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50 ans de la FFF : “Nous devons positionner la franchise au niveau qu’elle mérite !”

, par Camille Boulate

La Fédération Française de la Franchise célèbre ses 50 ans ! L’occasion pour Véronique Discours-Buhot, Déléguée générale de la FFF, de revenir sur les dates clés de la franchise. Et de faire part de ses attentes, notamment en cette période d’élection présidentielle.

La Fédération Française de la Franchise a vu le jour en 1971. Quelles ont été les moments clés pour la FFF et pour le marché de la franchise ?

En effet, la FFF vient de fêter ses 50 ans. Lors de sa création en 1971, elle avait été baptisée La Fédération du franchisage. Le but de cette structure était de donner une définition claire de la franchise et de rédiger les règles de conduite du franchiseur à l’égard du franchisé. Dès 1972, le premier code de déontologie de la franchise est publié. Ensuite, dans les années 1980, le monde de la franchise a traversé plusieurs phases, de l’affaire Pronuptia, qui a posé les bases de ce modèle (transmission d’enseigne, de savoir-faire et accompagnement du franchisé) en 1986, en passant par la Loi Doubin, promulguée en 1989, ancrant l’indépendance du franchiseur et du franchisé. Dans un autre registre, la création du salon Franchise Expo Paris en 1982, la création du concours Les Rubans de la Franchise en 1987, de L’École de la Franchise en 1988, du Collège des Experts en 1990 ou encore du comité de dialogue franchiseur/franchisé en 1995 sont autant d’événements qui ont conduit la Fédération à se professionnaliser.

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Le marché de la franchise, s’il a pris de l’ampleur, reste encore méconnu. Est-ce là le principal défi qui attend la FFF ces prochaines années : faire davantage comprendre les atouts de ce modèle ?

Effectivement, notre volonté est d’abord de nous battre pour préserver les acquis obtenus au fil des années, comme le règlement d’exemption au niveau européen qui est actuellement révisé. Il faut aussi que nous soyons vigilants à tous les projets de loi, comme celui étudié à propos de la fixation des prix sur les promotions, qui pourront avoir une incidence sur la franchise. Enfin, nous devons positionner la franchise au niveau qu’elle mérite. Car ce modèle est un vrai moteur économique, social et sociétal mais il reste encore trop méconnu ou mal connu, notamment des pouvoirs publics, même si la récente crise nous a remis au cœur des discussions et de leurs agendas. C’est le rôle de notre fédération de faire comprendre l’utilité de la franchise et la pertinence de ce modèle d’entrepreneuriat en cette période de relance économique.

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Comment expliquer cette méconnaissance, alors que la franchise a confirmé son importance et montré tous ses atouts depuis le début de la crise sanitaire ?

Il y a une vraie méconnaissance du modèle, c’est certain, et trop d’idées reçues. Beaucoup ne comprennent pas encore qu’un franchisé est indépendant, qu’il paye une redevance pour bénéficier d’une enseigne, d’un savoir-faire et d’une formation. Il y a encore trop d’amalgames entre le modèle succursaliste où les points de vente appartiennent à un grand groupe et le modèle de la franchise où les points de vente sont détenus par des franchisés qui sont des entrepreneurs indépendants.

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2022 est une année présidentielle. Estimez-vous que le commerce, et particulièrement la franchise, fait partie des préoccupations des candidats ?

Nous sommes interrogés par certains candidats qui attendent nos remarques. Je pense que nous rencontrerons l’ensemble des équipes de campagne des principaux courants politiques. Et je crois que les Assises du Commerce ont d’ailleurs été un très bel outil pour faire émerger des pistes intéressantes et pragmatiques, notamment au sujet de l’Indice des Loyers Commerciaux (ILC) mais aussi des propositions concernant le rôle des managers de centre-ville. Autant de pistes dont les candidats à la présidentielle devraient se saisir à mon sens, si tant est que les conclusions de tous ces ateliers finissent par être rendus publics…

Camille Boulate

Camille Boulate


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