Avec 410 000 m² de surface de vente et 4 700 commerçants et artisans, le centre-ville de Marseille dispose d’un tissu commercial dense, mais finalement d’assez peu de commerces sous enseigne. Pour Thomas Gancel, responsable Animation et Promotion de la Franchise à la Fédération française de la franchise (FFF), « la ville est historiquement une terre d’indépendants, mais la part de la franchise y progresse avec un beau potentiel ». Cette singularité se retrouve dans la diversité de son offre commerciale, faite de concept stores, de commerces de caractère et d’enseignes moins standardisées.
Le paradoxe se lit aussi dans les chiffres. Selon Nicolas Louis-Amédée, product manager géomarketing chez Ciril Group, Marseille compte plus de commerces que Lyon, avec 30 000 établissements, contre 18 000, mais les commerces sous enseigne y sont proportionnellement moins présents. Ils représentent 10,06 % du tissu commercial marseillais, contre 17 % à Lyon. Dans le centre-ville de Marseille, leur poids tombe même à 8,37 %. Au niveau départemental, les Bouches-du-Rhône se classent au 44e rang sur 96 dans les intentions d’ouverture en franchise, une position médiane.
« À l’image du Var, ce département côtier reste très orienté tourisme et moins commerce sous enseigne », constate Nicolas Louis-Amédée. À cette moindre présence des réseaux s’ajoute un autre élément de contexte : le niveau de vie médian est plus faible à Marseille, autour de 20 000 € par unité de consommation, contre 26 000 € à Lyon. Marseille affiche aussi un nombre de salariés plus faible au regard de sa population. Pour attirer davantage d’enseignes et de porteurs de projet en franchise, les CCI Aix-Marseille-Provence et Nice Côte d’Azur organiseront, le 17 novembre 2026, le Forum Franchise Région Sud au Pasino Grand Partouche d’Aix-en-Provence. À date, plus de 40 % des enseignes ont déjà répondu présentes. « Nous comptons sur cette nouvelle formule pour dynamiser et diversifier les enseignes dans la métropole », note Corinne Pellegrini. Pour l’élue de la CCIAMP, la région disposait jusqu’alors d’un « gros potentiel » pour les indépendants sans enseigne. Mais le marché évolue : il est aujourd’hui « en train de basculer au profit de la franchise », assure-t-elle.
Une région dynamique
La dynamique régionale s’est nettement renforcée. « La région Paca revient de très loin », souligne Thomas Gancel, rappelant qu’elle figure désormais dans le top 3 des régions les plus dynamiques en franchise alors qu’elle occupait plutôt la 7e ou 8e place auparavant*. « La région Sud-Est est la 2e région après l’Île-de-France qui compte le plus de franchises », constate Corinne Pellegrini, qui rappelle que 24 % des franchisés s’y installent.
Autre dynamisme relevé par Nicolas Louis-Amédée : la démographie. Pour lui, la ville présente deux visages : des familles avec enfants et adolescents, mais aussi des seniors. Et d’ajouter que la ville conserve une dynamique démographique avec une population qui pourrait « progresser de 2 % dans les cinq à dix ans ». À l’échelle régionale, avec 5,2 millions d’habitants, la population en Paca devrait « rester stable à cinq ans, voire progresser à dix ans », contrairement à d’autres territoires qui se vident. « C’est l’effet Sud, avec l’arrivée de personnes âgées et de retraités », commente le responsable Animation et Promotion de la Franchise à la FFF. Cette évolution ouvre des perspectives pour les réseaux, notamment ceux tournés vers la silver économie. « Avec une population vieillissante, il y a du potentiel en franchise sur ce secteur », commente-t-il.
« Le centre-ville de Marseille dispose d’une zone de chalandise de 980 000 habitants, hors alimentaire et cafés-restaurants, et d’un potentiel de consommation de 4,8 milliards d’euros, hors automobile », détaille Thomas Gancel. Avec 877 000 habitants selon l’Insee, Marseille conserve son statut de deuxième ville de France. Mais sa TAC reste limitée à 950 000 habitants, quand Lyon, avec environ 500 000 habitants, génère une attractivité trois fois supérieure, autour d’1,5 million.
Un réel potentiel
« La ville ne rayonne pas très loin, car elle est enclavée dans une concurrence avec des pôles autour qui viennent limiter son attractivité », confirme Nicolas Louis-Amédée. Contrairement à Lyon, qui exerce une polarité plus large, Marseille ne concentre pas à elle seule le dynamisme de la région Paca. Celui-ci serait davantage porté par les départements et les territoires secondaires de l’arrière-pays, qui affichent eux aussi « un vrai dynamisme en termes de commerce », analyse-t-il. Ainsi, dans le classement des intentions d’ouverture, la cité phocéenne n’apparaît que 230e, contre 56e pour Aix-en-Provence, à titre de comparaison. « Entre Marseille et Aix, les porteurs de projet préfèrent des villes comme Aix, Vitrolles, Saint-Rémy-de-Provence ou Salon-de-Provence, qui sont plus petites et plus concentrées », souligne-t-il…
Allez plus loin
Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°258 de juin-juillet 2026.