Analyses LILLE1

Lille, le dynamisme venu du Nord

, par Julie Falcoz

Ouvrir à Lille ? Si la capitale des Flandres peut compter sur un centre-ville actif, mais cher, les périphéries ne sont pas à négliger avec leurs nombreux centres commerciaux.

 
C’est le Nord !” Cette phrase prononcée dans le film Bienvenue chez les Ch’tis, sorti en 2008, ne devrait pas faire peur aux nouveaux franchisés qui décident de s’installer dans la capitale des Hauts-de-France. Au contraire, vu la vivacité de la ville et les nombreux projets de réhabilitation à venir. “C’est une ville très dynamique commercialement, loin des clichés du Nord, affirme Laurent Kruch, président de Territoires & Marketing. Elle a bénéficié de personnalités politiques visionnaires et volontaristes. Sans eux, nous n’aurions pas dû en entendre parler mais cette volonté de ne pas mourir a assuré sa transformation économique, en passant d’industrie à ville de commerces et de services. Le TGV a notamment participé à son sauvetage.”

Cette vitalité s’étend aussi à tout le territoire puisque les Hauts-de-France ont gagné 5 places, pour se retrouver en 4e position du classement des régions les plus dynamiques en franchise. Lille compte près de 233 000 habitants. La métropole, rassemblant 90 communes, en dénombre plus d’un 1,1 million (en 2015, selon l’Insee). Si le taux de chômage s’élève tout de même à 12,1 % sur la Métropole (chiffres de 2015, selon l’Insee), les jeunes sont bien représentés avec 43 % de la population qui a moins de 29 ans. Tous âges confondus parmi les actifs, 11,6 % font partie de la catégorie Cadres et professions intellectuelles supérieures.

Le centre-ville est une destination attractive pour les touristes et les Lillois. Mais attention, pas à n’importe quel prix car la pression sur les loyers est forte en raison d’un taux de vacance assez faible pour les commerces non-occupés : “Entre 5 et 7 % alors que le reste de la France tourne autour de 10”, révèle Laurent Kruch. Lille, une terre de franchise ? “Oui, mais prudence en centre-ville et vis-à-vis des nouveaux projets de centres commerciaux”. Des précautions sont donc à prendre dans le centre en raison de prix élevés même si les rues commerçantes y sont puissantes et diversifiées comme les rues Neuve et Sec Arembault. La rue de Béthune est un emplacement n°1 avec beaucoup de magasins de prêt-à-porter et un cinéma. Plus difficile commercialement, la rue des Tanneurs compte Décathlon et un centre commercial. Le morceau de la rue Nationale côté centre-ville est plutôt consacré aux banques et aux assurances mais “c’est une rue dans laquelle on peut s’installer si on ne peut pas se permettre les rues citées précédemment”, conseille le spécialiste. La zone du Vieux-Lille est également attractive avec un positionnement plutôt moyen et haut de gamme.

 

Une offre de périphérie

Attention, si le centre-ville de Lille est attractif, mais cher, la métropole compte une offre périphérique non négligeable. “N’oublions pas que c’est le pays d’Auchan. La famille Mulliez a fait tout le travail de développement en banlieue, commente Laurent Kruch. La population est importante autour de Lille, avec des familles relativement nombreuses, aux revenus faibles mais néanmoins propices à un certain type de consommation”. Le principal avantage des centres commerciaux est que les performances en matière de visiteurs sont connues. Il n’y a donc pas de surprise pour les commerçants. En revanche, en cas de construction, redoublez de vigilance en ce qui concerne les loyers. Le centre commercial le plus proche du centre-ville est Euralille, dans le quartier d’affaires éponyme, le 3e de France, avec à proximité les gares Lille-Flandres et Lille-Europe desservant TGV, Thalys et Eurostar. “S’il a été décrié à son démarrage, c’est un vrai succès aujourd’hui”, analyse Laurent Kruch. D’autant que les environs vont continuer à se développer avec Euralille 3000, projet qui vise à ajouter 120 000 m2 de bureaux, des immeubles de logements, du co-working, des services et des espaces dédiés à la restauration, les loisirs et la culture.

Autre point névralgique de la consommation, le centre commercial V2, avec 11,5 millions de visites par an. “C’est un secteur à viser pour l’avenir car c’était une zone vieillissante mais une transformation est en cours, dans le cadre du projet urbain Grand Angle de la ville de Villeneuve-d’Ascq”. Des travaux ont commencé à l’été 2017 pour se finir dans le courant de l’été 2018. Au programme ? Une rénovation des 57 100 m2 de surface, avec une nouvelle identité plus cosy et des matériaux plus authentiques. Pour faire comme à la maison. Autre projet prévu pour novembre 2019, le centre commercial Lillenium, situé au sud de Lille. Si l’offre est alléchante (grande surface, boutiques, bureaux, skybar, espace pour enfants), Laurent Kruch déconseille de s’y installer pour un nouveau franchisé : “C’est très coûteux. Les promesses sont là mais pour les nouveaux projets, elles ne sont pas toujours tenues”. À moins de pouvoir négocier une baisse de loyer, et/ou de redevance, le temps que les clients trouvent leurs marques. De nombreux quartiers de la ville sont en projet, ou en cours de réhabilitation. On peut notamment citer celui du nouveau palais de Justice, Five Cails, Metropolitan Square ou encore les Rives de la Haute Deûle. Une dernière preuve du dynamisme venu du Nord.
 
 

Julie Falcoz
Journaliste


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