C’est un constat qui ressort de la première édition de l’Observatoire économique des secteurs d’activité consacré à la restauration, lancé mercredi 26 août par l’Umih et l’Ordre des experts-comptables dans le cadre de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF).
Au moins un quart des entreprises de restauration sont déficitaires en 2025. La marge brute et la valeur ajoutée reculent également. Les chiffres de l’étude, présentée par Thierry Marx, président confédéral de l’Umih, indiquent un retournement récent après la progression enregistrée en 2024.
Le résultat décroche davantage dans la restauration traditionnelle
La dégradation est particulièrement visible dans la restauration traditionnelle. Le résultat moyen baisse de 11,8 % en 2025 pour atteindre 24 651 euros, après avoir progressé en 2024. La restauration rapide connaît la même tendance, mais avec une baisse moins importante du résultat moyen. Celui-ci recule de 7,1 % en 2025, à 22 179 euros. Là encore, au moins un quart des entreprises sont déficitaires. Dans les deux activités, plus de la moitié des entreprises enregistrent une baisse de leur résultat. Les écarts de résultats entre les entreprises se creusent également, avec un écart particulièrement marqué dans la restauration rapide.
L’activité résiste, mais les marges de manœuvre se réduisent
Le ralentissement de 2025 reste pour l’instant limité sur l’activité. Dans la restauration traditionnelle, la marge brute recule de 1 % et reste 2,5 % au-dessus de son niveau de 2023. Dans la restauration rapide, elle baisse de 0,8 % en 2025 et demeure supérieure de 1,1 % à celle de 2023.
Mais cette résistance de l’activité ne se retrouve pas dans la rentabilité d’exploitation. L’EBE recule de 4,2 % dans la restauration traditionnelle et de 2,6 % dans la restauration rapide, malgré une légère baisse des charges de personnel. Dans les deux cas, il repasse sous son niveau de 2023.
La restauration rapide conserve toutefois un niveau de rentabilité d’exploitation plus élevé : son EBE représente 10,71 % du chiffre d’affaires en 2025, contre 8,53 % pour la restauration traditionnelle.
Des écarts importants selon les territoires
Les écarts territoriaux sont eux aussi importants. Dans la restauration rapide, la Nouvelle-Aquitaine affiche par exemple une progression de 22,6 % de son résultat depuis 2023, tandis que l’Île-de-France recule de 13,9 %. La restauration traditionnelle présente également des trajectoires régionales très contrastées : la Guyane affiche le résultat moyen régional le plus élevé, à 34 932 euros, devant l’Île-de-France et La Réunion. Le résultat progresse donc légèrement en Guyane, tandis qu’il recule de 7,3 % en Île-de-France et de 24,8 % à La Réunion.
L’étude relève également des évolutions moins favorables dans plusieurs régions, notamment l’Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire, le Grand Est, les Pays de la Loire, la Nouvelle-Aquitaine et les Hauts-de-France.
Pour les restaurateurs, l’enjeu des prochains mois sera donc moins de retrouver les niveaux d’activité de 2024 que de restaurer leurs marges et leur rentabilité. L’évolution des résultats permettra de voir, lors des prochaines éditions de l’Observatoire, si le retournement observé en 2025 reste ponctuel ou s’inscrit dans la durée.