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Devenir franchisé : ne loupez pas vos premiers recrutements

, par Camille Boulate

En devenant chef d’entreprise, si le concept de l’enseigne que vous rejoignez le nécessite, vous devrez recruter plus ou moins de personnel. S’il n’est jamais simple d’embaucher, surtout depuis le début de la crise sanitaire, il y a quelques bonnes pratiques à connaître.

Se lancer en franchise implique bien souvent d’embaucher des salariés. S’il existe des concepts nécessitant très peu voire pas du tout d’employés, dans la majorité des cas, il sera obligatoire de faire appel à au moins un collaborateur pour vous épauler dans votre activité. Quand on sait que 76 % des franchisés sont d’anciens salariés, selon les chiffres de la 18e Enquête de la Fédération française de la Franchise et de la Banque Populaire (chiffres portant sur l’année 2021), cet aspect recrutement peut s’avérer assez nouveau pour les candidats à la franchise. D’où la nécessité d’anticiper les embauches et de bien prendre le temps de choisir ses premiers collaborateurs.

“Déjà, avant toute chose, il faut bien avoir en tête que devenir franchisé c’est répliquer un savoir-faire, insiste Emmanuelle Courtet, directrice générale du cabinet Progressium.Dans ce savoir-faire qui est transmis au franchisé, il peut y avoir des aspects RH importants qui sont l’un des facteurs clés du succès de l’enseigne.”

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Demander les conseils du franchiseur

Dès le départ donc, il est conseillé d’interroger sur les outils et l’accompagnement mis en place au sein du réseau pour épauler les franchisés dans leurs recherches de collaborateurs. Ne pas hésiter également à demander à votre tête de réseau de vous fournir des fiches de postes et annonces d’emplois que vous remanierez à votre convenance si nécessaire. Mais tout cela vous donnera une base pour bien appréhender les phases de recrutements qui peuvent être parfois laborieuses. En fonction de votre profil, Emmanuelle Courtet explique qu’il peut être judicieux de se former sur la partie RH.

“Il y a des candidats qui ont déjà une expérience en recrutement. D’autres non. Des formations existent et peuvent être financées pour que vous soyez plus à l’aise sur cet aspect”, confie l’experte.

Si vous avez des volontés d’évoluer sur plusieurs points de vente, il peut être judicieux de penser, dès le départ, vos recrutements en conséquence. “Cela vous orientera sur les profils que vous souhaitez embaucher, explique Olga Romulus, expert-comptable chez Fiducial. Car si vous envisagez de vous développer sur un second point de vente à terme, il peut être judicieux de recruter une personne que vous voyez en tant que bras droit ou futur manager d’un second magasin. Ce sont des questions stratégiques à se poser dès le départ.”

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Anticiper au maximum

L’ensemble des interlocuteurs interrogés dans le cadre de cet article nous ont tous indiqué qu’il était primordial d’anticiper, autant que possible, les recrutements. À l’instar d’Alexis Mouron, franchisé Cash Express, installé à Saint-Denis-les-Ponts, dans l’Eure-et-Loir (28) depuis juin 2021.

J’ai lancé les recrutements fin avril pour une ouverture fin juin, donc vraiment bien en amont, confie le chef d’entreprise. J’ai commencé par démarcher par moi-même puis rapidement je me suis rapproché de structure telle que Pôle Emploi.”

Mais Alexis Mouron l’admet : recruter a été compliqué. Le franchisé a essuyé de nombreux refus de la part des candidats potentiels. “Soit par rapport à la distance, soit par rapport au salaire qui n’était pas supérieur au Smic. Mais quand vous démarrez, vous ne pouvez guère proposer plus.” Olga Romulus estime de son côté qu’il est primordial de bien prendre le temps de recruter les bonnes personnes. “Il faut savoir bien s’entourer. Et il faut avoir en tête que l’équipe est forte quand elle est complémentaire. Il ne faut absolument pas chercher des clones ou des personnes qui vous ressemblent. Et quand on parle de complémentarité, cela vaut aussi bien pour les compétences que pour l’expérience.” Aussi, ne recherchez pas le mouton à cinq pattes. Et ne vous focalisez pas uniquement sur les compétences ou l’expérience professionnelle des candidats.

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Savoir bien s’entourer

Certes, il y aura des postes bien spécifiques, comme ceux de cuisiniers en restauration par exemple, pour lesquels les compétences et les diplômes auront leur importance. Mais ne négligez pas le savoir-être.

