C’est une conversation entre deux amis qui a tout déclenché. À l’époque, Hadri Jaffal mène une vie à cent à l’heure : marié, deux enfants, peu de temps pour lui. Son associé, Johan Ghu, sportif assidu, lui parle d’une technologie d’électrostimulation (EMS) découverte en Allemagne : « On se rend alors compte tous les deux que 80 % de la population est un peu dans mon cas : manque de temps, de motivation, ou d’intérêt pour aller faire du sport plusieurs fois par semaine, mais avec l’envie de se sentir bien, d’être en bonne santé, ou de perdre du poids. »
Apparus en Allemagne dans les années 2000, les studios d’EMS reposent sur une technologie d’électrostimulation, qui consiste à stimuler les muscles par des impulsions électriques via des combinaisons pour améliorer la force, la tonicité et la remise en forme en séances courtes et ciblées. Le duo s’inspire alors de ce modèle germanique et décide de l’adapter au mode de vie français. En 2015, le premier studio Iron Bodyfit voit le jour aux Angles, près d’Avignon dans le Gard (30). L’année suivante, la franchise se structure : contrat, DIP, formation… tout est mis en place pour encadrer le développement. « À partir d’avril 2016, on a lancé le premier franchisé. En janvier 2017, on comptait déjà 13 studios ouverts », résume le cofondateur.
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#39. Iron Bodyfit avec Hadri Jaffal, co-fondateur
Un modèle fondé sur la culture du service
« Nous proposons des séances d’électrostimulation, qui permettent de travailler dix zones musculaires en même temps et de réaliser en 25 minutes l’équivalent de quatre heures d’entretien musculaire. Aujourd’hui, 80 % de notre clientèle est féminine et a entre 30 et 65 ans », complète Hadri Jaffal. Pour chaque séance, le client enfile une combinaison connectée à un équipement d’électrostimulation et est encadré par un coach. Mais ce n’est pas la technologie qui fait la différence, selon le cofondateur : « Notre innovation, c’est la culture du service. On mise sur la posture, la bienveillance et la formation continue, comme dans l’hôtellerie. » Le réseau a d’ailleurs été élu « Meilleure satisfaction client » quatre années de suite dans la catégorie Salles de sport, un titre décerné par WizVille qui traduit l’importance accordée à l’expérience en studio.
Des profils variés, unis par une même philosophie
Chez Iron Bodyfit, les franchisés ont des profils multiples. « Nous sélectionnons les franchisés avant tout sur la culture et les valeurs, pas sur le CV, affirme le dirigeant du réseau. Nous nous adressons surtout à des néo-entrepreneurs. Nous préférons accompagner ces profils plutôt que des investisseurs qui veulent ouvrir plusieurs unités. Nous avons, par exemple, Christophe, un franchisé qui a dirigé plusieurs entreprises et enseigné dans une école de commerce, et, à l’opposé, Mattéo, une vingtaine d’années, qui a ouvert sa première entreprise. »
À seulement 24 ans, Mattéo Picherie incarne en effet la nouvelle génération Iron Bodyfit. Ancien commercial dans les matériaux de construction, il a repris le studio de Rezé, près de Nantes, en 2024 : « Je connaissais le concept comme client au studio de Rezé, et j’ai appris qu’il était à reprendre. » En novembre 2024, il prend officiellement la tête de ce studio en difficulté, le premier de l’agglomération nantaise. « J’ai dû aller chercher certaines infos moi-même, mais dès que j’ai sollicité le réseau, j’ai eu des réponses rapides. Même Hadri [Jaffal], le fondateur, me répond en deux minutes sur WhatsApp », illustre-t-il.
Le réseau compte donc de jeunes entrepreneurs, mais aussi d’anciens salariés en reconversion ou des couples en quête d’un nouveau projet de vie. C’est le cas de Jérémy Lepretre et de son épouse Delphine, ancienne infirmière. « Ma femme n’était plus en accord avec son métier. Nous avons découvert Iron Bodyfit par hasard, et deux jours plus tard, on rencontrait le réseau », raconte-t-il. Le coup de cœur est immédiat : « Pour être transparent, on a tout signé avec eux sans même avoir testé la machine ! » Quatre ans plus tard, ils exploitent trois studios à Saint-Quentin, Cambrai et Amiens.
