Classée 11e cette année sur 13 régions métropolitaines pour les intentions d’ouverture en franchise, selon le Baromètre 2025 Ciril Group, la région des Hauts-de-France s’inscrit dans la continuité des années précédentes. Elle se situe dans la moyenne basse du classement national. Pour autant, la région se caractérise par une forte hétérogénéité territoriale, structurée autour de la métropole lilloise, de pôles intermédiaires et de villes secondaires. « La région est relativement stable en termes d’intentions d’ouverture, mais le potentiel se joue surtout à l’échelle locale », observe Nicolas Louis-Amédée, product manager géomarketing chez Ciril Group.
Lille, une valeur sûre
Si le classement au niveau régional ne varie pas, en revanche, il évolue au niveau local. Lille et Roubaix constituent les principaux pôles urbains de la région, devant Amiens. La région est « globalement moins riche qu’ailleurs », tout en comptant « des pôles plus riches, à l’image de Compiègne, Chantilly ou Senlis, qui offrent de réelles opportunités pour s’implanter en franchise ».
Selon le baromètre 2025, le Nord recule dans le classement régional des intentions d’ouverture, se positionnant au quatrième rang, derrière la Somme, l’Oise et l’Aisne. Ce repli n’efface pas pour autant le poids structurel de la métropole lilloise, qui demeure une « valeur sûre » pour les réseaux. Sa particularité réside dans la taille de son territoire d’attractivité commerciale (TAC) : 678 000 habitants, contre 658 000 en moyenne pour les villes de taille similaire. La ville affiche une densité commerciale plus élevée, avec une part de commerces sous enseigne supérieure d’environ 1 % à celle des villes voisines.
Plutôt que d’ouvrir son magasin Archea dans le centre-ville de Lille, Caroline Danel a choisi Lambersart, commune limitrophe : « Nous avons privilégié un emplacement très visible, à proximité du Vieux-Lille, sur un axe passant qui relie l’ensemble des villes de l’Ouest lillois à Lille. » La franchisée met en avant la facilité de stationnement et le profil d’une clientèle familiale à fort pouvoir d’achat. « Les clients se rendent de moins en moins dans Lille intra-muros. En centre-ville, le stationnement est payant et saturé : cela fait une réelle différence. »
Dix zones dans le Top 100
Entre Compiègne, Cambrai, Abbeville, Beauvais, Creil, Amiens ou encore Soissons, la région compte près d’une dizaine de territoires classés dans le Top 100 national en termes de TAC. Compiègne s’impose cette année comme le premier territoire de la région, avec une 22e place au niveau national, contre la 36e l’an dernier. « C’est le territoire le plus riche », souligne Nicolas Louis-Amédée. « La ville joue un rôle d’intermédiaire entre de grands pôles urbains et des territoires secondaires. »
Certains territoires atypiques attirent par leur proximité avec la côte et leur aspect touristique. À la tête du réseau de boulangeries éponyme, implanté à Étaples, Sophie Lebreuilly souligne le potentiel des Hauts-de-France pour le commerce du quotidien : « Les Hauts-de-France constituent pour nous un territoire stratégique, à la fois dynamique et profondément ancré dans une culture de commerce de proximité. » La ville côtière et touristique de Berck, classée deuxième dans la région, présente un TAC de 27 000 habitants au quotidien, sans compter les afflux touristiques tout au long de la saison.