L’Observatoire BPCE qualifie la baisse des cessions en France depuis 2010 de « tendancielle et continue ». Alors que 60 000 entreprises changeaient de mains en 2016, elles ne sont effectivement plus que 37 200 en 2024(2). Plusieurs facteurs se conjuguent pour expliquer cette situation.
Des dirigeants pas pressés de partir
Pour qu’une entreprise soit cédée, encore faut-il que son dirigeant se décide à lâcher les rênes. Or, cela ne semble pas être la priorité des chefs d’entreprise français : un quart des dirigeants de PME et ETI a plus de 60 ans, 11 % plus de 66 ans et un tiers des dirigeants de plus de 65 ans ne se préoccupent pas de la transmission de leur entreprise(3). Les chefs d’entreprise français seraient-ils réfractaires à l’idée de partir en retraite ? Il semble plutôt qu’ils aient du mal à trouver preneur.
Une offre qui ne correspond pas à la demande
L’offre et la demande peinent d’abord à coïncider d’un point de vue géographique. En effet, les repreneurs potentiels cherchent principalement dans les grandes métropoles alors que les affaires à céder couvrent l’ensemble du territoire. À titre d’exemple, pour un cédant, on compte 3,4 repreneurs en Île-de-France, contre 1,7 en moyenne en région(4). Autre point de divergence, les tailles des entreprises à céder ne répondent que trop rarement aux attentes des candidats à la reprise. Ces derniers concentrent leurs recherches sur des entreprises déjà bien structurées (plus de 10 salariés ou plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires) qui ne représentent que 10 % des offres disponibles(4).
Enfin, à l’approche du moment de transmettre leur entreprise, les dirigeants ont tendance à sécuriser leur activité plutôt qu’à la développer. Si le réflexe peut sembler cohérent pour récupérer le fruit de leur travail, il se révèle contreproductif pour dénicher un repreneur : la réduction des investissements rend l’entreprise moins compétitive alors que la consolidation financière augmente son prix.
La franchise également confrontée aux défis de la transmission
Modèle plébiscité par les entrepreneurs, la franchise n’échappe pas à ces problématiques. Pour preuve, la 22e enquête annuelle de la franchise consacre un chapitre spécifique à la cession-transmission et en fait un enjeu clé pour la pérennité des réseaux. Et le constat est sans appel : plus de la moitié des franchisés de 55 ans et plus ont engagé des démarches en vue de la cession ou de la transmission de leur activité. 30 % prévoient de céder à un autre franchisé du réseau, 28 % à un repreneur extérieur et 23 % à un proche (famille, salarié…)(5).
Côté franchiseurs, 65 % reconnaissent des difficultés à assurer la transmission de certains points de vente. Et la solution, pour 49 % d’entre eux, passe par l’accompagnement. Ainsi, 81 % mettent en place des dispositifs personnalisés pour accompagner les vendeurs et 63 % aident les repreneurs à établir leur montage financier(5). Soumise aux mêmes contraintes que les autres entreprises, la franchise prouve encore une fois sa capacité à trouver des solutions, en s’appuyant sur son réseau et sur l’accompagnement des acteurs de son modèle.
À lire aussi
La franchise : un tremplin vers l’entrepreneuriat
(1) L’Observatoire BPCE – Conseil national du commerce, mars 2025.
(2) Direction générale des Entreprises (DGE).
(3) L’Observatoire BPCE – Étude nationale du réseau des CCI (2021).
(4) CRA janvier 2025, CROCIS 2023.
(5) 22e enquête annuelle de la Franchise Banque Populaire, en partenariat avec la Fédération française de la franchise (FFF).