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Clémence & Antonin : Quand le service fait toute la différence

Avec 11 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et 750 000 repas produits, Clémence & Antonin franchit un cap. Spécialisée dans le portage de repas à domicile pour les seniors, l’enseigne a structuré son modèle autour d’une production internalisée et d’un maillage territorial précis. Focus sur un concept accessible, positionné sur un marché porté par le vieillissement de la population.

Tout a commencé dans la Vienne (Nouvelle-Aquitaine) en 2013, quand Stéphane Omer a eu un déclic. « Pendant ma crise de la quarantaine, j’ai eu envie de créer mon entreprise, je voulais la fonder dans ma région natale, raconte-t-il. Lors de ma carrière en restauration collective, j’ai travaillé dans de nombreux EHPAD et maisons de retraite. J’ai un profond respect pour les personnes âgées. » Le concept de portage de repas est alors devenu évident pour lui : « Je voulais proposer un service de qualité pour les seniors, une alternative au manque de choix que j’observais chez un concurrent de longue date. »

Concrètement, l’entreprise prépare et apporte des repas à domicile, majoritairement à des seniors. Au départ, le fondateur s’appuie sur une cuisine partenaire et assure lui-même les livraisons. « Puis l’entreprise a grandi, passant d’une simple camionnette à une unité de production culinaire. Aujourd’hui, nous fabriquons nos propres repas non seulement pour nos clients, mais aussi pour nos franchisés et futurs franchisés. » Stéphane Omer s’est associé à son épouse pour créer Clémence & Antonin, en référence aux prénoms de leurs enfants. « Mon épouse et moi sommes copropriétaires, chacun à 50 %. Elle s’occupe de toute la partie administration et finances, tandis que moi, je gère le reste », explique-t-il.

Le tournant stratégique intervient en 2020, en pleine crise sanitaire. Six millions d’euros ont été investis dans une cuisine centrale, opérationnelle depuis février 2022 : « Trois ans plus tard, nous manquions déjà d’espace. » Un nouveau siège social, pour plus de deux millions d’euros, est venu accompagner la croissance et transformer les anciens locaux en chambres froides. Aujourd’hui, le réseau compte trois agences en propre et trois en franchise.

Du premium compétitif

Clémence & Antonin s’adresse quasi exclusivement aux seniors vivant à domicile. « Dans les faits, 99,9 % de nos clients sont des personnes âgées, à domicile ou en résidence services. Nous n’intervenons pas en EHPAD ni en maisons de retraite, poursuit le fondateur, qui précise que le cœur de métier est le « portionnage » individuel livré à domicile, y compris en zones rurales. Notre mission, c’est d’accompagner les personnes âgées le plus longtemps possible à leur domicile, avec de la qualité, y compris dans les zones les plus reculées. Dès que nous couvrons un territoire, en propre ou en franchise, nous couvrons l’intégralité de la zone, sans exception. »

Le positionnement se veut premium, mais compétitif. Depuis l’internalisation de la production, l’enseigne peut se permettre de supprimer la marge intermédiaire. Aujourd’hui, un repas complet livré (potage, entrée, plat, légume, fromage, dessert et pain) est facturé 13,20 euros. Avec le crédit d’impôt service à la personne, le reste à charge descend à environ 10 euros, selon Stéphane Omer. La consommation moyenne s’établit à 5,8 repas par semaine. Mais, au-delà de l’assiette, c’est aussi le service qui fait la différence : « Le repas est souvent le moment de convivialité de la journée. Et surtout, il y a la visite du livreur (…) Dans certaines zones rurales, la Poste ne passe plus tous les jours, alors le livreur devient un repère, une présence rassurante. »

Des territoires calibrés au potentiel démographique

En 2020, le marché des seniors en France représentait 130 milliards d’euros : il pourrait atteindre les 180 milliards en 2030*. Les services d’aide à domicile représentent la plus grande part du marché SAP. Le vieillissement de la population alimente la croissance de la silver economy, qui englobe l’ensemble des activités économiques destinées aux seniors. Le maintien à domicile constitue aujourd’hui un enjeu majeur, tant pour les familles que pour les pouvoirs publics. S’il voit de belles perspectives pour le secteur, Stéphane Omer nuance.

« On parle beaucoup du papy boom, mais je n’observe pas encore d’explosion, confie-t-il. Les gens vieillissent mieux et en meilleure santé. En 2013, on entrait dans le dispositif à 76 ou 78 ans. Aujourd’hui, c’est plutôt autour de 83 ou 85 ans. Les clients arrivent plus tard et restent moins longtemps. » Selon lui, les projections démographiques laissent entrevoir « 15 à 20 ans de croissance portée par le papy boom. » Afin d’accélérer le développement et de devenir une référence nationale du portage de repas, Stéphane Omer a ouvert son concept à la franchise avec une première ouverture en 2022.

Pour la répartition des territoires, le réseau a adopté une logique de découpage fondée sur des données INSEE. « Nos zones correspondent à des bassins de 38 000 à 42 000 habitants de plus de 75 ans (…) C’est plus équitable, plus transparent et juridiquement solide dans le cadre de la loi Doubin », assure le fondateur. Des perspectives qui ont séduit Franck Thiriet, premier franchisé de l’enseigne. Il a ouvert son agence à Nantes en 2022, après plus de vingt ans dans la distribution et la livraison à domicile. « À l’approche de mes 50 ans, l’idée d’entreprendre me trottait dans la tête, raconte-t-il. Ce qui m’a séduit, c’est aussi le modèle 100 % intégré. Tout est maîtrisé, de la préparation des repas jusqu’au service. »

Le développement est progressif, mais maîtrisé. « Ce n’est pas une activité où l’on ouvre et où tout explose dès le premier jour (…) On démarre modestement, puis la progression se fait de manière régulière et linéaire. » Pour autant, il affirme avoir été rentable dès la première année, et insiste aussi sur la dimension humaine. « Nous sommes dans un métier de proximité, utile », rappelle-t-il.

À La Rochelle, Pierre Gendre, ancien professionnel de l’immobilier, recherchait justement « une activité qui ait davantage de sens » : « Je connaissais déjà le portage de repas à domicile, puisque mon grand-père bénéficiait de ce service. En approfondissant mes recherches, j’ai découvert Clémence & Antonin. J’ai visité l’entreprise, découvert la cuisine centrale avec Stéphane et échangé avec l’équipe. J’ai senti que c’était le bon moment pour rejoindre une structure solide et prête à accueillir de nouveaux franchisés. » Selon lui, le modèle permet également de se concentrer sur le développement commercial et la relation client.

Allez plus loin

Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°257 d’avril-mai 2026.

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*Selon François Bayrou, alors Haut-commissaire au Plan en février 2023, dans un rapport sur le ‘’Vieillissement de la société française’’.

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