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Entretien automobile : quels moteurs de croissance ?

, par Nicolas Monier

Dans un climat marqué par la tension sur les approvisionnements et la crise énergétique, le secteur cherche à ne pas étrangler les ménages qui devront nécessairement arbitrer dans leur poste de dépense. Par ailleurs, les enseignes veulent aujourd’hui plus que jamais sortir de leur métier historique pour aller capter d’autres leviers de croissance. Entre économie circulaire, mobilités électriques et flottes professionnelles.

Si l’exercice 2021 a été porté par la bonne dynamique du secteur, force est de constater que l’année en cours aura été marquée par la crise ukrainienne et la flambée du coût des matières premières. Pour autant,“les chiffres d’affaires de l’entretien-réparation auto et du commerce de détail de pièces de rechange progresseront de 6 % en 2022”, indique Xerfi* dans une étude publiée en mai 2022. Dans un contexte fortement inflationniste, quels seront alors les comportements des Français dans l’arbitrage des postes de dépense ? “Les ménages, pour lesquels l’automobile constitue le deuxième poste de dépenses après le logement, auront tendance à restreindre d’une part leur déplacement d’agrément du fait de l’envolée des prix des carburants et, d’autre part, leurs dépenses en entretien réparation (d’autant plus que le prix des prestations augmente) même si une partie importante des réparations sont obligatoires”, poursuit Xerfi. Et l’institut d’études de souligner que le secteur de l’entretien-réparation auto pourrait également être affecté par le repli du marché des véhicules d’occasion et du problème de stock disponible. En effet, avant d’être revendus, les véhicules doivent être nécessairement réparés et révisés. Une problématique qui ne semble pas inquiéter les enseignes.“Le repli du marché des véhicules d’occasion n’aura selon nous qu’un faible impact sur la demande en réparation. En effet, le parc automobile ne devrait pas diminuer dans les années à venir, mais la situation actuelle aura un impact sur l’âge du parc automobile qui vieillira et nécessitera plus d’entretien pour maintenir ces véhicules en circulation”, remarque Lionel Haberlé, directeur marketing de Point S. Une analyse partagée par Julien Gourand, directeur général de Midas France pour qui la situation actuelle affecte surtout les vendeurs de véhicules :

“La baisse conjuguée des véhicules neufs et des véhicules d’occasion récents aura un impact certes mais seulement dans quelques années sur le marché de la réparation. Pour l’instant, la tendance est plutôt au maintien en vie du véhicule d’occasion et donc à son entretien.”

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Problématiques d’approvisionnement

En revanche, sans surprise, les enseignes sont confrontées à plusieurs difficultés d’approvisionnement. “Il est aujourd’hui plus compliqué de se fournir sur certains produits ou auprès de certains fournisseurs. On constate d’ailleurs une augmentation des prix assez sensibles sur des produits comme le pneu ou l’huile”, remarque Julien Gourand pour Midas. Dans ce contexte de tension sur les approvisionnements, les enseignes essaient d’anticiper au maximum les cycles d’achat pour la saison été et hiver, comme l’explique Norauto, afin “de bénéficier de tarifications compétitives.” Même si l’anticipation est de rigueur, les marques ne se voilent pas pour autant la face : “Il y a une fébrilité sur le marché, la situation se durcit, les contraintes sur le gaz et l’énergie inquiètent”, estime Camille Mounier, présidente et directrice générale de Vulco France. Pour Xerfi, outre une demande qui restera bien orientée malgré les nuages qui s’accumulent au-dessus de l’économie française, les réparateurs revaloriseront leurs tarifs de prestation et les prix des pièces vendues augmenteront. Ce que nous confirment les principales enseignes interrogées au cours de la réalisation de ce dossier. “Selon ses dernières observations, l’Insee estime à +5,2 % en moyenne l’augmentation des prix des pièces et accessoires automobiles entre juillet 2022 et juillet 2021. L’offre Norauto globalement demeure dans cette moyenne”, précisent Thibaut Castro-Delannoy, chargé de recrutement franchise et Jean-Pierre Gumez, directeur administratif et financier chez Norauto France. Pour ces derniers, les principales causes sont la hausse du cours des matières premières comme le plomb ou l’éthanol mais aussi l’augmentation des coûts de transport. Par ailleurs, la filiale du groupe Mobivia s’est associée au prestataire de financement Oney afin de permettre à ses clients d’échelonner leur paiement en plusieurs fois. On le voit, comme dans bien des secteurs, la hausse des prix sur le client final a été, ici, également inéluctable. Ainsi que nous le confirme Lionel Haberlé pour Point S : “L’évolution des rémunérations des personnels techniques a déjà entraîné une hausse des tarifs de prestations à des niveaux acceptables par les consommateurs.” Bien évidemment, tous les réseaux mettent en avant leur puissance de frappe et leur capacité à négocier auprès des différents fournisseurs.

