Bonnes pratiques Problèmes personnels

Problèmes personnels : trouvez le juste équilibre

, par Julie Tadduni

Divorce, décès d’un proche, maladie… Les problèmes personnels peuvent être complexes à laisser en dehors de l’entreprise et avoir des conséquences sur le travail. En tant que chef d’entreprise, vous avez un véritable rôle à jouer pour aider votre salarié à traverser cette période difficile.

“Il ne faut pas tarder à intervenir, lance d’emblée Denis Fernandez, psychologue du travail. Malheureusement souvent, par pudeur, parce qu’ils ne savent pas quoi dire ou par manque de courage, les encadrants tardent à agir.” Pourtant, si la période difficile traversée par le membre de votre équipe s’en ressent sur son travail, alors il ne faut pas hésiter à le lui dire. “Si ce n’est pas fait, cela contribuera à l’isoler davantage des autres voire à créer des tensions entre employés”. Au-delà des conséquences que cela peut avoir sur la productivité, vous devrez rester vigilant et prêter attention aux signaux, si faibles soient-ils.

Éviter les jugements

Un collaborateur qui a des problèmes personnels ne va pas toujours laisser transparaître son mal-être. Quand certains exprimeront leur chagrin, leur colère, d’autres auront besoin d’un coup de pouce de leur hiérarchie pour évoquer le sujet. “Des retards inhabituels, ou au contraire des horaires à rallonge, cela peut se traduire par des petites choses qu’un manager, s’il est attentif, pourra déceler, indique Bruno Martin, coach en entreprise. Ensuite, il ne devra alors surtout pas se montrer brutal ou insensible aux ennuis de son collaborateur.”
En effet, vos salariés ne sont pas des robots et peuvent traverser des épreuves difficiles à laisser en dehors du travail. Ne soyez certes pas envahissant, mais n’oubliez pas d’être présent. “L’idéal est de privilégier la conversation informelle pour aborder le sujet, recommande le psychologue du travail. Cela peut tout à fait commencer par ‘Comment vas-tu en ce moment ?’”. Un collaborateur doit se sentir épaulé par sa hiérarchie et non jugé. “Si vous entamez la conversation en pointant d’abord sa baisse de productivité, son changement d’attitude, il aura du mal à vous confier son mal-être dans la foulée”, souligne Bruno Martin. Vous devez donc lui rappeler qu’il peut s’ouvrir à vous, et surtout que votre conversation restera confidentielle quoi qu’il arrive.

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Quelles solutions ?

Il n’est pas toujours évident pour un manager de savoir comment réagir par la suite, pour préserver l’équilibre du membre de son équipe mais aussi de l’entreprise. “Diminuer la charge de travail, bien que cela parte d’une bonne intention, peut être une mauvaise solution. Malheureusement beaucoup d’encadrants réagissent ainsi”, regrette Bruno Martin.
Or, le salarié en question doit être acteur de cette décision. Lui seul est en mesure de savoir comment remédier à sa baisse de productivité. “Certains ont besoin d’oublier les périodes difficiles en se jetant à corps perdu dans le travail, poursuit le coach. Si vous proposez un allégement de ses missions, il peut le vivre comme une mise au placard, c’est pourquoi le dialogue a un rôle essentiel dans ce genre de situation. Vous devez consulter votre collaborateur, l’amener à trouver des solutions pour surmonter cette épreuve mais aussi sa baisse de régime au travail”. Ici, le manager est davantage là pour proposer son aide que pour décider à la place du principal intéressé.

Pas de cachotteries

Une fois que vous aurez éclairci la situation avec votre collaborateur, veillez à rester disponible s’il souhaite évoquer de nouveau le sujet avec vous. “Il peut avoir besoin de digérer une mauvaise nouvelle pendant quelques jours avant de ressentir le besoin de l’évoquer avec vous. Restez à l’écoute”, conseille Denis Fernandez. 
Quant aux autres membres de l’équipe, ne pensez pas qu’ils soient dupes. “En général, certains seront au courant avant vous, indique Bruno Martin. Mais même si ce n’est pas le cas, vous devrez aborder le sujet avec eux, tout en préservant l’intimité de la personne concernée.”
Réunissez-les, expliquez-leur simplement que leur collègue aura besoin d’un changement d’organisation pendant quelques temps si c’est le cas. “Il ne faut aussi pas hésiter à les consulter, suggère le coach. Ils peuvent soumettre des idées si des horaires doivent être aménagés ou encore si la charge de travail va se répartir sur eux, ces sont les principaux concernés. Leurs propositions sont un moyen de les mettre à contribution, et de les impliquer. Il serait idiot de penser qu’ils ne sentent pas quand quelque chose ne tourne pas rond ou d’imaginer qu’ils ne parlent pas entre eux.”
En cas de difficulté, il est important que vous fassiez front d’un bloc. Mais surtout le rôle du manager est de rester vigilant en ne donnant pas le sentiment d’être trop intrusif.

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Julie Tadduni
Journaliste Web et community manager pour L'Officiel de la Franchise


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Vos réactions (1)

  1. DIEU, le

    Bonjour,
    Vous décrivez une situation ou la confiance est déjà instaurée et dans le meilleur des mondes. Hélas, en France, moins on en dit sur sa vie, meilleur est la situation au travail. Pourquoi? Parce que raconter sa vie à ses collèges, son patron…et cela vous retombera dessus…C’est du vécu! « vos problèmes personnelles s’en sont ressentis sur votre travail »…m’a-t-on dit dans une belle lettre intitulée: « avertissement de travail ». La bienveillance a beaucoup de mal à faire sa place au travail tant que les hommes ne comprendront pas que le travail doit être un plaisir et non une contrainte quelque soit le travail, et que de cela dépend la motivation des personnes. Mais soyons optimistes, votre article pourra à son niveau certainement réveiller des consciences. Je vous conseille aussi de prendre connaissance du blog de Monsieur CHATELAIN, éloquent: http://www.gchatelain.com
    Bonne journée

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