À l’approche de la saison estivale, les réseaux de franchise situés dans des zones touristiques s’apprêtent à accueillir une clientèle internationale. Si cette affluence représente une opportunité évidente de chiffre d’affaires, elle s’accompagne aussi d’un enjeu souvent sous-estimé : le coût des paiements par carte étrangère. Derrière chaque transaction réalisée avec une carte internationale se cachent en effet des frais spécifiques qui peuvent peser significativement sur la rentabilité des points de vente.
Les cartes internationales, un coût souvent sous-estimé
Dans les zones touristiques, la part des paiements effectués avec des cartes non domestiques peut rapidement devenir majoritaire pendant les mois d’été. Or, ces transactions sont généralement associées à des commissions sensiblement plus élevées que les cartes nationales. En Europe, les frais d’interchange sont plafonnés à 0,2 % pour les cartes de débit et 0,3 % pour les cartes de crédit domestiques).
Mais ces plafonds ne s’appliquent pas aux cartes internationales hors Union européenne ni à certaines cartes premium ou professionnelles. Pour celles-ci, les commissions peuvent atteindre 1,5 % à 2 % par transaction, voire davantage pour des cartes corporate.
À cela s’ajoutent les frais de réseau et d’acquisition, qui portent le coût total pour le commerçant à 1,5 % à 2,75 % du montant payé. Pour un franchisé, l’impact est souvent invisible à l’unité, mais significatif à l’échelle d’une saison touristique.
DCC et surcharging : deux leviers aux usages très encadrés
Face à cette réalité, deux mécanismes sont régulièrement évoqués pour optimiser les coûts : le Dynamic Currency Conversion (DCC) et le surcharging. Le DCC permet au client étranger de payer dans sa devise d’origine directement au moment de l’achat, en affichant un montant converti en temps réel. Pour le commerçant, ce dispositif génère un revenu additionnel lié à la conversion, tout en offrant au client une meilleure lisibilité du montant débité. Bien utilisé, il peut constituer un levier d’optimisation intéressant, notamment dans des zones à forte fréquentation internationale, à condition de rester transparent sur les taux appliqués.
Le surcharging, qui consiste à répercuter une partie des frais de paiement sur le client, est une autre approche. Toutefois, son utilisation est strictement encadrée en Europe et interdite pour les cartes grand public émises dans l’Espace économique européen. Au-delà du cadre réglementaire, il soulève également des questions d’acceptabilité. Dans un environnement touristique où la concurrence est forte, afficher un surcoût au moment du paiement peut dégrader l’expérience client et nuire à l’image de l’enseigne.
Un enjeu stratégique pour les réseaux de franchise
Pour les réseaux de franchise, ces enjeux prennent une dimension particulière. Chaque point de vente est exposé différemment selon sa localisation, mais l’expérience client doit rester homogène à l’échelle du réseau. Il ne s’agit donc pas seulement d’optimiser les coûts individuellement, mais de définir une stratégie cohérente, pilotée au niveau de l’enseigne. Cela suppose de donner aux franchisés des outils et des recommandations claires, tout en tenant compte des spécificités locales, notamment dans les zones à forte clientèle internationale.
Au-delà du DCC et du surcharging, la maîtrise des coûts liés aux cartes internationales passe avant tout par une meilleure compréhension des flux de paiement. Identifier la part de transactions internationales, analyser les coûts associés, adapter les contrats d’acquisition ou encore optimiser le routage des paiements sont autant de leviers souvent sous-exploités. Dans ce contexte, le rôle du prestataire de paiement est clé pour accompagner les franchisés avec des solutions adaptées à leur activité et à leur zone de chalandise.
Pour les franchises situées en zones touristiques, et à l’heure où chaque point de marge compte, le paiement représente un véritable levier de pilotage de la performance. Anticiper les spécificités des cartes internationales, comprendre les mécanismes de coût et adopter les bons outils permet non seulement de préserver la rentabilité, mais aussi d’offrir une expérience de paiement fluide et transparente à une clientèle exigeante et internationale.