“Le travail essentiel d’un réseau comme le nôtre est celui de la négociation et de la diversification des sources d’approvisionnement afin de limiter l’impact sur les prix clients. Cependant, une forte inflation généralisée et des problèmes de supply entraînent forcément une revalorisation des prix et des prestations”, note Julien Gourand pour Midas France.

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Croissance du parc électrique

Alors que, comme le souligne Xerfi, le parc automobile de véhicules électriques rechargeables en France restait encore marginal en 2021 (335 000 véhicules, soit moins de 1 % du parc total), sa croissance est appelée à s’accélérer dans les années à venir. Dans cette optique, quelle est la stratégie des enseignes dans ce domaine ? Pour l’instant, force est de constater que ces dernières observent encore cette tendance de loin. “Nous ne constatons qu’un faible nombre d’entrées en atelier pour les véhicules électriques. Cela s’explique en grande partie par l’âge du parc électrique et sa faible représentativité sur le parc automobile français. Nous pensons que nos interventions sur ce parc seront portées dans un premier temps par nos clients Grands Comptes plus fortement équipés”, remarque Lionel Haberlé (Point S). Même son de cloche chez Vulco qui estime, de son côté, que l’électrification du parc roulant va repositionner le pneumatique comme un élément central de la maintenance automobile.

“Nous allons capitaliser sur notre expertise puisque la liaison au sol est dans notre ADN. C’est une véritable opportunité et nous devons accompagner ce changement qui annonce des perspectives positives”, explique Camille Mounier, présidente et directrice générale de Vulco France.

Chez Norauto, on estime qu’en 2035, 7 % du parc sera électrifié. D’ailleurs, l’enseigne offre déjà une prestation destinée à diagnostiquer huit points de contrôle sur les véhicules électriques. “Par ailleurs, nous proposons à nos clients la pose de bornes et de prises électriques à domicile via un partenaire. Nous commercialisons également des câbles pour ce type de véhicule”, mentionnent Thibaut Castro-Delannoy et Jean-Pierre Gumez. Et ces derniers d’ajouter : “Le maillage des bornes électriques en France étant encore disparate, Norauto s’est engagée au côté de ses partenaires DBT, EDF et SMEG à installer au cœur de ses centres plus de 130 bornes de recharge électrique d’ici la fin de l’année.” Même volonté chez Midas qui a décidé de communiquer sur cet axe de développement via un spot TV diffusé en avril 2022. D’ailleurs, comme le souligne l’enseigne, presque tous ses centres sont habilités à gérer les VE/VH (véhicules électriques et hybrides). “Nous doublons le nombre de prestations sur véhicules hybrides ou électriques chaque mois depuis avril 2022”, note Julien Gourand. Néanmoins Xerfi indique que les réparateurs doivent investir (entre 30 000 euros et 40 000 euros) dans du matériel spécifique en atelier (table de levage, borne de recharge, etc.) pour assurer ces prestations spécifiques. “Si la rentabilité n’est pas encore au rendez-vous étant donné les faibles volumes, l’investissement sera de plus en plus nécessaire au regard de la croissance du parc de véhicules électriques”, remarque l’institut d’études.

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Nicolas Monier
Journaliste


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