“Quand vous faites le tri des CV et des lettres de motivation, qui est une étape très chronophage, il est clair qu’il faut faire une short-list et conserver uniquement ceux qui correspondent aux compétences du poste. Mais cela ne fait pas tout, concède Emmanuelle Courtet. Car quelqu’un qui est motivé et qui a le savoir-être pour travailler en équipe, s’il lui manque du savoir-faire, vous pouvez toujours le former. Alors qu’une personne, même si elle est compétente, mais qu’elle n’a pas le savoir-être, cela peut s’avérer très compliqué dans le management au quotidien.” 

Privilégiez donc des profils avec lesquels la communication sera simple et efficace. Et avec lesquels vous vous sentirez en confiance. “Car quand vous créez votre entreprise, vous aurez besoin de vous appuyer sur votre équipe à 200%. Le premier levier du management reste la communication. Il est donc important que les relations humaines soient fluides. Mais en tant que chef d’entreprise, cela signifie qu’il faut accepter les propositions des collaborateurs, mais aussi, dans une certaine mesure, qu’ils vous contredisent”, soulève Olga Romulus. Si les tensions en matière de recrutement se ressentent dans tous les secteurs, certains marchés peinent véritablement à convaincre les candidats.

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Management bienveillant

La crise n’ayant pas facilité les choses, les salariés sont désormais de plus en plus en quête de sens et à la recherche d’un management bienveillant. Quand vous recruterez vos collaborateurs, il ne faut absolument pas négliger cet aspect-là. Comme en témoigne Sophie Gucciardi, directrice des ressources humaines et du développement franchise au sein de l’enseigne Irrijardin.

“Le recrutement, c’est tout sauf une science exacte. Il vaut mieux partir du principe que cela sera compliqué. Nous essayons de donner toutes les clés à nos franchisés pour manager différemment. Dans le commerce, on est clairement sur des salaires peu élevés. Il faut trouver des leviers pour fidéliser les équipes : les payer à date fixe, proposer une bonne mutuelle, des tickets restaurants, un forfait mobilité, etc.”, détaille Sophie Gucciardi.

Autant de choses que l’enseigne déploie auprès de ses équipes au siège ainsi que dans ses succursales. “Nous conseillons à nos partenaires franchisés de faire de même. Cela permet davantage de capter les nouvelles générations qui, à l’inverse des anciennes, ne feront aucun compromis.”

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L’alternance comme compromis

Face aux difficultés de recrutement, il ne faut pas non plus hésiter à mobiliser d’autres leviers, comme l’alternance. C’est également un bon moyen de repérer des talents qui pourront rester, à long terme, dans votre structure. C’est le choix effectué par Stéphanie Delavault, multi-franchisée Babychou Services depuis cinq ans, à La Rochelle et la Roche-sur-Yon. “Pour mon premier recrutement, j’ai opté pour un contrat de professionnalisation pour le poste de responsable RH dans ma première agence. Je n’avais pas les moyens d’investir sur un temps plein et j’avais vraiment envie de former quelqu’un sur le long terme, se souvient la franchisée. Depuis, cette salariée a évolué et est devenue la responsable de ma seconde agence.” L’option de l’alternance a également été saisie par Alexis Mouron qui peinait fortement à recruter pour son magasin Cash Express.

“J’avais vraiment du mal à trouver des personnes qui avaient la passion du métier et la soif d’apprendre. Donc je me suis orienté vers l’apprentissage. Aujourd’hui j’ai deux personnes à temps plein et deux apprentis. Mon équipe est vraiment bien constituée désormais. Et clairement, les apprentis que j’ai embauchés sont motivés et efficaces. Je pourrais totalement envisager de les garder à l’issue de leur formation.”

Et le franchisé, qui a affiché de belles performances sur son point de vente dès les premiers mois d’exploitation, estime qu’il est important de récompenser ses équipes dès que cela est possible. “J’ai été très vite dans les clous de mon prévisionnel. Face à ce constat, il était important pour moi de payer plus mes salariés, confie le chef d’entreprise. Il faut aussi savoir faire preuve d’humilité face aux équipes. Et avoir des petites attentions en les récompensant quand le travail est bien fait. On ne retient pas un salarié en le payant au Smic !”, conclut-il.

Camille Boulate

Camille Boulate


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