Selon Xerfi, le marché de la silver économie avoisine aujourd’hui les 77 milliards d’euros, porté par le vieillissement des baby-boomers et la demande croissante en services. C’est sur ce marché que s’est lancée Clémence Souquet, ex-salariée de LVMH, dès 2011.
« J’ai créé Silver Beauté avec une conviction forte : le bien-être et l’estime de soi ne doivent pas disparaître avec l’âge ou la perte d’autonomie », explique-t-elle. Silver Beauté propose des prestations de coiffure et d’esthétique directement dans les EHPAD, les résidences seniors, les hôpitaux et les cliniques. « Notre particularité, c’est d’associer l’exigence d’un véritable service de beauté à une approche humaine, adaptée aux personnes âgées fragilisées par la maladie », précise-t-elle.
Des espaces beauté au cœur des établissements
Brushing, colorations, permanentes, manucures, soins du visage ou beauté des pieds : Silver Beauté propose toutes les prestations d’un salon classique de coiffure et d’esthétique. Concrètement, l’entreprise installe son salon de manière permanente au sein des établissements. Le mobilier et l’organisation sont adaptés aux personnes à mobilité réduite ou présentant des troubles cognitifs.
« Il faut que l’espace soit ergonomique pour les personnes en fauteuil roulant ou qui ont des troubles cognitifs. Par exemple, une personne âgée qui souffre de déambulation a beaucoup de mal à rester assise. Ce serait maltraitant de l’obliger à le faire, souligne la fondatrice. C’est surtout un lieu de vie. Nous créons des bulles de bien-être et de beauté au sein des EHPAD. »
Les professionnels interviennent sur des jours fixes, au minimum une journée complète de sept heures par semaine. L’enseigne affirme entretenir certains partenariats depuis dix à quinze ans. Aujourd’hui, Silver Beauté accompagne environ 50 établissements, s’appuie sur une cinquantaine de coiffeurs et réalise près de 300 000 prestations, avec un chiffre d’affaires en progression de 18 % en 2025.
Un réseau pour se développer partout en France
Historiquement implantée en Île-de-France, l’entreprise souhaite désormais transmettre son savoir-faire à des entrepreneurs en région. « Sur l’Île-de-France, nous sommes un peu limités en ressources. L’idée d’ouvrir un réseau de franchisés, c’est vraiment de s’étendre à l’échelle nationale et de partager cette expertise avec des entrepreneurs en région », explique Clémence Souquet.
L’enseigne vise 30 franchisés en cinq ans, chacun bénéficiant d’un territoire exclusif, hors Île-de-France. Elle recherche avant tout des profils commerciaux et des managers capables de développer une activité, de nouer des relations durables avec les établissements et de recruter des professionnels.
« Je ne suis ni coiffeuse ni esthéticienne. C’est aussi le message que je souhaite passer aux franchisés : on peut créer cette activité sans être du métier », insiste la fondatrice, qui recherche aussi bien des cadres commerciaux, que des responsables d’exploitation ou personnes en reconversion pour rejoindre la franchise.
Autre particularité du modèle : aucun local commercial n’est nécessaire. Le franchisé peut démarrer depuis son domicile et s’appuyer sur les outils numériques de l’enseigne, notamment une plateforme de rendez-vous, un CRM, un ERP et des outils d’intelligence artificielle pour automatiser certaines tâches administratives.
Un investissement de départ de 50 000 euros
Silver Beauté annonce un investissement initial d’environ 50 000 euros, comprenant un droit d’entrée de 32 500 euros, l’équipement du premier espace beauté et un besoin en fonds de roulement de 15 000 euros. L’enseigne recommande un apport personnel d’au moins 15 000 euros. Côté rentabilité, le réseau annonce un chiffre d’affaires potentiel d’environ 100 000 euros à partir de la deuxième année.
Avec un objectif de 30 franchisés en cinq ans, Silver Beauté entend déployer son modèle dans les régions, tout en préservant ce qui fait sa spécificité. « Nous sommes vraiment un acteur qui apporte une structure et une organisation aux établissements […] Notre spécificité, c’est que nous connaissons bien les problématiques des personnes âgées, fragiles, malades et vulnérables. »