L’aventure Babychou Services démarre par une nécessité pour sa fondatrice, face au manque de systèmes de garde fiables pour ses deux enfants. »J’avais déjà des horaires compliqués et je travaillais loin de mon domicile, raconte Claire Lanneau, qui dirige toujours Babychou Services. J’ai finalement posé ma démission, parce que je croyais au projet. J’étais vraiment très motivée par l’idée de ce service de garde d’enfants que je voulais réactif et professionnel. » C’est pendant sa trentaine qu’elle fait ce qu’elle appelle ‘’le grand saut’’ vers l’entrepreneuriat, sans expérience dans le secteur de la garde d’enfants et dans la création d’entreprise. Elle a bâti un réseau toujours debout 25 ans plus tard. Babychou Services s’est rapidement orienté vers la garde d’enfants de zéro à douze ans, qu’il s’agisse de gardes régulières, de sorties d’écoles ou de crèches, mais également de solutions de dernière minute. »Nous voulions avoir la capacité de répondre à une demande quasiment au dernier moment, en cas de réunion tardive, ou de défaillance du mode de garde habituel », précise Claire Lanneau.
La première agence voit le jour en 1998, créée sous le statut d’association, avant de devenir une entreprise en 2005, à la suite de la promulgation de la loi Borloo. Face au succès de son entreprise, des demandes concernant un développement en franchise parviennent à Claire Lanneau. « Je ne savais pas que cela pouvait exister à l’époque, dans le secteur des services à la personne, raconte-t-elle. Je me suis donc fait accompagner et j’ai lancé la franchise. » En 2006, la première agence franchisée ouvre ses portes à Rennes. Près de 20 ans plus tard, le réseau dénombre 120 agences en franchise, pour 75 franchisés (52 % des agences appartiennent à des multi-franchisés). L’enseigne, qui travaille avec près de 7 000 baby-sitters, revendique un chiffre d’affaires global de 45 millions d’euros, pour près de 300 collaborateurs, en agences et au siège.
Une philosophie d’entreprise qui attire
Au-delà de son succès commercial, c’est la philosophie de l’enseigne et l’accessibilité du réseau qui ont convaincu les franchisés que nous avons rencontrés. C’est le cas de Sophie Lorain, multi-franchisée Babychou Services depuis bientôt 10 ans, qui s’est tournée vers la franchise après une première expérience dans l’entrepreneuriat et une carrière d’éducatrice. »J’ai choisi la franchise car je ne voulais pas revivre l’entrepreneuriat seule, précise-t-elle. J’ai eu le coup de foudre pour la philosophie du réseau Babychou. Quand j’en ai vu d’autres, on ne m’a parlé que de chiffre d’affaires. Or, je sais que ce sont les personnes qui font le chiffre d’affaires. Mais quand on me parle de choix, de réseau qui grandit, cela me plaît, car ce sont des valeurs humaines. »
Depuis l’ouverture de sa première agence en avril 2012 dans le sixième arrondissement de Lyon, elle en a inauguré quatre autres, à Lyon, Aix-en-Provence et Dijon. Marlène Bergeron, une jeune franchisée du réseau, semble suivre ses pas. Avec trois ouvertures en trois ans dans le Sud de la France, cette entrepreneure a été sensible à la mission et à l’état d’esprit du réseau. »En tant que maman, j’avais des soucis de garde dans cette région où je venais d’arriver, explique Marlène Bergeron, qui n’avait alors pas trouvé de structure adéquate pour son enfant. On m’a dit pour plaisanter que je devrais ouvrir ma propre agence, et j’ai pris la personne au mot : j’ai ouvert ma première agence le 1er juillet 2022 à Avignon, puis une deuxième en 2024 à Orange (Vaucluse) et une troisième en mai 2025 à Montélimar (dans la Drôme). »
Ce qui a plu à cette franchisée, c’est le contact avec la tête de réseau, et notamment avec Claire Lanneau : »Ma rencontre avec elle a été un coup de cœur. Et j’ai trouvé le réseau très accessible. » La problématique soulevée par la garde de leurs propres enfants a également poussé Joël et Laëtitia Kassis à se lancer. Ces derniers ont ouvert une première agence en Guadeloupe, où ils vivaient alors, en 2010. Près de 15 ans plus tard, le couple dirige six agences, dont deux en Guadeloupe, deux en Martinique, et deux à Montpellier où ils vivent à présent.
