Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
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Chez Grisette lance son concept d’hôtel pour chats en franchise

Porté par la hausse du nombre d’animaux de compagnie et l’évolution des attentes des propriétaires, le marché français se diversifie, notamment dans les services de garde. Alors que la population féline a progressé de 30 % en dix ans, pour atteindre 16,7 millions de chats, Chez Grisette entend se développer en franchise avec un concept d’hôtel qui reproduit l’environnement d’une maison.

Selon Xerfi, les ventes d’aliments pour animaux ont atteint 6,3 milliards d’euros en 2025, tandis que les soins vétérinaires représentaient un peu plus de 5 milliards d’euros. La demande est notamment portée par la hausse du nombre d’animaux de compagnie en France. En dix ans, la population féline a ainsi augmenté de 30 %, pour atteindre 16,7 millions de chats en 2025. Dans ce marché en diversification, les services de garde constituent un segment sur lequel de nouveaux concepts cherchent à se positionner.

C’est sur ce créneau que se positionne Chez Grisette, une enseigne née de la reprise, en mai 2025, d’un hôtel pour chats créé au Mans en 2020. Après sept mois de fermeture, Renaud Segard et sa compagne Laurence Joursand reprennent l’établissement, le rénovent et lui donnent une nouvelle identité. « Nous avons tout revu, retravaillé le lieu et son fonctionnement pour lui donner notre personnalité », explique le co-fondateur.

Chez Grisette mise en effet sur une approche différente des pensions traditionnelles. Le fonctionnement repose sur la liberté de mouvement des félins. En journée, lorsque les gérants sont présents, les portes des chambres sont ouvertes et les chats peuvent circuler dans l’établissement, à leur rythme. Une phase d’acclimatation est toutefois prévue lors du premier séjour, avec une chambre individuelle obligatoire. Le soir, chaque animal regagne son espace. « Nous respectons le rythme de chaque chat. C’est lui qui décide quand nous pouvons ouvrir sa porte et quand il souhaite sortir », explique le co-fondateur.

Côté tarifs, l’enseigne facture 22 euros par jour pour une chambre individuelle, nourriture comprise, et 19 euros pour une chambre collective. « Par rapport aux hôtels urbains pour chats, nous sommes plutôt bien positionnés. »

Des besoins encore peu couverts

L’hôtellerie pour chats s’inscrit dans un mouvement plus large de diversification des services destinés aux animaux de compagnie. Toilettage, soins, pensions spécialisées et prestations personnalisées se développent à mesure que les propriétaires accordent davantage d’attention au bien-être de leurs animaux.

Le secteur compte déjà plusieurs concepts spécialisés. Les Pachas d’Amandine, en Haute-Savoie, ont développé une pension féline haut de gamme, tandis que Georges Cat mise sur l’expertise de professionnels formés à la santé animale. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de villes où cette offre n’existe tout simplement pas. En dehors des pensions traditionnelles, les propriétaires n’ont pas vraiment de solution. Je pense donc que beaucoup de clients ne se rendent même pas compte qu’ils pourraient avoir besoin de ce type de service, explique Renaud Segard. Ce que nous savons, c’est qu’aujourd’hui, un tiers des foyers français possède un chat. Les mentalités changent aussi. Les propriétaires n’ont plus forcément envie de laisser leur animal dans une cage ou derrière un grillage. »

A ce jour, l’établissement manceau a réalisé plus de 80 000 euros de chiffre d’affaires sur sa première année d’activité, selon son dirigeant, avec un taux d’occupation légèrement supérieur à 40 %. Ces résultats restent propres au site pilote : ils dépendent notamment de la capacité d’accueil, du bassin de population et du local choisi.

Crédit : Chez Grisette.

Un investissement compris entre 40 000 et 90 000 euros

Pour ouvrir un hôtel Chez Grisette, l’investissement global est estimé entre 40 000 et 90 000 euros, en fonction du projet et des locaux dont dispose le candidat. « Nous avons, par exemple, des demandes de personnes qui possèdent déjà une maison avec des dépendances. Elles n’ont pas de loyer à payer et disposent d’une partie des locaux. Dans ce cas, 40 000 euros peuvent suffire, voire moins. À l’inverse, pour quelqu’un qui souhaite s’installer en plein Paris, 90 000 euros pourraient même être insuffisants », détaille le franchiseur.

L’enseigne se montre également souple sur le choix du bâtiment. « Nous ne recherchons pas forcément des locaux industriels, puisque notre idée est de recréer l’ambiance d’une maison. Mais cela peut être d’anciens bureaux, une grange à côté d’une habitation ou d’autres types de bâtiments », précise Renaud Segard. Les droits d’entrée s’élèvent à 15 000 euros. Pour les premiers franchisés, Chez Grisette a toutefois imaginé une formule « pionnier ». « L’idée est de remplacer les droits d’entrée par une prise de participation de Chez Grisette dans leur société, sans apport financier de notre part », détaille-t-il. L’objectif est de réduire la barrière financière à l’entrée, avant de revendre progressivement les parts au franchisé pour qu’il devienne pleinement propriétaire de son entreprise.

« Cela se fait au cas par cas. C’est un peu une façon d’échelonner les droits d’entrée plutôt que de les demander immédiatement. » Enfin, les redevances sont progressives, passant de 4 % la première année à 6 % à partir de la troisième année.

Des franchisés entrepreneurs avant tout

Chez Grisette ne recherche pas nécessairement des candidats issus du secteur animalier. Les fondateurs privilégient les profils capables de gérer une entreprise, d’assurer la relation client et de comprendre les besoins des chats. « Nous ne cherchons pas simplement quelqu’un qui nous dit : “Je suis fan des chats.” Ce n’est pas suffisant », prévient Renaud Segard. L’accueil des animaux suppose en effet de savoir les manipuler et de pouvoir réagir à des comportements parfois difficiles.

La formation initiale se déroule au Mans et porte sur la gestion quotidienne, la relation client, le comportement animal et les procédures sanitaires. L’enseigne insiste particulièrement sur l’hygiène, avec une désinfection des chambres entre deux séjours et un vide sanitaire annuel. Autre particularité du métier : la saisonnalité. En été, l’établissement manceau approche les 100 % d’occupation, tandis que certaines périodes, notamment en novembre, sont beaucoup plus calmes.

Crédit : Chez Grisette.

Pour son lancement en franchise, Chez Grisette privilégie une croissance progressive. « À moyen terme, atteindre cinq à dix établissements serait déjà une belle réussite », confie Renaud Segard.

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