Analyses Corse

Corse, l’île aux multiples facettes

, par Innocentia Agbe

Plages, gastronomie, tourisme… et franchise ? La réponse est oui. La Corse abrite déjà plusieurs concepts. Mais son territoire étant limité, les possibilités d’implantations le sont aussi. De plus, si vous n’êtes pas issu de l’Île, il faut apprendre à connaître cet espace aux différents visages.

Il n’est pas facile d’avoir une vision globale du territoire corse. Or, si vous ne le connaissez pas, pour bien vous y installer, il faut d’abord comprendre ses multiples facettes. D’un point de vue général, la population de la Corse augmente deux fois plus qu’en France métropolitaine, à un rythme de 1,11 % par an depuis 2008. Un bon point pour l’économie locale. Si en 2011 le PIB par habitant était inférieur de 6 % à celui de la moyenne des provinces françaises, l’Insee note tout de même que l’écart était de 12 % en 1990. Il y a donc du mieux. Ainsi de 1990 à 2011, la croissance de l’économie corse a été la plus forte de France métropolitaine. Elle est passée de la 22e et dernière place des régions (selon l’ancien découpage) à la 14e. Il ne s’agit donc pas du territoire le plus riche, mais il s’y passe des choses. En ce qui concerne les revenus, ils sont parmi les plus faibles de France, avec un “écart important entre les personnes les plus pauvres et les plus aisées”, note l’Insee. “Au sein même de l’île, les revenus sont les plus bas dans les communes rurales et les plus élevés dans les couronnes des deux grandes villes (Ajaccio, et Bastia, Ndlr)”, poursuit l’institut. La Corse est fortement marquée par le tourisme. Cependant, Laurent Kruch, président du cabinet Territoires et Marketing, rappelle qu’elle ne se limite pas à cela. “Il y a une activité plus soutenue qu’on ne le pense.”

 

La franchise a sa place

En effet, contrairement aux idées reçues, la Corse est une terre de franchise. Ainsi pour 2015, le Baromètre du dynamisme des régions en franchise* montre que la Corse est en 6e position (ex-aequo avec la Bretagne et le Languedoc-Roussillon, selon l’ancien découpage des régions). Il ressort également de cette étude que le territoire est en première position en ce qui concerne les ouvertures d’enseignes (succursales, franchises et autres formes de partenariats) pour 1 000 habitants. Il est cinquième pour les projets d’ouverture. “Cela démontre le grand attachement des Corses pour le commerce et particulièrement la franchise”, note Territoires et Marketing. Un constat appuyé par le dossier “Le Commerce en Corse” publié en avril 2014 par l’Insee. Ainsi, en 2010 une centaine d’entreprises dont le siège est localisé hors de la région avaient au moins un établissement de commerce sur le territoire. “Ces unités sont principalement des entreprises organisées en réseaux, notamment de franchise”, note l’institut de statistiques. “Cela permet à certaines marques d’être implantées partout en France y compris en Corse. Dans le commerce de détail, Conforama, Monoprix, Chaussea, Défi Mode, ou King Jouet sont les enseignes employant les effectifs les plus nombreux en Corse**”, citait alors l’Insee. Ces éléments sont très encourageants pour une installation, mais il ne faut quand même pas oublier qu’il s’agit d’un petit territoire et que les opportunités sont limitées. L’île de Beauté avait 320 208 habitants au 1er janvier 2013. Si en moyenne les régions comptent 44 000 commerces et services, pour la Corse ce chiffre se situe autour de 9 320… Il faut donc bien étudier la place qui existe réellement pour le secteur d’activité dans lequel vous souhaitez vous lancer.

 

Du côté d’Ajaccio

En ce qui concerne les potentielles zones d’installation, on peut d’abord citer celle d’Ajaccio, située dans le département de la Corse-du-sud (le moins peuplé des deux, avec environ 149 240 habitants). “Il  y a le centre commercial La Rocade avec 29 000 mètres carrés de surface de vente et 43 magasins”, cite Laurent Kruch. Et un autre projet est en train de se créer. Il s’agit également d’un centre commercial, cette fois-ci de 55 000 mètres carrés avec un hypermarché E.Leclerc, 50 boutiques et 5 restaurants. En revanche, le centre-ville est en difficulté. “Il est en train de se désertifier”, explique le président de Territoires et Marketing. Si vous voulez tout de même voir ce qui s’y passe, les lieux importants sont notamment la place du Général-De-Gaulle (ou place du Diamant), la place Foch (dites des Palmiers), la place Abbatucci, la rue des 3 Marie. Il y a également le cours Napoléon, la rue Cardinal Fesch, boulevard Dominique Paoli ou encore la rue César Campinchi. Du côté des statistiques, le centre-ville est composé à 47 % de commerces de prêt-à-porter, 20 % de restauration traditionnelle, 18 % pour la restauration rapide, 10 % pour les chaussures.

 

De Bastia à Furiani

La Haute-Corse est plus peuplée (près de 171 000 habitants) et c’est là que l’on retrouve Bastia. La ville abrite le port de commerce, deuxième après Calais en ce qui concerne le nombre de passagers. “C’est par là que les personnes arrivent quand elles viennent du continent”, explique Laurent Kruch. “C’est aussi à Bastia que l’on retrouve les rares entreprises industrielles de Corse”, poursuit-il. La banlieue bastiaise s’étend jusqu’à Furiani. “Elle est marquée entre autres par la présence de La Rocade Furiani avec ses 25 000 mètres carrés de surface de vente et 45 magasins.” L’autre point intéressant est qu’il y a des commerces tout le long de la route nationale qui part de Bastia : locations de voiture, équipement de la maison, bâtiment, un peu de prêt-à-porter. Laurent Kruch parle “d’une zone d’implantation sans aucune ambiguïté”. Ainsi si Bastia et ses alentours vous intéressent, c’est un secteur à regarder, peut-être que votre activité y trouvera sa place. À noter que Calvi peut aussi être une zone d’implantation. Et si vous n’êtes pas Corse, Laurent Kruch pense que vous ne devriez pas vous retenir de vous y implanter de peur de ne pas être accepté [à ce sujet vous pouvez lire le témoignage de Marc Lenoble, franchisé Générale d’Optique à Ajaccio et originaire de l’île, Ndlr]. “Il n’y a pas de problème quand vous ouvrez un commerce et que cela est fait proprement. Même si le fait d’être de l’île facilite l’entraide.”

 

*Baromètre construit par Territoires & Marketing pour Reed Expositions avec le partenariat de la Fédération française de la franchise.
** À noter que cela était le cas à la date du rapport, cela a pu changer depuis.

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Innocentia Agbe
Journaliste pour L'Officiel de la Franchise


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