Dans un contexte de pression persistante sur le pouvoir d’achat, les instituts de beauté évoluent sur un marché paradoxal. D’un côté, l’inflation durable oblige les ménages à arbitrer davantage leurs dépenses et pénalise les prestations jugées discrétionnaires. En outre, la concurrence des alternatives à domicile, du retail ou du DIY s’intensifie sur certains segments de soins. Certaines clientèles reportent des soins ou optent pour des alternatives à domicile (équipements IP, appareils high-tech personnels). Une tendance que confirme Dominique Munier, directeur général adjoint du groupe Novi, à la tête des instituts Beauty Success et JFG Clinic, et président du syndicat patronal représentatif UPB (Union des professionnels de la beauté et du bien-être) : « Les arbitrages se font de plus en plus en faveur du DIY ou des pratiques à domicile. »
Et si la dynamique globale du marché de la beauté demeure positive, la tension conjoncturelle n’épargne pas les réseaux organisés. « À l’image des autres modèles économiques, la franchise, comme l’ensemble des activités commerciales de notre pays, a souffert cette année d’une situation politico-économique perturbée après la dissolution de l’Assemblée nationale », estime Régine Ferrère. Pour la présidente de la Confédération nationale de l’esthétique parfumerie (CNEP) et vice-présidente de l’UPB, les Français ont freiné leur consommation : « L’esthétique relève d’une consommation dite “plaisir”, ce qui en fait une variable d’ajustement des dépenses des ménages, dans un contexte où ces derniers ont privilégié l’épargne ». Le discours se veut toutefois plus rassurant à moyen terme. « Nous terminons la période post-Covid qui avait engendré de nombreuses fermetures. Arrivant au terme des PGE, l’horizon s’éclaircit pour le secteur. Cela va redonner de la trésorerie aux entreprises et leur permettre de réinvestir et de se développer », glisse Dominique Munier.
Une offre de plus en plus segmentée
Néanmoins, le cabinet d’études sectorielles Xerfi souligne que, si les instituts de beauté et de bien-être constituent le principal circuit de soins esthétiques (visage, corps, épilation, manucure, maquillage), ils doivent faire face à une concurrence accrue d’acteurs positionnés sur la beauté et le bien-être, à l’image des parfumeries sélectives, des spas hôteliers, des centres de thalassothérapie ou encore des établissements thermaux.
Pour se hisser parmi les grands acteurs, ils doivent répondre aux dernières tendances en matière d’offres, que sont la clean beauty, la durabilité, la naturalité ou encore la montée en puissance de la beauty tech. Dans ce paysage en recomposition, plusieurs réseaux franchisés structurent et dominent le marché. Parmi eux, Beauty Success, enseigne du groupe Novi, figure parmi les principaux acteurs du secteur. Le réseau revendique près de 500 instituts en France et à l’international, dont plus de 200 exploités en franchise, un périmètre qui inclut également les instituts issus de la reprise d’Esthetic Center et Citron Vert. Cette forte présence témoigne de la capacité du réseau à associer vente de produits, prestations de services et conseil dans un même lieu, tout en capitalisant sur une notoriété ancienne.
« Nous avons monté en gamme nos instituts. Lorsque nous avons regroupé l’ensemble de nos enseignes d’instituts sous la marque Beauty Success, historiquement associée à une image plutôt premium en raison de son activité de parfumerie, nous avons fait évoluer l’identité visuelle et architecturale de nos points de vente, tout en enrichissant l’offre de soins, notamment avec l’intégration de certaines marques issues du sélectif », explique Dominique Munier, directeur général adjoint du groupe Novi.
Cette dynamique d’intégration d’acteurs plus petits dans des réseaux plus larges illustre une tendance à la consolidation. De son côté, une enseigne comme L’Onglerie, franchise spécialisée dans la beauté des mains, des pieds et des ongles, regroupe aujourd’hui environ 115 instituts en France et poursuive son développement en visant, à terme, un réseau d’environ 150 établissements. D’autres acteurs historiques, comme Body Minute, prônent des formats « sans rendez-vous » et des concept stores dédiés exclusivement à la clientèle féminine, centrés sur des soins rapides, une gamme de cosmétiques performants à petits prix et l’épilation, avec aujourd’hui une évolution vers l’épilation IPL. Avec plusieurs centaines d’unités en France, l’enseigne a largement contribué à l’essor des instituts de proximité dédiés à des prestations ciblées. Ces réseaux illustrent une diversité de formats répondant à des segments de clientèle variés : du soin rapide (épilation, manucure) à des soins plus élaborés, voire technologiques, en passant par des concepts hybrides alliant cosmétique, bien-être et services spa.
Allez plus loin
Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°256 de février-mars 2026.