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Entrepreneurs : les pertes d’emploi atteignent un niveau inédit en 2026

Plus de 33 000 dirigeants ont perdu leur emploi au premier semestre 2026, un niveau inédit selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de GSC et Altares. Si les petites entreprises restent les plus exposées, plusieurs secteurs et territoires connaissent une dégradation particulièrement marquée.

Le nombre de chefs d’entreprise ayant perdu leur emploi atteint un niveau record au premier semestre 2026. Selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de GSC et Altares, 33 341 entrepreneurs ont été concernés, soit une hausse de près de 7 % par rapport au premier semestre 2025. Cela représente plus de 180 dirigeants chaque jour.

Sans surprise, les petites structures restent les premières touchées. En effet, les entreprises de moins de trois salariés concentrent près de 75 % des pertes d’emploi enregistrées. Cependant, les dirigeants de PME de plus de 50 salariés connaissent également une progression de plus de 50 % des pertes d’emploi.

Le niveau de chiffre d’affaires confirme cette tendance. La situation se fragilise notamment pour les dirigeants d’entreprises réalisant plus de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, avec une hausse de 26,4 % des pertes d’emploi. Au-delà de 10 millions d’euros, la progression atteint même 47,3 %.

L’étude souligne également que le risque concerne des dirigeants expérimentés. « La perte d’emploi du dirigeant peut toucher tous les profils d’entrepreneurs, indique Hervé Kermarrec, président de l’association GSC. Au premier semestre 2026, les chefs d’entreprise concernés exerçaient leur fonction depuis près de 10 ans en moyenne. Cette durée atteint même près de 20 ans pour les dirigeants de PME de plus de 20 salariés. »

Crédits : l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de GSC et Altares.

Construction, commerce et restauration particulièrement exposés

La construction demeure le secteur qui concentre le plus de pertes d’emploi, avec 7 718 dirigeants concernés au premier semestre. Le chiffre est relativement stable par rapport à 2025 (-0,2 %), mais certaines activités restent sous tension. Le bâtiment de second œuvre, qui représente plus de la moitié des pertes du secteur, enregistre notamment une hausse de 5,3 %.

Le commerce arrive en deuxième position, avec 6 971 dirigeants concernés, soit une progression de 3,7 %. Les difficultés sont particulièrement marquées dans le commerce et la réparation automobile (+9,5 %). Les boulangeries, pâtisseries et confiseries enregistrent quant à elles une hausse spectaculaire de 51,2 % des pertes d’emploi.

Parmi les secteurs sous pression, on peut évidemment citer l’hébergement-restauration, qui compte 5 057 dirigeants concernés, en hausse de 10,4 %. Si la restauration concentre toujours l’essentiel des situations recensées, c’est l’hébergement qui connaît la dégradation la plus forte, avec une progression de 31,4 %.

Enfin, les services connaissent eux aussi une dégradation importante. Les services aux entreprises enregistrent une hausse de 15,2 % des pertes d’emploi, avec 4 770 dirigeants concernés. L’étude relève notamment la forte progression des services administratifs combinés de bureau (+70,3 %) et du conseil (+12,1 %), en évoquant notamment les difficultés d’adaptation de certains modèles d’activité face à l’intelligence artificielle. Les services aux particuliers progressent de leur côté de 14,2 %, avec 1 655 dirigeants concernés.

Des écarts importants selon les régions

La dégradation n’est pas uniforme sur l’ensemble du territoire. Les Hauts-de-France enregistrent, par exemple, la plus forte progression des pertes d’emploi, avec +11 %, soit 2 543 dirigeants concernés. La situation est particulièrement tendue dans l’industrie, en hausse de 32,8 % dans la région.

En Île-de-France, première région économique française, 7 860 chefs d’entreprise ont perdu leur activité au premier semestre, soit une hausse de 5,8 %. La construction, le commerce et les services aux entreprises sont les secteurs les plus touchés.

À l’inverse, certaines régions connaissent une évolution plus contenue. La Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre une hausse de 3,2 %, le Centre-Val de Loire de 2,5 % et le Grand Est de 1,8 %. La Normandie affiche la progression la plus faible, à +0,9 %.

Crédits : l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de GSC et Altares.

« Chaque chef d’entreprise doit anticiper ce risque »

Pour Thierry Millon, directeur des études Altares, ce baromètre témoigne de « l’ampleur de la crise qui frappe le tissu économique […] Si l’échec entrepreneurial est aujourd’hui mieux compris et accompagné, il appartient toutefois à chaque chef d’entreprise d’anticiper ce risque et de s’y préparer. »

Au-delà des différences entre secteurs et territoires, l’étude met en évidence un phénomène plus large : les difficultés touchent désormais des profils d’entreprises très différents. Car, comme le souligne l’Observatoire, l’expérience, la taille ou la maturité d’une entreprise ne suffisent pas nécessairement à la mettre à l’abri.

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