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En 2017, l'arrivée de la nouvelle ligne de TGV placera Rennes aux portes de Paris.

Ouvrir à Rennes et accompagner de grandes ambitions

, par Marie Roques

La capitale bretonne comporte de nombreux atouts pour les candidats à la franchise. Un commerce traditionnellement actif, associé à une population jeune et la mise en place de projets urbains de grande ampleur finiront de convaincre les plus réticents.*

Longtemps considérée comme une ville administrative face à sa rivale Nantes perçue comme un pôle économique, Rennes affiche de nouvelles ambitions depuis plusieurs années. “La métropole rennaise opère un travail de fond pour devenir ce qu’on pourrait appeler une smart city, remarque Valérie Guillevic, dirigeante d’Amplitude Réso, spécialisée dans le conseil et l’accompagnement des candidats à la franchise. Les collectivités locales ont l’ambition de faire de Rennes une ville européenne, où il fait bon vivre avec un tissu de PME et de TPE important, un commerce actif et vivant.”

 

Un commerce dynamique

Pour atteindre cet objectif, la municipalité a opté pour l’installation d’un métro au profit du tramway, afin de ne pas trop modifier l’organisation du centre-ville de Rennes. Historiquement, la ville est très dynamique en matière d’activité commerciale. La métropole compte 5 400 points de vente tous commerces confondus et 730 000 mètres carrés de surfaces de vente. Le secteur emploie 15 000 salariés et enregistre un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros. “D’une manière générale, les locaux commerciaux ont un taux de vacance qui est faible (8,5 %), ajoute Valérie Guillevic. Un score atteint grâce au dynamisme du centre-ville qui réalise 500 millions d’euros de chiffre d’affaires.” La zone reste, en effet, très appréciée des habitants de Rennes et de ses alentours.
“Dans la région, les clients sont très volatiles ils visitent en moyenne six pôles commerciaux, ajoute Gaëlle Aubrée, directrice générale du centre commercial Alma. Ils n’hésitent pas à se rendre dans le centre-ville puis dans un centre commercial de périphérie ensuite. Ils bougent beaucoup plus que la moyenne en France.” Le cœur historique recensait, en 2013, 117 immatriculations de commerces de détail, 205 radiations et un solde négatif de 28 établissements, selon une étude réalisée par la CCI de Rennes. On apprend également que 44 % des commerçants présentent un chiffre d’affaires en baisse au second semestre 2013. 26 % évoquent une hausse de l’activité.

 

Perte de vitesse pour le centre-ville

D’après la CCI, l’attractivité du centre-ville semble ralentir. 82 % des commerçants estiment que la fréquentation du cœur historique a baissé entre 2012 et 2013 et seulement 2 % considèrent qu’il est en hausse. On apprend également que les commerçants ressentant cette baisse l’imputent prioritairement à trois facteurs : le manque et le prix du stationnement, les travaux occasionnant des problèmes d’accessibilité ou encore la concurrence des centres commerciaux de périphérie. “La ville se transforme, oppose Gaëlle Aubrée. Cela passe nécessairement par une période de travaux mais qui est temporaire. Si Rennes veut avoir une place prédominante dans la région mais aussi en France, elle doit s’en donner les moyens. Il faut s’accrocher sur certains quartiers, mais la mairie fait ce qu’il faut en termes de signalétique pour que les clients ne se détournent pas des commerces.”
Les zones commerciales sont également très attractives et nombreuses. Parmi elles, le centre Alma situé près de la rocade sur la Porte de Nantes (lire encadré ci-contre) a bénéficié d’une refonte en profondeur et constitue le centre commercial à la fois historique et stratégique de la ville. “C’est un endroit très qualitatif avec de belles enseignes, explique Valérie Guillevic. Il permet aux clients d’allier détente et plaisir, de se promener tout en découvrant de nouvelles tendances.”
Le centre commercial implanté au nord-ouest de la ville sur la route de Saint-Brieuc profite également d’un bel effet d’attractivité. Ce pôle commercial, Rive Ouest, très étendu autour de l’enseigne de grande distribution Cora est encore en transformation. “Plus de 20 000 mètres carrés de surface de vente vont vraiment se développer”, estime Valérie Guillevic. Au niveau des autres centres commerciaux, la zone Saint Grégoire qui rassemble une quarantaine de boutiques et dont la rénovation est programmée prochainement est également stratégique tout comme. “La métropole rennaise est ancrée dans un héritage commerçant très fort, conclut Valérie Guillevic. Il faut savoir que les trois quarts des communes autour de Rennes comportent plus de 10 commerces.”

