, Yves Thuriès était surtout un grand nom, “il s’agit d’une référence dans le métier (Yves Thuriès, chef cuisinier et pâtissier a notamment été élu à deux reprises Meilleur ouvrier de France, ndlr)”. Pour lui, travailler avec les produits de ce spécialiste est un rêve au quotidien.

 

* Article publié dans le numéro de février 2015 de L’Officiel de la Franchise.
** Publiée par la Fédération française de la franchise, en partenariat avec L’Express, Banque Populaire et l’institut CSA.

 

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Innocentia Agbe
Journaliste pour L'Officiel de la Franchise


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