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Rallye, l’actionnaire majoritaire du groupe Casino, placé en procédure de sauvegarde

, par Fabien Soyez

Assommée par une dette de 2,9 milliards d’euros, Rallye, la maison mère de Casino, a obtenu l’ouverture d’une procédure de sauvegarde. Une mesure prise par la société pour mettre fin à une spéculation boursière agressive qui accroît ses difficultés.

 

Rallye, actionnaire à 51 % du groupe Casino, a été placé jeudi 23 mai sous le régime de la procédure de sauvegarde. Avec cette procédure, le service de la dette bancaire et obligatoire de l’entreprise est suspendu pendant une période de 6 mois, renouvelable deux fois – le temps pour elle de négocier avec les créanciers, afin de mener à bien la restructuration financière du groupe.

 

Mettre fin à des attaques spéculatives

Très élevée, la dette de Rallye, qui s’élève à 2,9 milliards d’euros, fragilise la holding ; alors qu’en parallèle, pendant plusieurs mois, révèle Le Figaro, des « fonds prédateurs » spéculaient sur la défaillance de Rallye et l’effondrement du cours de sa filiale Casino, en utilisant la méthode de la vente à découvert – qui consiste à vendre une valeur que l’on ne possède pas pour la racheter plus tard, en pariant sur la baisse d’une action. Les prêts consentis à Rallye étant engagés sur des titres Casino, cette spéculation a provoqué une pression à la baisse du cours du groupe, aggravant les difficultés de Rallye. C’est donc pour mettre fin à cela que Rallye aurait décidé de demander au tribunal de commerce de Paris l’ouverture d’une procédure de sauvegarde.

 

Le groupe Casino se veut rassurant

Le groupe Casino s’est rapidement fendu d’un communiqué pour relativiser les faits. « Nous avons été informés de l’ouverture de procédures de sauvegarde concernant respectivement Rallye, notre actionnaire de référence, et ses filiales Cobivia et HMB, ainsi que les sociétés Foncière Euris, Finatis et Euris. Elles ne concernent pas le Groupe Casino, ni ses activités, ni ses collaborateurs, ni la poursuite de son plan stratégique en cours d’exécution », indique-t-il.
Casino Supermarchés4

 

Selon LSA, Casino a aussi envoyé un e-mail à ses fournisseurs « pour leur expliquer que la situation ne changeait rien », les affaires devant se poursuivre « selon des modalités opérationnelles, financières et contractuelles inchangées ». Et de rappeler que « cette procédure est sans impact sur les opérations du groupe », car elle ne concerne que son actionnaire de contrôle. « Nous restons donc concentrés sur l’exécution de notre plan stratégique, en collaboration active avec nos fournisseurs et nos partenaires, selon des modalités opérationnelles, financières et contractuelles inchangées », conclut ce message.

 

Un plan de sortie de sauvegarde risqué ?

Le plan de sortie de sauvegarde bâti par les administrateurs judiciaires nommés par le tribunal de commerce pourrait passer par un abandon partiel de créances et la renégociation des conditions de leur remboursement. Un plan cependant risqué, puisque les créanciers pourraient demander à prendre le contrôle de Rallye en convertissant leur dette en capital – ce qui entraînerait un changement de contrôle du groupe Casino.

Toutefois, selon le Figaro, qui cite des proches de Casino, « les principales banques de Rallye continueront à faire confiance à Jean-Charles Naouri en tant que dirigeant et les administrateurs judiciaires privilégieront la stabilité du capital ». Casino étant en outre l’un des principaux employeurs privés de France, le gouvernement « devrait se montrer particulièrement vigilant sur le sort » et l’avenir du distributeur français.

En octobre 2018, déjà plombé par sa dette, Rallye s’était résigné à revendre son enseigne Courir à un fonds d’investissement, Equistone Partners Europe, pour 283 millions d’euros. De son côté, en février dernier, le groupe Casino a cédé 40 magasins (de ses enseignes Leader Price, Casino Supermarchés, Hyper Casino et Géant) déficitaires, afin de « poursuivre une ambitieuse politique de développement ». Selon Le Parisien, il s’agirait en fait plus largement d’un « vaste plan de cession », destiné à permettre à Casino de se renflouer financièrement, suite à « une chute d’un tiers de la valeur » de ses enseignes, principalement due à la concurrence du e-commerce.

 

Fabien Soyez

Fabien Soyez
Journaliste Web et Community Manager


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