»C’est la mentalité de l’entreprise qui nous a séduits », évoque Joël Kassis, pour qui l’aspect humain est primordial. Il regrette cependant un manque d’offensivité à l’encontre des concurrents du réseau. »Nous avons de gros concurrents, c’est l’un des défis que nous rencontrons. Il y a aussi le recrutement qui est compliqué, car le turnover est important. Nous recrutons sans arrêt. Nous allons voir les sages-femmes, les écoles, les prescripteurs, et tout ce qui peut nous permettre d’avoir des candidates. » Pour Marlène Bergeron, c’est sur la publicité que le bât blesse : »Il nous faudrait peut-être un autre style de communication. Mais ils sont très à l’écoute sur les points que nous remontons. » Tous les franchisés interrogés nous confirment en effet que le réseau est très présent et réactif aux sollicitations. »Encore aujourd’hui, cela m’épate, indique Sophie Lorain. Si je fais une demande, j’ai une réponse dans la journée. »
»Une concentration du marché »
Le secteur des services à la personne (SAP) a le vent en poupe ces dernières années, attirant de plus en plus d’enseignes. Et la garde d’enfants n’échappe pas à cette tendance. Family Sphère, Kangourou Kids, ou La Compagnie des Familles, prospèrent via la franchise. »Nous sommes face à un phénomène de concentration du marché, confie Claire Lanneau, qui voit cela comme une occasion de croissance pour le réseau et les franchisés. Ils pourront eux-mêmes acquérir des entreprises qui seraient cédées sur leur secteur. » Une opportunité pour les franchisés de créer une nouvelle agence Babychou Services, ou Bonjour Services, une enseigne récemment rachetée par le groupe. Un projet qui séduit déjà les Kassis, ainsi que Marlène Bergeron, qui n’exclut pas de profiter de ce service complémentaire pour étoffer son portefeuille d’agences.
Afin de poursuivre son maillage du territoire et de gagner du terrain sur ses concurrents, Babychou Services essaie de maintenir une cadence de 5 à 6 ouvertures par an. »Cela reste modeste, concède Claire Lanneau. Nous étions sur une dynamique de 8 à 10 ouvertures auparavant, mais le marché a changé (…) Nous essayons de faire en sorte que l’ascenseur social fonctionne pour les salariés du groupe et qu’ils puissent avoir accès à la création d’entreprise. Quelques personnes l’ont déjà fait, et nous allons désormais monter un programme pour permettre aux salariés d’accéder à la franchise. Ce sera un thème important dans les années à venir. »
Un métier très réglementé
L’enseigne mise beaucoup sur sa communication pour séduire trois cibles : les parents, les étudiants et les jeunes, notamment grâce à des influenceurs depuis peu, et les franchisés. Pour rester proche de ces derniers et assurer la cohérence entre les agences, Babychou Services propose des formations continues aux dirigeants d’agence et organise régulièrement des événements et conventions. »Il y a de nombreux rendez-vous dans l’année, comme les universités d’hiver et de printemps, les conventions annuelles, etc., confirme Sophie Lorain. Si on le souhaite, on peut voir le réseau quasiment tous les mois. » Alors que les conventions sont l’occasion pour le réseau de se retrouver, les universités ont pour objectif de faire évoluer collectivement les pratiques.
Pour la franchisée lyonnaise, il faut, avant de se lancer, s’assurer d’une chose : »Être en phase philosophiquement avec son franchiseur. On se marie avec le franchiseur. Il faut bien valider les valeurs, au-delà du contrat et des chiffres. » Marlène Bergeron rappelle quant à elle qu’il s’agit d’un métier très réglementé qui nécessite une confiance dans le franchiseur. »Ils connaissent bien le métier et sont facilement joignables », ajoute-t-elle. »Il faut leur faire confiance sur les process, abonde Laetitia Kassis. Et faire attention à ne pas s’isoler, ne pas hésiter à demander de l’aide ou des conseils. »
Avec un modèle éprouvé et un secteur en pleine croissance, Babychou Services a de nombreux atouts pour séduire les candidats à la franchise. Pour rejoindre le réseau, comptez un investissement de 55 000 à 65 000 euros, incluant un apport personnel de l’ordre de 20 000 euros. Aucun prérequis particulier n’est nécessaire pour candidater. »Ce que l’on attend, c’est une motivation pour le projet, d’être en adéquation avec les valeurs de l’enseigne et le métier, un sens du développement commercial, une appétence pour la gestion d’entreprise et surtout, une envie de partager au sein d’un réseau, qui est un collectif fort », conclut Claire Lanneau.
Allez plus loin
Lisez la suite de ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°251 de juin 2025.