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Coronavirus et loyers : 16 fédérations du commerce jugent les annonces du gouvernement insuffisantes

, par Camille Boulate

Alors que Bruno Le Maire demandait, lors d’une interview jeudi 16 mars, aux sociétés foncières d’annuler trois mois de loyers pour les entreprises de moins de 10 salariés, plusieurs fédérations de commerce estiment ces demandes insuffisantes. Ensemble, elles réagissent dans une lettre ouverte envoyée au gouvernement. Explications.

Pendant la crise du Covid-19, la question des loyers devient prégnante. Car si Emmanuel Macron a annoncé dès le début de la crise le report des charges et donc des montants dus pour les loyers, cela s’est avéré rapidement insuffisant. Les fédérations mais également les enseignes réclamant l’annulation pure et simple des sommes dues par les locataires durant la période de fermeture ainsi qu’ une indexation sur la réalité de l’activité au moment de la reprise. Des demandes que 16 fédérations ont reformulées, dans une lettre ouverte envoyée samedi 18 avril, après l’intervention de Bruno Le Maire sur BFMTV deux jours auparavant. Les signataires estiment les annonces du ministre de l’Économie insuffisantes.

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Annulation des loyers pour les TPE

En effet, durant cette interview de plus d’une heure, Bruno Le Maire a appelé les sociétés foncières à annuler trois mois de loyers pour les petites entreprises de moins de 10 salariés. Pour les autres sociétés et notamment les enseignes franchisées, il expliquait qu’il s’agissait d’une situation différente. “Il faut donc qu’il y ait une négociation de gré à gré avec les bailleurs qui peut évidemment aboutir à une annulation des loyers”, estimait-il. Pour les fédérations du commerce, cette annonce est clairement insuffisante et elles appellent le gouvernement “à se montrer solidaire de tous les commerçants, et à trouver des solutions collectives applicables à l’ensemble de la profession. Le gouvernement doit assumer pleinement le rôle de médiateur pour sauver les emplois et les magasins menacés. Il est le seul en capacité de réunir l’ensemble des parties pour trouver des solutions collectives à la hauteur des enjeux”.

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2,6 millions d’emplois

En effet, pour les fédérations l’enjeu est énorme puisque le secteur du commerce représente 400 000 entreprises et 2,6 millions d’emploi. Ainsi, l’ensemble des signataires demande que les mesures annoncées ne concernent pas uniquement les TPE et que la solidarité de tous les bailleurs soit appelée, et pas seulement celle des grandes foncières, principalement propriétaires de centres commerciaux.

“Les centres commerciaux contiennent seulement 38 000 commerces, alors que nos secteurs représentent plus de 400 000 points de vente partout en France. Les centres des villes moyennes qui sont déjà très affectés par la dévitalisation commerciale seront les premiers à souffrir de la disparition du commerce. Quel sera demain le visage de ces villes moyennes lorsque les commerces auront disparu du fait de la crise ? Quelle sera la situation des petits bailleurs qui n’auront plus de locataires en 2021 sans possibilité d’en trouver un nouveau ? Nous ne pouvons pas abandonner les commerçants aux seules négociations de gré à gré avec leurs bailleurs”, alertent les fédérations.

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Être partenaires

Les 16 fédérations demandent également que la solidarité des bailleurs ainsi que les mesures gouvernementales ne concernent pas uniquement la période de fermeture. “La solution passe par la prise en compte également de la période de reprise qui sera très progressive et donc risquée économiquement et socialement. Impossible pour un commerçant, quel qu’il soit, de payer un loyer normal dans une telle situation”, insistent les signataires. Comme cela déjà été proposé il y a quelques semaines, les fédérations demandent une indexation des loyers sur la réalité de l’activité économique des commerçants. “Bailleurs et commerçants ne doivent avoir qu’un seul but : être encore partenaires en 2021, estiment les fédérations. […] Il faut prolonger ces aides au-delà de la période de fermeture afin d’aider les commerçants à faire face à une diminution de leur activité lors des prochains mois.”

Camille Boulate

Camille Boulate


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