Bonnes pratiques fatigue

Comment je gère ? J’ai un coup de fatigue…

, par Chloé Goudenhooft

Trop de soucis, trop de choses à penser, trop d’interlocuteurs… Les chefs d’entreprise mènent des vies à des rythmes soutenus, au point parfois d’être surmenés et de plonger dans un grand état de fatigue. Pour prévenir ces moments qui impactent forcément votre activité, il faut savoir en identifier les causes et prendre du recul pour mieux se ressourcer et repartir.

Le sentiment de liberté que procure le fait d’être patron donne des ailes aux franchisés. Mais cette motivation sans faille n’empêche pas les coups de fatigue. “Cela arrive tout le temps, chez les franchisés comme chez tout chef d’entreprise, reconnaît Stéphane Brousse, directeur des performances réseau Guy Hoquet. L’avantage d’être sous une enseigne permet d’obtenir un accompagnement quand c’est le cas.” Les animateurs réseaux, voire les franchiseurs eux-mêmes, en étant en contact régulier avec les membres de leur enseigne, peuvent identifier ces situations en observant une baisse de motivation dans le discours, par exemple, ou des fluctuations dans le chiffre d’affaires… Ils doivent normalement intervenir ou rester à votre disposition pour trouver des solutions. À condition de se préoccuper de cette situation à temps !
Selon Philippe Bureau, coach certifié partenaire de Dixit coaching, les causes qui génèrent cet état d’épuisement peuvent être diverses. “Cela peut être provoqué par les différents types de relations auxquelles l’entrepreneur a affaire, à commencer par celle qu’il a avec lui-même. Ses questionnements permanents peuvent mettre en cause la confiance qu’il a en lui.” À cela s’ajoutent les rapports avec les autres : les collaborateurs, les clients, les partenaires… Dans le cadre d’un réseau, il y a aussi le contact avec le franchiseur. Si a priori l’enseigne est censée venir en aide au franchisé, il se peut qu’elle provoque une sorte de stress supplémentaire. Même s’il est indépendant, le franchisé se doit de respecter l’image du réseau et de coller à ses attentes. Cette relation peut donc aussi être source de conflit. La sensation de fatigue peut venir également de la solitude propre à la vie d’un chef d’entreprise. Il a la responsabilité de réussir, il est celui qui mène la barque, vaille que vaille…
Mais que la fatigue soit un passage obligé de la vie d’un entrepreneur ne justifie pas le fait de ne pas réagir. Pour savoir quoi faire dans ce genre de situation, il faut d’abord identifier le type d’épuisements, qui sont de trois ordres, selon Philippe Bureau. “La fatigue physique arrive quand on se lève tôt et qu’on se couche tard, ce qui arrive souvent quand on est entrepreneur !” Mais alors, il suffit de se ménager et d’essayer de se coucher un peu plus tôt le temps de récupérer…

 

Cumul d’émotions

Les deux autres types de fatigue sont moins simples à gérer. Il y en a d’abord un d’ordre plutôt mental. “Un chef d’entreprise doit sans cesse jongler entre le règlement du réseau, la collaboration avec ses fournisseurs… et selon des intérêts qui sont parfois contradictoires. Il doit payer son banquier, l’Urssaf, etc. Ce sont des choses très concrètes qu’il faut gérer en même temps.”
Enfin, plus subtil encore, le troisième type se situe au niveau de l’émotionnel. “Ce genre de fatigue est lié au ressenti du franchisé. C’est en rapport avec des peurs, des colères provoquées par des conflits. Toutes ces émotions peuvent se cumuler, ce qui augmente le niveau de stress. Il est facile de se reposer pour se remettre d’une fatigue physique, mais dans ce cas-là c’est beaucoup moins simple, le risque étant d’aller jusqu’au burnout.”
Face à ces situations, il est important pour le franchisé de prendre du recul par rapport à son activité. Ce que conseille Philippe Bureau, c’est déjà de ne pas rester seul. “En parler avec sa famille, ses amis, d’autres entrepreneurs, voire un coach permet de ne pas rester enfermé dans ses problématiques. Partager l’information accélère la recherche de solutions concrètes, ce qui augmente la confiance en soi.” La présence d’un tiers est nécessaire car il n’est pas toujours facile pour un patron de se remettre en cause. Il faut donc accepter de se faire aider.

Vacances

Autre conseil, “remplacer le ressenti par de l’action, en prenant des décisions concrètes qui aident à sortir des difficultés”, suggère encore Philippe Bureau, ce qui permet de passer de l’émotion au rationnel, en s’appuyant sur les chiffres, par exemple. Cela peut se traduire par le fait de hiérarchiser ses tâches pour réussir à les prendre les unes après les autres et d’organiser son mode d’intervention.
“Le franchisé doit aussi générer sa propre énergie, suggère pour conclure Philippe Bureau. Le premier aspect repose sur une bonne hygiène de vie. Il faut dormir, s’hydrater, prendre du temps pour soi et se ménager des moments avec sa famille et ses amis, faire du sport en s’imposant un créneau par semaine, par exemple…” Prendre des vacances est de ce fait recommandé par les enseignes. “Il faut s’astreindre à couper un moment et à se consacrer à autre chose, même si c’est difficile, insiste Stéphane Brousse. Sinon l’organisme ne suit plus et vous risquez de perdre en efficacité.”

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Chloé Goudenhooft
Journaliste pour L'Officiel de la Franchise


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