Points de vue d'experts été

Comment gérer la faible activité pendant la période estivale

, par Mathilde Seifert

Durant l’été, l’activité économique est totalement chamboulée. Pour certaines enseignes, il s’agit de la période la plus attendue de l’année. Pour d’autres, c’est l’accalmie avant la rentrée. Décryptage

 

Période de rush ou calme avant la tempête ? Durant l’été, toutes les franchises ne sont pas logées à la même enseigne. Et si “toutes fonctionnent par saisonnalité” selon Caroline Morizot, à la tête du cabinet CM Franchise et membre du collège des experts de la Fédération française de la franchise, la période estivale dessert certaines activités plus que d’autres. Les acteurs se trouvant sur le littoral méditerranéen, la côte atlantique ou autres lieux touristiques, comme les stations de montagne, sont épargnés par la baisse de fréquentation engendrée par les vacances d’été. En revanche, les services aux entreprises, à l’éducation ou encore la restauration, en fonction de l’emplacement, restent les principaux secteurs impactés par les départs en congés.

 

Une organisation spécifique

La clé est d’apprendre à bien connaître son activité. C’est grâce à cela que le franchisé peut gérer au mieux la baisse de fréquentation. “Un franchisé est un commerçant mais aussi un commercial. Il doit vendre son projet en permanence. L’étude de marché est le meilleur moyen pour bien préparer sa communication. Il doit être en position d’aller chercher le client sur le terrain”, affirme Caroline Morizot, avant d’ajouter que le mot d’ordre est de “rayonner à l’extérieur de manière judicieuse pour cibler sa clientèle et de ne pas perdre son temps”. Certains secteurs, altérés par cette période de vacances d’été, peuvent ainsi diversifier ou compléter leurs activités. Vendre des glaces pour un chocolatier, favoriser l’apéritif pour un restaurateur, dispenser des séminaires de rentrée pour les organismes de soutien scolaire sont des alternatives pour les franchisés.

L’idéal est de maintenir une activité en diminuant le nombre de salariés proportionnellement à la demande. L’enseigne peut donc faire des actions extérieures afin d’attirer une nouvelle clientèle. Par exemple, Caroline Morizot explique qu’un “restaurant situé dans une zone de bureau va communiquer au-delà de cet espace. Par cette communication, il pourra informer les clients habitués d’un autre lieu que son restaurant est ouvert, contrairement à ses confrères. Ils se rapatrieront donc dans ce lieu à défaut d’en trouver un autre ouvert”. Plus tôt se fera ce travail d’information et plus il pourra préserver l’activité. Le franchisé visera une cible plus large et pourra, à terme, prétendre à de nouveaux clients réguliers. L’idée est de tirer au maximum profit de ce phénomène. Pour cela, faut-il encore pouvoir rester ouvert pendant cette période qui peut s’avérer difficile. Ce n’est pas envisageable pour toutes les franchises. En effet, en théorie le franchisé est libre de gérer son activité comme il l’entend. Toutefois, pour lui, fermer son commerce entraîne des complications.

Laurent Delafontaine, associé fondateur chez Axe Réseaux et membre du collège des experts de la Fédération française de la franchise, précise qu’une “fermeture est synonyme d’absence de chiffre d’affaires et donc de redevances”. Le franchiseur peut estimer que l’arrêt de l’activité est justifié même si ce cas de figure est très rare. Généralement, le contrat de franchise ne prévoit pas ce type d’interruption. Le but est donc d’éviter à tout prix de fermer l’enseigne durant cette période afin de perdre le moins d’argent possible. D’autres enseignes, notamment celles spécialisées dans les services aux entreprises, dépendent d’autres établissements et subissent aussi cette faible activité. “Quand l’usine est fermée, il faut diminuer les ressources disponibles et donc envoyer les salariés en vacances. Tout en limitant son intensité, l’enseigne doit prévoir une équipe d’urgence”, détaille Laurent Delafontaine. “Dimensionner les ressources au planning” est une chose essentielle durant cette période où les effectifs sont réduits.

 

Les réflexes à avoir

Le planning relatif à la période estivale se prévoit généralement entre septembre et décembre pour permettre une organisation optimale, aussi bien d’un point de vue professionnel que privé. Dès lors, les congés se positionnent suivant l’activité mais également l’ancienneté. S’occuper du calendrier des vacances en amont est une bonne manière d’anticiper les remplacements éventuels par des intérimaires, des stagiaires ou encore de constituer des équipes réduites. Cette période creuse est aussi l’occasion d’exploiter un ralentissement du travail en effectuant des tâches mises de côté tout au long de l’année.

Ces opérations peuvent aller de petits travaux de rénovation à un inventaire, en passant par une réorganisation de l’activité. Les franchisés ne doivent jamais perdre de vue l’importance de se remettre au goût du jour. Quitte à ce que les bénéfices soient en déclin pendant cette période, autant user de ce temps disponible pour “améliorer l’apparence du point de vente, de son fonctionnement ou encore remodeler l’agencement du magasin en fonction de nouvelles recommandations.

Rattraper le retard dans le domaine administratif ou remettre en place certains processus peuvent également être bénéfiques à l’enseigne”, selon Laurent Delafontaine. Cette mise à jour peut aussi intervenir sur tout ce qui se rattache aux formations. C’est le moment idéal, si le besoin se fait sentir, d’envoyer certains collaborateurs suivre des stages de remise à niveau. Quant au franchisé, il est dans le droit “de s’accorder des petites vacances. Il ne peut décemment pas tenir la boutique sans discontinuer. Ses missions ne s’arrêtent donc pas là. Pour anticiper tout imprévu, il est nécessaire de prévoir un remplaçant qui s’occupe des tâches quotidiennes.

Aussi, le franchisé doit prévoir un mémo rappelant une liste des contacts utiles à appeler en cas de problèmes”, souligne Laurent Delafontaine. Même avis pour Caroline Morizot qui précise que le franchisé a pour devoir de faire part des périodes de fermeture ou de vacances au franchiseur. Il pourra par la suite lui transmettre un complément d’information sur son remplaçant. Le manager est alors prêt pour s’octroyer quelques jours de repos avant de repartir sur de bons rails dès la rentrée.

 

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Mathilde Seifert


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