Vous êtes un réseau coopératif, qu’est-ce que cela implique ?
Brigitte Colin. Sous un format coopératif, nos hôteliers sont totalement indépendants : nous ne pouvons absolument pas intervenir dans leur gestion. La seule chose que l’on fait, c’est un accompagnement de nos adhérents. Nous sommes là pour leur apporter du business. Un hôtelier qui prend notre marque, s’il utilise tous nos services, va avoir un gain important en réservations et en notoriété.
Quels sont les enjeux RH clés en 2025 dans votre secteur d’activité ?
B.C. Je trouve que la thématique de cette année pour la semaine de la QVCT était un bon résumé : parler du travail, et de son environnement. Parce que ça, c’est vraiment important. Aujourd’hui, nous n’avons plus les mêmes personnes en face de nous au recrutement par rapport à il y a quelques années. C’est totalement différent, nous avons la génération Z qui a d’autres attentes que d’avoir seulement un bon salaire. Pour eux, la qualité de vie au travail est fondamentale et passe avant tout par un bon équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Dans l’hôtellerie, les jeunes sont ainsi plus exigeants sur le travail le week-end ou encore le soir.
Comment y répondez-vous ?
B.C. Les hôteliers ont été obligés de changer un petit peu leur fusil d’épaule. S’ils veulent avoir du personnel qui reste, ils ont réalisé des aménagements, par exemple, quant aux horaires. Ils sont plus souples, ils veillent à répartir les rôles, font des roulements pour les week-ends et les soirées, proposent deux jours de repos consécutifs dès que possible…
Vous avez été labellisés ChooseMyCompany : pourquoi vous être lancés dans cette démarche ?
B.C. Nous avons souhaité faire une enquête au niveau de nos équipes du siège, pour ensuite pouvoir proposer à nos hôtels d’adopter la même démarche. Certains avaient des appréhensions car ce n’est pas courant dans notre secteur d’activité. L’enquête a permis de mesurer la dynamique des équipes et le climat dans l’entreprise. Le questionnaire comprend 33 questions d’analyse, avec des réponses de 1 à 5. Ensuite, il y a quatre questions ouvertes, et une pour savoir si nos collaborateurs recommanderaient l’entreprise à leur entourage.
Quels résultats avez-vous obtenus ?
B.C. Nous avons obtenu une double labellisation Choose My Company pour le siège : HappyIndex®AtWork – France 2025 et WorkWell_Index®. Il y a eu un taux de participation de 87,5 %, avec une note globale de 4,3/5 et un taux de recommandation de 81 %. La qualité des décisions managériales (4,6/5), la solidarité (4,7/5) et l’épanouissement personnel (4,6/5) reflètent l’adhésion forte à notre modèle, qui repose sur le collectif, l’authenticité et l’humain. Je trouve que ces labels valorisent la marque employeur. C’est ensuite un vrai plus pour les clients, un gage supplémentaire qu’ils vont se sentir bien dans nos établissements. L’idée, c’est désormais de réaliser l’enquête tous les ans dans une démarche d’amélioration continue et de réussir à embarquer de plus en plus d’hôtels.
Que mettez-vous en place pour les managers et les dirigeants ?
B.C. Nous avons mis en place des formations et des ateliers pour les managers du siège, par exemple cette année autour de la communication. Nous avons une école interne pour les managers de nos hôtels. Nous proposons aussi aux hôteliers un accompagnement juridique. S’ils ont des problématiques sur le social, les contrats de travail, les licenciements ou encore les ruptures conventionnelles, nous avons créé une cellule dont je suis la référente pour les aider et leur faire gagner du temps. Je suis accompagnée d’une avocate spécialisée HCR qui m’aide dans les questions les plus délicates.
Y a-t-il aussi des échanges de bonnes pratiques ?
B.C. Oui, lors de notre congrès annuel qui se passe au début du printemps. Tous les hôteliers s’y rencontrent et nous organisons des ateliers. J’en ai proposé un cette année sur la qualité de vie au travail. L’année précédente, c’était vraiment sur les problématiques sociales. Tout le monde vient échanger. Je suis très à l’écoute. Cette année, je vais aussi aller dans quatre régions de France pour échanger sur des problématiques que nos hôteliers peuvent rencontrer, dans le but que chacun discute et s’aperçoive que les autres font face aux mêmes défis, par exemple en matière de recrutement.
Quid de vos actions en matière de QVT ?
B.C. J’organise des webinaires, avec une thématique différente à chaque fois. L’an dernier, par exemple, c’était sur le harcèlement, avec une psychologue du travail que j’avais trouvée par l’intermédiaire des Ateliers durables, avec un temps dédié le matin aux managers, et un autre l’après-midi aux collaborateurs. Pour moi, c’est une évidence qu’un bon management et une bonne QVT favorisent la performance et la productivité. Pour cela, l’écoute des salariés est clé. Même et surtout quand on est pris par le temps : de petits moments d’écoute, pendant lesquels vous faites ressentir à votre personnel que vous vous intéressez à ce qu’ils font et à ce qu’ils sont, cela change tout.