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Le marché du jouet recule en 2022

, par Nicolas Monier

Les derniers chiffres publiés par The NPD Group laissent apparaître une inflation de 6,8 % sur le marché du jouet à la fin décembre 2022 en adéquation avec la hausse des prix à la consommation publiée à la même période par l’Insee. Sur l’année écoulée, les enseignes spécialisées et multi-spécialisées s’en sortent mieux que les hypermarchés.

À l’occasion de la conférence de presse qui s’est tenue ce lundi 16 janvier, la Fédération française des industries jouet-puériculture (FJP) et la Fédération des commerces spécialistes des jouets et des produits de l’enfant (FCJPE) sont revenues, en partenariat avec The NPD Group, sur les chiffres du marché du jouet en 2022. Premier constat : celui-ci a reculé de 2,6 % par rapport à 2021. Il avoisine désormais les 4,4 milliards d’euros. En revanche, le secteur renoue avec les chiffres d’avant crise pandémique puisqu’il s’affiche en hausse de 2,1 % VS 2019. À noter que le prix moyen d’un jouet a atteint 18,2 euros en 2022. À la fin du mois de décembre de l’année écoulée, le secteur a enregistré une inflation de 6,8 % en adéquation avec la hausse des prix à la consommation publiée à la même période par l’Insee. The NPD groupe précise que ce sont les jouets les plus chers, c’est-à-dire dont le prix est supérieur à 30 euros, qui s’en sortent le mieux avec une progression de 3,6 % par rapport à 2021. Autre fait marquant : le jouet Made in France aura représenté 14 % des ventes en 2022.

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Les magasins représentent 73 % des ventes

La conférence de presse a également été l’occasion pour les organisations professionnelles de saluer l’impact des nouveautés 2022 (21 %) dans le CA annuel du secteur. “Ce segment a représenté une hausse de 2 % par rapport à 2021. Les effets de mode et les nouveaux produits sont indispensables pour relancer la croissance”, explique Frédérique Tutt, experte du jouet chez The NPD Group. Concernant les circuits de distribution, l’année 2022 signe le recul des hypermarchés (- 5 %) sur la période, contrairement aux enseignes spécialisées et multi-spécialisées qui affichent une progression de 2 %. Aujourd’hui, 73 % des ventes se font en magasin, soit les trois quart du CA du secteur. Contrairement à 2021, où les Français étaient inquiets des problématiques d’approvisionnements, les achats en 2022 se sont faits très tardivement. Après des mois d’octobre et de novembre négatifs (-13 %), le secteur s’est rattrapé en décembre (+ 4 %), notamment sur les semaines 51 et 52.

“Nous nous sommes faits peur en octobre et novembre. Nous ne nous attendions pas à cela. Heureusement que le mois de décembre a permis de compenser le CA négatif. Quoiqu’il en soit, il est rassurant de voir que les magasins physiques sont plébiscités par les Français”, remarque Philippe Gueydon, directeur général chez King Jouet.

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Le digital atteint 10 % du CA global

L’actuel président de la Fédération des commerces spécialistes des jouets et des produits de l’enfant (FCJPE) en a profité pour donner les premières tendances concernant le marché de la seconde main. Ce levier de croissance, mis en place dans les principales enseignes du jouet, permet de vendre un jouet au prix moyen de 10 euros :

“Ce n’est pas négligeable surtout lorsque l’on sait que le prix moyen d’un jouet neuf acheté avoisine un peu plus de 18 euros. Désormais, la seconde main représente 10 % des quantités vendues dans les magasins spécialisés sur la saison 2022”, ajoute Philippe Gueydon.

Quant à la part du digital dans l’activité des enseignes, elle représente 10 % du CA global sur l’année écoulée. En 2023, les organisations professionnelles seront particulièrement attentives à plusieurs points de crispation : inflation des loyers, augmentation des salaires, charges locatives, hausse du prix des énergies, coûts logistiques et impôts/charges. “Aujourd’hui, la part de l’énergie représente 2 % du CA dans nos magasins. C’est malheureusement en-dessous du palier des 3 % nécessaires pour bénéficier des aides gouvernementales. Je trouve que cela crée un cas de déséquilibre concurrentiel”, conclut Philippe Gueydon.

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Nicolas Monier
Journaliste


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