D’après l’étude de la FCA, le nombre de commerces employeurs a diminué de 1,3 % entre 2017 et 2024 sur un périmètre de quatorze grands secteurs d’activité. Cette évolution traduit les difficultés structurelles rencontrées par le commerce de détail : hausse des coûts d’exploitation, évolution des habitudes de consommation, pression concurrentielle du e-commerce et problématiques de transmission des entreprises.
Si le commerce recule globalement, la franchise suit une trajectoire différente. Toujours selon l’étude, le modèle franchisé affiche une croissance positive de son parc (+3,7 % par an), à un rythme supérieur à celui du commerce pris dans son ensemble (-0,2 %) sur la période étudiée.
La dynamique est encore plus marquée du côté du commerce coopératif et associé. Selon les données de la FCA, le nombre de points de vente relevant de ce modèle est passé de 20 259 en 2017 à 34 968 en 2024, soit un taux de croissance annuel moyen de 8,3 %.
Au-delà du nombre de magasins, le poids économique du commerce coopératif et associé s’est renforcé. Il représente désormais 41 % du chiffre d’affaires et 32 % des emplois des secteurs analysés.
Crédit : Xerfi.
Des réseaux qui sécurisent davantage les points de vente
L’étude met également en lumière un autre facteur clé : la solidité financière et la longévité des commerces organisés en réseau. Dans 85 % des secteurs étudiés, le commerce coopératif et associé affiche un taux de résultat net supérieur à la moyenne du secteur. L’ancienneté moyenne des établissements atteint 24 ans, contre 21,4 ans pour l’ensemble des commerces.
En parallèle, les derniers indicateurs de la Fédération française de la franchise montrent que, malgré un contexte économique contraint, le modèle franchisé se maintient sur des bases financières solides, avec un chiffre d’affaires de 88,64 milliards d’euros en 2024 (+0,3% par rapport à 2023).
Une croissance qui s’appuie sur les territoires et les commerces existants
Selon la FCA, plus de 55 % des commerces coopératifs et associés sont implantés en centre-ville, et plus de la moitié dans des communes de moins de 10 000 habitants. Le modèle est également fortement présent dans les quartiers prioritaires, où il concentre une part importante des commerces dits essentiels.
Autre levier de croissance mis en avant par l’étude : l’intégration de commerces déjà existants. Le commerce coopératif et associé se développe largement par la reprise et la transformation d’indépendants, répondant ainsi aux enjeux de transmission et de maintien de l’activité économique locale.
« Cette nouvelle étude Xerfi confirme ce que nous observons depuis des années, indique Jean-Pierre Dry, président de la FCA. Le commerce coopératif et associé est un modèle performant, profondément ancré dans les territoires et qui répond durablement aux aspirations des Français en matière de proximité, de parité et d’émancipation. Là où d’autres se retirent, nos entrepreneurs investissent, innovent et se développent, au plus près des Français. »
Dans un contexte de recul global du commerce, les modèles organisés en réseau semblent afficher une capacité supérieure à se développer et à durer. À l’heure où les enseignes cherchent des relais de croissance plus durables, la résilience du commerce pourrait passer de plus en plus par des modèles collectifs, capables d’accompagner les entrepreneurs sur le long terme.