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Consommation : « Les Français sont devenus à la fois chasseurs de prix et chercheurs d’émotions »

En 2025, la consommation des Français ne s’effondre pas, mais elle ne progresse plus comme avant. Pour le groupe BPCE, ce basculement marque l’entrée dans une nouvelle ère de consommation, faite d’arbitrages permanents, de rationalisation et de plaisirs choisis.

« En moyenne, la consommation progresse de +1,1 % par rapport à 2024, une croissance alignée sur l’inflation, explique Myriam Dassa, directrice du Baromètre Digital & Payments de BPCE. C’est la première année où la consommation globale ne progresse pas plus vite que l’inflation depuis la création du baromètre en 2020. »

La consommation des Français peut se diviser en trois tendances : les dépenses de nécessité rationnalisées, une consommation discount et digitalisée pour un certain type d’achats, et des dépenses sanctuarisées quand l’émotion et l’expérience entrent en jeu.

Consommation en 2025 : les dépenses de nécessité sous contrôle des ménages français

D’après le baromètre du groupe BPCE, les dépenses dites de nécessité, au cœur du budget des ménages, sont désormais sous contrôle. « Les dépenses par carte bancaire, tous secteurs confondus, atteignent un indice de 112 en 2025, alors que les dépenses de nécessité, alimentation et mobilité, n’atteignent qu’un indice de 107 », affirme Myriam Dassa. Autrement dit, ces postes progressent moins vite que la consommation globale.

Si l’alimentation reste un poste majeur, les comportements ont évolué en profondeur. « En 2025, elle représente à elle seule 23 % de toutes les dépenses par carte bancaire, poursuit Myriam Dassa. Notre édition 2026 met en lumière une convergence entre l’alimentaire traditionnel et l’alimentaire discount ». Les dépenses progressent au même rythme (+1,5 %) et, surtout, le panier moyen s’est uniformisé à 36 euros, que ce soit en supermarché traditionnel ou chez un discounter. « 62 % des consommateurs français sont clients du discount alimentaire », précise-t-elle.

On retrouve la même logique côté mobilité. « Les dépenses de carburant reculent en moyenne de 2 % en 2025 », souligne Myriam Dassa, en grande partie grâce à la baisse des prix, mais aussi à une rationalisation des usages. Les mobilités douces et partagées progressent lentement mais sûrement. « 36 % des consommateurs français ont utilisé des transports en commun, du covoiturage ou des solutions partagées. »

Mode et maison : comment le discount et le digital transforment la consommation des Français

Sans grande surprise, lorsque les Français arbitrent, la mode et l’aménagement de la maison sont les premières variables d’ajustement. « Ces deux univers ont un point commun : la consommation s’oriente vers des discounters physiques et, de plus en plus, vers des plateformes digitales d’ultra-discount », explique Myriam Dassa.

En 2025, les dépenses de prêt-à-porter sont en baisse de 1,5 %. En parallèle, la seconde main progresse fortement, avec une hausse de 13 %. « Un Français sur cinq a acheté de la mode de seconde main en 2025. Elle ne se limite plus à la bonne affaire ponctuelle, elle devient un réflexe régulier pour composer sa garde-robe ».

L’étude démontre également que les clients de plateformes comme Shein ou Temu sont aussi friands d’articles de seconde main. « Parmi les consommateurs de plateformes d’ultra-fast fashion, la moitié consomme également de la seconde main. Les Français jouent sur tous les tableaux pour tirer le meilleur parti du digital ».

Dans l’univers de la maison, la tendance est comparable. Les dépenses globales progressent faiblement (+0,5 %), mais les biens d’occasion et reconditionnés progressent de 3,5 %. Le discount non alimentaire, majoritairement composé de réseaux physiques, reste attractif. « Mais, la grande nouveauté de 2025, c’est la percée fulgurante des plateformes digitales d’ultra-discount, avec une hausse des dépenses de +69 % en un an ».

Loisirs, restauration et voyages : les dépenses plaisir que les Français préservent

Enfin, si les Français rationalisent certaines dépenses, ils en sanctuarisent d’autres. « Cette catégorie de plaisirs préservés représente 26 % des dépenses par carte bancaire, rappelle Myriam Dassa. Tous les secteurs de la convivialité sont au vert ». La restauration traditionnelle progresse, mais la restauration rapide est encore plus dynamique, avec une hausse de 2 % des dépenses par carte. D’après l’étude, près de 8 Français sur 10 consomment de la restauration rapide en 2025 (contre 7 sur 10 en 2021). Les boulangeries-pâtisseries bénéficient quant à elles de la généralisation du snacking, avec des dépenses en hausse de 3,5 %.

Les Français continuent aussi de prendre soin d’eux. Les dépenses dans les salons de coiffure et de beauté progressent de 2,5 %, avec un panier moyen stable. Côté loisirs et voyages, la logique est similaire. « Les Français ne voyagent pas moins, ils fragmentent leurs dépenses », observe Myriam Dassa. Les activités culturelles et locales confirment leur rôle d’« espace refuge », accessible et porteur d’émotion. « Ce n’est plus la distance ou la durée du séjour qui crée la valeur, mais l’expérience vécue. »

Le baromètre dessine donc le portrait d’un consommateur français plus rationnel dans ses achats, mais toujours en quête d’émotions. « Les Français sont devenus à la fois chasseurs de prix et chercheurs d’émotions », résume Myriam Dassa.

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