Bonnes pratiques emplacement

Commerce : quelle stratégie en matière d’emplacement ?

, par Camille Boulate

Dans la réussite d’une activité, l’emplacement joue bien souvent un rôle crucial. Il est donc primordial, en tant que candidat à la franchise, de bien interroger la tête de réseau sur ses attentes.

 

Quels sont les emplacements privilégiés ?

C’est la première question à poser à l’enseigne pour bien déterminer sa stratégie. Est-ce qu’elle se focalise sur les centres-villes, la périphérie ou bien les deux ? “Il faut bien se renseigner sur le type de localités où le concept a été expérimenté et exploité”, conseille Clémence Casanova, avocat à la Cour et membre du cabinet Linkea. Bien comprendre également quelle est la typologie de clientèle est important. Car elle différera selon le concept et déterminera si être installé sur un emplacement numéro 1 est essentiel. Par exemple, si vous visez un commerce alimentaire, type épicerie, vous avez davantage besoin d’être implanté dans un quartier résidentiel et moins sur une artère commerciale.

Dans la même idée, assurez-vous que le concept est implantable dans la ville ou la région que vous visez. “Il y a des activités marquées par la saisonnalité, comme les enseignes de glaces ou de maillots de bain. Demander au franchiseur si le concept est exploitable partout ou si des offres complémentaires ont été élaborées pour pouvoir tenir toute l’année est pertinent et même primordial”, explique l’avocate. Questionnez également l’enseigne sur les villes ou les régions qu’elles souhaitent investir. Car si le réseau a, jusqu’ici, focalisé son développement sur Paris et qu’elle est très peu, voire pas du tout, implantée en région, il est possible que l’activité ne soit pas forcément duplicable ou alors qu’il y ait des aménagements à prévoir.

 

Quelles sont les caractéristiques du local recherché ?

Avant de vous lancer dans la recherche d’un emplacement et d’un local, vous devez connaître les caractéristiques demandées par l’enseigne. Quelle est la taille minimum ? Faut-il une réserve de stockage ou bien une terrasse est-elle nécessaire pour l’activité ? Voici quelques exemples des questions qu’il faut poser rapidement. “Pour la terrasse, cela peut vite devenir une contrainte. Car il faut demander l’accord à la mairie et au bailleur, qui n’est pas toujours d’accord, notamment à cause des nuisances pour le voisinage. Cela fait partie des points de négociation qui peuvent émerger au moment de la signature du bail”, insiste l’avocate.

Autre exemple : si vous intégrez une enseigne d’un secteur spécifique, comme la restauration, il faut bien se pencher sur les contraintes techniques comme la nécessité d’avoir des places assises ou bien une extraction dans la cuisine. “Là aussi c’est important. Car l’extraction peut engendrer de gros travaux. Surtout si le local fait partie d’une copropriété, vous allez avoir besoin de l’accord de l’ensemble des propriétaires pour amorcer le chantier. Ce n’est pas toujours simple”, prévient Clémence Casanova. Est-ce que votre activité implique d’avoir des places de stationnement à proximité ou bien un parking devant le local est également une question à poser.

 

Est-ce que l’enseigne concède une zone d’exclusivité au franchisé ?

C’est une question très importante car, en tant que franchisé, posséder une exclusivité territoriale sur un quartier ou sur une ville impactera votre choix d’emplacement. “Or, même si cela est très fréquent en franchise, ce n’est pas une obligation. Une tête de réseau peut donc choisir d’accorder ou non une zone. Connaître la politique de l’enseigne sur ce point mais aussi déterminer les limites du territoire concédé est essentiel”, insiste Clémence Casanova. Notamment pour déterminer si la région où vous vous installerez est en capacité d’accueillir d’autres unités. Que ce soit parce que vous voulez ouvrir plusieurs points de vente ou parce que vous souhaitez être rassuré si un autre membre du réseau s’installe sur le territoire. “Interrogez le franchiseur sur le nombre de franchisés qui sont dans la région. Si la réponse est négative, demandez-lui s’il y en a eu dans le passé et pourquoi le point de vente a fermé”, conseille Clémence Casanova.

Si c’est un simple départ à la retraite, pas de panique. Au contraire, s’il s’agit d’une fermeture due à un mauvais chiffre d’affaires, il est pertinent de creuser un peu. Car cela peut signifier qu’il n’y a pas de clientèle pour ce concept à cet endroit…

 

 

Camille Boulate

Camille Boulate


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