 

Politique de grands travaux

Ce dynamisme commercial devrait se poursuivre et même s’amplifier avec l’arrivée, en 2017, de la nouvelle ligne TGV qui va placer Rennes aux portes de Paris. Ce nouvel équipement va permettre aux voyageurs de gagner 30 minutes. “Cela va changer beaucoup de choses et Rennes s’est fortement préparée aux conséquences en créant, par exemple, de nouveaux quartiers, explique Valérie Guillevic. L’ambition est de faire de Rennes une ville touristique en lui donnant cette notion de métropole, comme porte d’entrée de la Bretagne.” Cette ligne à grande vitesse va venir renforcer les infrastructures de transports déjà très riches dans la région. “Rennes se transforme, mute, devient une vraie capitale économique, tranche Valérie Guillevic. Le bémol, c’est l’aérien. Je pense qu’on ne pourra pas faire l’économie d’un aéroport international [projet Notre-Dame-des-Landes, Ndlr] en Bretagne vu les ambitions affichées.” À noter que la ville est déjà dotée de l’aéroport Rennes Bretagne qui dessert plusieurs villes européennes comme Londres, Rome ou Porto.
De plus, il faut savoir que Rennes est située au centre du département de l’Ille-et-Vilaine.
En conséquance quel que soit le type de business installé et le lieux d’implantation, “les deux tiers des zones d’activités sont à moins de 4 kilomètres d’une 4 voies, explique Adrien Savary, directeur des opérations de l’agence de développement économique Idéa 35 qui travaille sur l’installation de nouvelles entreprises dans le département. La stratégie de maillage territorial étant importante pour le commerce.
Pour continuer à attirer les touristes, d’importants efforts de rénovation sont également fournis dans le centre-ville notamment sur le couvent des Jacobins, un centre de congrès destiné à accueillir des événements en plein cœur de ville, et l’ouverture programmée d’hôtels de plusieurs niveaux.

 

Une force d’attractivité démographique

La ville de Rennes et, plus globalement le département de l’Ille-et-Vilaine, peut également compter sur une démographie dynamique et en croissance. “On dénombre 11 000 nouveaux habitants par an depuis une vingtaine d’années, illustre Adrien Savary. Au-delà de l’activité démographique, Rennes bénéficie aussi d’une répartition intéressante au niveau des classes d’âge de population avec, par exemple, un pôle universitaire qui réunit 60 000 étudiants.” La région bretonne peut également compter sur la présence de personnes de plus de 60 ans ayant des résidences secondaires dans le secteur principalement dans les villes de Cancale, Saint-Malo ou Dinard. “Ce panel de clients potentiels nous permet d’être intéressant pour tous les types d’enseignes”, assure Adrien Savary. Un argument de poids avant d’envisager l’ouverture d’une franchise.

 

La révolution du centre commercial Alma

Connu de tous les Rennais, le centre commercial Alma a ouvert ses portes en 1971. “Il s’agissait du troisième centre de cette envergure à l’époque en France après Cap 3000 et Parly 2. Alma comporte une dimension affective liée à l’historique”, souligne Gaëlle Aubrée, sa directrice générale. L’espace a bénéficié d’une rénovation totale et a dévoilé son nouveau visage en octobre 2013. “Ce qui a changé pour Alma qui était déjà un centre important, c’est son pouvoir d’attractivité sur toute la région, assure Gaëlle Aubrée. 20 % de nos clients viennent en dehors du département, de Laval, Avranches, Vannes ou encore Lorient.”
Le centre rassemble 104 boutiques et certaines enseignes exclusives en Bretagne comme Desigual, Hollister, Little Marcel, Adidas ou encore Gstar. Depuis sa réouverture, Alma ambitionne de s’adresser à toute la famille avec des boutiques orientées mode et équipement de la personne. “Pour l’instant, il n’y  a plus de place disponible mais ça peut tourner très vite, explique Gaëlle Aubrée. La force d’Alma, c’est aussi la présence du Printemps qui propose toutes les marques.” Selon sa directrice, nombreuses sont les enseignes qui surperforment au centre Alma et qui se placent dans le Top 10 de leur réseau.

 

*Article publié dans le numéro du mois de mars de L’Officiel de la Franchise.

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Marie Roques
Journaliste pour L'Officiel de la Franchise


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Vos réactions (3)

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  2. Filou, le

    Le centre commercial Cora, c’est Rive Ouest et il est situé route de St-Brieuc et non St-Malo.

    Sinon, St-Malo est bien dans le département contrairement à ce qui est indiqué à la fin de l’article.

    Pour le centre-ville, pas étonnant ce délcin car rien n’est fait pour améliorer la situation contrairement à la périphérie ouù il y a les meilleurs magasins..Le centre n’est plus intéressant.

    1. Aline Gérard, le

      Merci pour vos remarques. L’article a été corrigé. Que les Rennais et Malouins nous pardonnent pour ces coquilles passées à travers le filtre d’une Rennaise attentive…

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