« Ce qui nous a séduits, c’est la simplicité et l’accompagnement. Nous sommes guidés à chaque étape, du plan d’aménagement jusqu’à la gestion quotidienne. Et surtout, ils écoutent vraiment. Quand nous avons une question, il y a toujours quelqu’un pour répondre », poursuit Jérémy Lepretre. Un constat partagé par Pauline Olivier, franchisée à Artix, près de Bordeaux, depuis octobre 2024. Ancienne directrice commerciale dans la cosmétique, cette mère de trois enfants cherchait à redonner du sens à sa vie professionnelle : « Je n’étais plus alignée avec mon métier. Iron Bodyfit m’a apporté un projet humain, une aventure entrepreneuriale où je me sens utile. » Convaincue par le soutien du réseau, elle prépare déjà l’ouverture d’un second studio en 2025. « Dès qu’on a un problème, on appelle, on envoie un mail, et on obtient une réponse. On n’est jamais laissés seuls », se réjouit-elle.
Un secteur encore méconnu ?
Pour les franchisés interrogés, les principaux défis viennent de l’acquisition client et de la gestion des salariés. Si le secteur connaît une croissance importante, notamment grâce aux enseignes comme Iron Bodyfit ou Bodyhit, il reste moins connu que les salles de fitness. « La franchise a dix ans, mais quand j’en parle autour de moi, peu de gens connaissent Iron Bodyfit. C’est dommage », confie Jérémy Lepretre. Il regrette en effet un manque de notoriété nationale, selon lui, malgré un fort potentiel encore inexploité. « Mais nous sommes bien accompagnés, tempère-t-il. Le mot d’ordre, c’est de réussir l’ouverture. Le mois la précédant, on doit trouver des gens pour essayer. On a arpenté les rues, inondé les réseaux sociaux, contacté des associations et des groupes de professionnels pour se faire connaître. »
Iron Bodyfit.
Pour ce franchisé, le potentiel de développement est encore énorme : « On ne touche pas encore assez les seniors, il y a beaucoup à faire sur cette cible. » Pour Pauline Olivier, la difficulté provient davantage de la gestion des équipes, notamment en multi-franchise. « Si on a un seul studio et qu’on y est présent au quotidien, nous communiquons directement notre énergie, à la fois à nos salariés et à nos clients, précise-t-elle. Mais quand on devient multi-franchisé, on est forcément amené à sortir du studio. Il faut donc être un véritable leader pour transmettre nos valeurs et notre énergie, afin que notre équipe fasse vivre le studio même en notre absence. »
Mattéo Picherie remarque, quant à lui, que le recrutement est un souci fréquemment soulevé par ses confrères franchisés : « Personnellement, je n’ai pas eu trop de problèmes là-dessus, mais beaucoup d’autres franchisés ont des difficultés selon les bassins d’emploi. Cela dépend beaucoup de la ville. Et puis, il y a les défis classiques de tout entrepreneur : les hauts, les bas, les moments de doute. Il faut savoir rebondir et ne jamais lâcher. » Son conseil ? « Écoutez la franchise. Ceux qui veulent faire à leur manière ont souvent du mal. Si on joue le jeu, cela fonctionne. » Aujourd’hui, son studio affiche une croissance solide. Le jeune franchisé envisage même une deuxième ouverture.
Une croissance ambitieuse
En 2024, Iron Bodyfit a ouvert 34 nouveaux studios en France et 60 dans le monde, poursuivant un développement soutenu. « Le défi, c’est de croître sans cannibaliser les zones existantes. Nous ciblons des villes de 30 000 à 50 000 habitants, souvent en périphérie, à vingt minutes du centre », détaille Hadri Jaffal. Accessible avec un apport de 30 000 à 40 000 euros pour un investissement global d’environ 150 000 euros, le réseau vise 300 studios en France à moyen terme, tout en accélérant son expansion en Amérique du Nord. Mais, pour le fondateur, la clé du succès reste la même qu’au premier jour : « Nous ne regardons pas que les chiffres. Une franchise, c’est avant tout une culture et un projet auquel on doit adhérer. »
Allez plus loin
Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°255 de décembre /janvier 2026.