Analyses Lyon

Rhône-Alpes, un territoire très maillé mais dynamique

, par Chloé Goudenhooft

Deuxième région de France sur de nombreux points de vue, Rhône-Alpes présente une économie dynamique, prometteuse pour les candidats à la franchise. Mais revers de la médaille, le territoire est déjà bien maillé. Pour s’implanter, autant bien choisir sa ville ou viser des concepts novateurs.

Avec la réforme territoriale en cours, difficile de se projeter dans l’avenir concernant les régions.C’est désormais acté, Rhône-Alpes fusionnera avec l’Auvergne. Jusque-là, le territoire bénéficiait d’un dynamisme certain. Deuxième région française en termes de PIB, de superficie, et pour l’investissement directs étrangers (7 milliards d’euros, soit 14% du total en France), le territoire rhônalpin se situe en pôle position pour les projets d’investissements verts dans le pays et en troisième place pour la création d’entreprises, selon la CCI. 15,7 % de son effectif est cadre (contre 12,6 % en moyenne au niveau national, hors région parisienne). Au quatrième trimestre 2014, selon l’Insee,le taux de chômage était de 8,9 %, contre 10% au niveau national. Autant dire que le dynamisme de la région n’est pas une légende. “En conséquence, le territoire est déjà bien maillé, même si c’est un peu moins vrai dans la Drôme ou l’Ardèche que dans le Rhône, explique Charlotte Boisson, à la direction de Territoire et Marketing, cabinet spécialisé dans le géomarketing. Avant de s’implanter, il faut bien réfléchir car la pression concurrentielle par endroits est plus forte que dans d’autres régions.
Néanmoins, c’est à ce niveau que la fusion avec l’Auvergne peut faire bouger les lignes. “Il faut voir ce qui va se passer. Cela peut être une opportunité, tout dépend des programmes politiques. Alors que Rhône-Alpes présente un pouvoir d’achat assez élevé, ce serait plutôt l’inverse pour l’Auvergne.” En tout cas, la région, sous ses anciens contours, présente encore des opportunités de développement assez claires. “Lyon est une métropole très dynamique, ce qui est symbolisé par le nouveau stade* de foot qui va recevoir certains matchs de l’Euro 2016, souligne Yves Gaspard, responsable région pour Baïla Pizza. Il y a aussi des villes très importantes comme Saint-Étienne ou Grenoble. Elles ont de nombreuses zones de chalandise occupées par des indépendants, du moins dans notre secteur. Il n’y a pas d’offre de restauration organisée comme la nôtre. Côté immobilier, notre cible concerne les villes de 20 000 à 50000 habitants, ayant un bon tissu de PME. Cela permet d’obtenir des emplacements de première qualité à des prix raisonnables, contrairement à Lyon.

 

Une région créative

Comme autre atout de la région, il avance encore la ligne aérienne directe qui existe désormais entre Lyon et Doha ou encore le pôle Eurexpo, qui draine du passage. La position géographique de Rhône-Alpes est aussi particulièrement avantageuse. Limitrophe de la Suisse et occupée en partie parles Alpes, la région bénéficie d’un flux touristique très important, gonflé par les sports d’hiver mais aussi durant l’été. Néanmoins, il faut prendre en compte le caractère saisonnier d’une partie de l’activité. “Certains business arrivent à obtenir en 6 mois le chiffre d’affaires que d’autres obtiennent en un an, mais c’est quelque chose qu’il faut savoir gérer, avance Charlotte Boisson. Pour la Savoie et la Haute-Savoie, il faut en plus être placé au cœur de la station, ce qui revient cher.” Autre preuve de son dynamise, la région est également le berceau de création de quelques enseignes. Saint-Étienne a été le lieu de naissance du groupe Casino, par exemple. La ville voit d’ailleurs revenir Monoprix, une des enseignes du groupe, dans son centre après 20 ans d’absence. “Cela signale le redynamisme du cœur de Saint-Étienne, commente Charlotte Boisson. Cette ouverture aura un effet bénéfique pour tous les commerçants car l’attractivité en sera renforcée.
D’autres concepts plus récents sont apparus à Lyon tels que Ninkasi (bar-restaurant) ou Lucien et la cocotte (restauration). Selon la spécialiste de géomarketing, c’est d’ailleurs plutôt sur des concepts différenciants qu’il faut miser, la région accueillant déjà généreusement une pluralité de franchises. “Comme de nombreuses enseignes sont déjà présentes et qu’il y a un peu de tout, des idées naissent. Quand on veut s’implanter dans la région, il faut être intelligent dans le choix du concept et dans celui de l’emplacement, conseille-t-elle. Cela ne sert à rien d’ouvrir une énième boutique de prêt-à-porter pour femmes de 20 à 50 ans. En revanche, il faut aller voir sur place pour observer ce qu’il manque. Par exemple, toujours dans le textile, il faut peut-être plutôt miser sur l’habillement des femmes en surpoids. Dans la restauration, s’il existe déjà des restaurants de sushis, de pizzas ou de burgers, il faudra se demander ce qui peut compléter l’offre déjà présente.” Concernant l’emplacement, au vu du dynamisme de la région qui joue assez comme une garantie, Charlotte Boisson conseille enfin de jouer la prudence. “Il vaut mieux ne pas partir sur des points de vente trop onéreux et préférer un immobilier commercial entre deux emplacements mais un peu moins cher.

 

Où s’implanter à Lyon et Saint-Étienne ?

Lyon et Saint-Étienne organisent conjointement une visio-conférence pour découvrir les meilleurs sites pour implanter une enseigne. Elle se déroulera les 3 et 4 juin. Plus d’information : www.lyon.cci.fr.

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Chloé Goudenhooft
Journaliste pour L'Officiel de la Franchise


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