Bonnes pratiques Fainéant associé entrepreneur franchise

Mon associé est un fainéant…

, par Chloé Goudenhooft

Il paraît sécurisant de s’associer pour se lancer en franchise. Jusqu’à ce que la relation avec le partenaire se détériore. Il peut alors être plus qu’énervant de constater que l’entrepreneur associé ne remplit pas sa tâche et se contente de vous laisser faire le travail. Mais avant de vous énerver contre lui ou d’envisager le pire pour l’entreprise, il est important de vérifier que votre impression est exacte et d’instaurer le dialogue.

C’est bien connu, à deux associés, on va plus loin… Sauf si le compagnon de route s’assoit sur votre dynamisme et votre implication pour faire avancer l’affaire. Non seulement votre entreprise peut difficilement progresser mais vous avez en plus le double de travail à exécuter – le sien plus le vôtre – et êtes en proie à un énervement bien compréhensible. Néanmoins, si vous constatez que votre associé est un fainéant, quelques mesures s’imposent avant de jeter l’éponge. Jean-Marc Terrel, coach d’entrepreneurs, conseille d’abord de poser les choses à plat et de vérifier si l’impression qui est la vôtre est fondée et objective. “Il va falloir valider votre perception de la situation, suggère-t-il. Suis-je le seul à penser qu’il est fainéant ? Parfois,ces impressions ne sont que le résultat d’interprétations personnelles.” À titre d’exemple, le coach imagine une situation qui met en vis-à-vis un associé qui passe son temps sur les routes à faire de la prospection, et face à lui, un entrepreneur chargé de la veille concurrentielle et de la veille légale. Il est possible que celui qui s’épuise à frapper à toutes les portes ait l’impression que son associé assis derrière son ordinateur ne soit pas d’une grande efficacité. Il s’agit d’abord de savoir si le ressenti se révèle vrai ou non. “Dans l’idéal,il faut trouver une oreille neutre pour en parler. Cela peut être un conseil en entreprise, son expert-comptable, un coach, un consultant, ou encore ceux qui vous entourent, comme lorsqu’on fait partie d’un groupe d’entrepreneurs. Ces tiers doivent vous permettre de savoir si votre impression est fausse ou non. En général, ce genre de situation émerge quand des éléments n’ont pas été établis clairement en amont, comme la répartition des tâches.” En tout cas, il va de soi que les salariés ne doivent pas être consultés. Ils n’ont pas à être impliqués dans des affaires qui concernent leurs supérieurs hiérarchiques.

 

Médiateur extérieur

S’il s’avère que l’associé n’est pas, effectivement, au maximum de ses capacités, le premier recours consiste à en parler avec lui. “C’est impératif, même avec des gens que l’on connaît bien. Dans une relation d’affaires, ce n’est pas l’intérêt des associés en tant que personnes qui est en jeu mais bien l’intérêt de l’entreprise comme personne morale.” La meilleure façon pour ne pas le froisser consiste à ne pas exprimer d’opinion –  c’est-à-dire bannir les “je pense que” – et à rester factuel en se basant sur des faits observables. Autour d’un café ou dans un rendez-vous informel, il faut lui dire ce qui s’est passé tel jour, à telle heure et en quoi son comportement a été problématique. Ce dialogue permettra déjà de connaître son point de vue sur la question, puis de voir ce que vous faites de la situation et ce qui peut être changé. Si le dialogue n’est pas fructueux, le franchisé peut se reposer sur le réseau pour trouver une issue, en faisant appel par exemple à l’animateur régional pour qu’il joue un rôle de médiateur. “Le seul inconvénient, c’est que le franchiseur peut être partie prenante, puisqu’il développe une relation avec ses franchisés. Mais cela reste un premier recours. Il faudra sinon trouver un médiateur extérieur.” Si le dialogue ne permet pas d’améliorer la situation, et avant d’en recourir à la solution judiciaire qui reste très lourde, il faudra voir ce que prévoit le contrat de franchise ou le pacte d’associés. “Il existe différentes clauses permettant d’éviter les blocages, commente Jean-Marc Terrel. Certaines d’entre elles permettent aux associés de donner une mission de conciliation à un tiers de confiance, qui n’est pas impliqué ni affectivement ni financièrement. D’autres clauses prévoient la sortie d’un des associés, ou encore un arbitrage extérieur, qui donne à ce tiers le pouvoir de trancher une situation.”

 

Mieux vaut prévenir que guérir !

Selon Jean-Marc Terrel, auteur et coach d’entrepreneurs, une des causes des échecs lors de la création d’une entreprise vient des conflits. “La fainéantise en est une source, souligne-t-il. Un franchisé,comme tout entrepreneur, peut se retrouver coincé avec un associé qui devient indésirable. Or, s’associer n’est pas un acte à prendre à la légère. Cela revient à se marier. Il est donc important que les personnes impliquées soient sur la même longueur d’onde. Quand on arrive à un blocage à cause d’un cas de fainéantise, c’est que les bases n’ont pas été posées.” Pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation, Jean-Marc Terrel suggère aux futurs associés de s’accorder sur un certain nombre de choses : les valeurs de l’entreprise, les missions spécifiques à chacun d’eux, la stratégie de développement, les objectifs économiques qu’ils souhaitent atteindre. “Il doit y avoir des compétences et des savoirs qui s’expriment sur le terrain. Chacun doit mettre ses talents au service de l’entreprise. Cela passe par un processus de réflexion approfondie. Il faut aussi se mettre d’accord sur les procédures décisionnelles, et sur le niveau de divergence que chacun est prêt à accepter, car elles peuvent être utiles et constructives.” Il faut aussi réfléchir à l’espace de travail et aux libertés de chacun. Enfin, comme ces préparations en amont ne sauraient anticiper toutes les situations possibles dans lesquelles pourront se retrouver les associés, il est utile de prévoir dans le contrat des clauses spécifiques qui permettront de recourir à différentes solutions en cas de problème.

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Chloé Goudenhooft
Journaliste pour L'Officiel de la Franchise


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