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Assises du Commerce : “On ne luttera pas contre la progression inéluctable du digital”

, par Camille Boulate

Trois mois après les premières Assises du Commerce, il est temps de dresser un premier bilan. Véronique-Discours Buhot, déléguée générale de la Fédération Française de la Franchise, revient sur les principales attentes.

Quel est votre sentiment sur ces premières assises du commerce ?

Nous avons assisté, début janvier, à la restitution des Assises. Ces travaux ont été très riches de la réflexion des nombreux acteurs du commerce qui y ont participé dont la FFF. Ce qui fait consensus aujourd’hui c’est que le commerce est effectivement très important dans l’économie et qu’il en est arrivé à son point de rupture. Rupture qui est provoquée par plusieurs éléments, comme l’arrivée de nouveaux acteurs qui révolutionnent le marché global du commerce. Ceux-ci redistribuent un peu les cartes il était important de noter leur rôle dans la restitution.

La deuxième chose reste les nouvelles aspirations un peu contradictoires des consommateurs qui veulent toujours plus de qualité, en savoir plus sur la constitution et la fabrication de leurs produits sans pour autant être prêts à payer davantage. Et enfin, l’importance que prend la part des ventes digitales, qui est passée de 3,8 % en 2010 à 15 % en 2021, a été mise en avant.

On voit bien que c’est un trend sur lequel il va falloir s’interroger et qui va très probablement modifier l’équation du commerce. Ce qui implique de devoir s’y préparer, induisant par là même, des investissements très importants, que cela soit au niveau du digital mais aussi de la formation. Autant de points à traiter pour construire un avenir viable pour le commerce.

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Lors du lancement de ces Assises, mi-décembre, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a estimé qu’il fallait travailler sur l’égalité de traitement entre acteurs du digital et du commerce physique. Est-ce qu’il y a eu des avancées dans ce domaine ?

Les demandes qui ont été faites concernent surtout les aides aux investissements. On est conscient qu’on ne luttera pas contre cette tendance inéluctable qu’est la progression du digital. Ce qu’il faut, c’est que l’ensemble du commerce puisse s’y préparer au mieux. Et on est très loin d’avoir investi suffisamment dans ce champ. C’est pour cela que de nombreuses mesures ont été demandées, notamment pour permettre une baisse des taxes et une augmentation des aides sur ces investissements indispensables, au rétablissement d’une meilleure compétitivité. Après, sur cette notion d’équité, il y a d’autres dispositions qui ont été demandées et sur lesquelles notre fédération va vraiment être vigilante. Notamment concernant les loyers. Là, il y a tout un volet qui a été discuté, notamment avec la révision de l’ILC.

Aujourd’hui, on a un indicateur des loyers commerciaux qui est en très forte progression, + 2,6 % et + 3,46 % sur les deux derniers trimestres. Parallèlement, les chiffres d’affaires réalisés dans les magasins physiques tendent à se réduire.

C’est un peu contradictoire. Il convient de retravailler cet indice, ou tout du moins sa méthode de calcul. C’est quelque chose d’assez controversé mais c’est un point qui a été noté dans la restitution des Assises et nous sommes très contents de savoir qu’il y aura probablement très rapidement un groupe de travail ad hoc pour se pencher sur cette relation bailleurs/locataires.

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Est-ce que la FFF a été impliquée sur des sujets bien précis ?

Nous avons été mobilisés sur plusieurs sujets, mais particulièrement sur tout ce qui touchait aux baux commerciaux et à leur encadrement ainsi qu’à l’urbanisme. Sur la partie de l’organisation des territoires, l’idée d’augmenter le nombre de managers de centre-ville nous semble prometteuse. Ne plus uniquement les cantonner au centre-ville mais à l’ensemble du territoire et à sa périphérie nous semble déterminant. Vouloir gérer le centre-ville sans penser aux centres commerciaux reste très dommageable. Le besoin de coordination dans l’aménagement des territoires s’avère crucial.

Camille Boulate

Camille Boulate


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