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Franchisés, voici comment gérer les angoisses de vos salariés face à la crise

, par Fabien Soyez

La Covid-19 est devenue l’angoisse numéro un des salariés. Comment les franchisés peuvent-ils rassurer ces derniers, tout en permettant à leurs commerces de fonctionner le plus normalement possible ?

Alors que la pandémie continue de plus belle et que l’hypothèse d’un troisième confinement se précise, comment rassurer ses salariés ? “D’abord en mettant en place un protocole sanitaire strict, et en les informant sur le fait que tout est fait pour assurer leur sécurité”, explique Gaël Chatelain-Berry, consultant en management. “Mais le challenge va plus loin que la distribution de masques : l’angoisse peut être liée à la situation de la société”, ajoute-t-il. Voilà pourquoi les franchisés devront aussi communiquer “sur le fait que l’entreprise, avec l’appui de la tête de réseau, met en place les dispositifs adéquats pour pérenniser son activité et préserver les emplois”, indique Gaël Chatelain-Berry.

Qu’il s’agisse du chômage partiel, des prêts garantis par l’État, des accords de performance collectif, ou du télétravail. “Il n’y a rien de pire que de ne pas savoir ce qui se prépare. Il faut faire passer le message que même si la crise perdure, on va gérer”, note le consultant.

 

Libérer la parole

Les dirigeants devront aussi adopter la bonne posture, à mi-chemin entre managers et psychologues. “Si un salarié a peur, attention à ne pas se comporter comme un bienveillant maladroit. C’est à dire quelqu’un qui cherche à rassurer en disant maladroitement à autrui qu’il ne doit pas s’inquiéter… Plutôt que de nier son angoisse, mieux vaut lui poser des questions ouvertes et le laisser parler”, explique Adrien Chignard, psychologue du travail. Se décentrer et écouter son collaborateur permet, selon lui, de “faire baisser grandement le niveau de tension”.

Cette écoute peut être informelle, ou officielle lors d’entretiens individuels ou collectifs. Il est aussi possible de proposer une cellule de soutien psychologique, avec l’aide du franchiseur. “Le job du dirigeant, c’est d’aller au devant de ses salariés, d’être à l’initiative de la résolution de leurs problèmes, sans attendre qu’ils soient trop importants pour eux”, remarque Adrien Chignard.

 

Rester positif

Une fois le ressenti du collaborateur recueilli, le dirigeant devra lui demander ce qui, selon lui, pourrait être de nature à le rassurer. “Pas question d’imposer des réponses. Il faut lui permettre de proposer lui-même des solutions”, indique Adrien Chignard. Une façon de lui donner la sensation rassurante d’avoir le contrôle sur son quotidien, dans un contexte incertain : “Permettre au salarié de choisir ses jours de travail, de décaler ses horaires, de redéfinir ses tâches : quelle que soit votre activité, il existe un tas de choses sur lesquelles il est possible de lui redonner du contrôle, afin de le rasséréner”. 

Attention, prévient-il, à ne pas nier la situation de crise : “on voit encore trop de dirigeants qui font comme si le retour à la normale était pour bientôt. Ce déni de réalité risque de démotiver les collaborateurs”.

À la place, les franchisés peuvent rester réalistes, tout en tentant, dans une certaine mesure, de positiver. “Cela peut paraître étrange, mais il est possible de trouver des choses positives dans une crise, et de communiquer dessus. Par exemple, la possibilité de développer de nouvelles activités, ou de nouvelles façons de vendre. Garder une forme d’optimisme permet de répandre de la confiance autour de soi”, conclut Gaël Chatelain-Berry.

 
 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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