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Publicité sur ChatGPT : coûts, ciblage, résultats… faut-il déjà se lancer ?

Disponible en France depuis le 24 août, ChatGPT Ads est désormais accessible aux annonceurs en libre-service. Quels résultats peut-on déjà attendre de ce nouveau canal publicitaire ? Sébastien Rech, fondateur de l’agence Impulsion, qui expérimente ChatGPT Ads depuis plusieurs mois, livre ses premiers enseignements.

Après un lancement progressif aux États-Unis, OpenAI a ouvert fin août son dispositif publicitaire aux annonceurs européens. Et le marché français n’est pas anecdotique pour le groupe. Interrogé par CB News sur le lancement de ChatGPT Ads en France, Dave Dugan, vice-président des solutions publicitaires mondiales d’OpenAI, souligne le poids du marché hexagonal : « La France est l’un des 10 premiers marchés mondiaux en termes d’utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT. La croissance des utilisateurs est exceptionnelle : +60 % en glissement annuel. »

Et le mouvement prend déjà une certaine ampleur. Dans un communiqué publié le 31 août, OpenAI affirme que ChatGPT Ads a atteint un revenu publicitaire annualisé de 1 milliard de dollars en moins de 200 jours et que plusieurs dizaines de milliers d’annonceurs utilisent désormais la plateforme.

Mais derrière ces chiffres se pose une question pour les enseignes : est-ce que cela vaut déjà le coup d’y investir ? Pour Sébastien Rech, fondateur de l’agence Impulsion, la réponse mérite au moins d’être testée.

Des premiers résultats encourageants

Sur le terrain, les premiers tests menés par les agences permettent surtout de mesurer le potentiel du dispositif. C’est notamment le cas d’Impulsion, qui expérimente ChatGPT Ads depuis son lancement à l’étranger. « Le but était d’offrir un service complémentaire à ce que nous faisons déjà sur Google et Meta afin d’aller chercher davantage de clients », explique Sébastien Rech.

Avant de la proposer à ses clients, l’agence a testé la plateforme pour elle-même. « Les statistiques et les résultats obtenus avec nos publicités sur ChatGPT étant bons, nous nous sommes donc dit qu’il était intéressant de proposer officiellement ce service à des clients. »

Impulsion s’adresse principalement à des entreprises de services, des artisans, des agences, des entreprises du BTP ou encore des restaurateurs. L’objectif était donc de leur apporter de la visibilité ou de nouveaux prospects. « La première donnée que nous regardons est le taux de clics. Sur le mois d’août, nous étions sur des pourcentages similaires à ceux obtenus avec Meta, qui est aujourd’hui la plateforme qui fonctionne le mieux pour nous, indique le fondateur. Ensuite, il y a le CPC, le coût par clic, c’est-à-dire le rapport entre le budget investi en publicité et le nombre de clics. Sur ChatGPT, nous étions le mois dernier autour de 1 dollar par clic. Sur Meta, nous étions autour de 70 centimes, et sur Google autour de 1,50 euros. »

Dans ce cas précis, l’agence a donc obtenu à moindre coût des résultats similaires, voire meilleurs, avec la plateforme d’OpenAI qu’avec Google. Pour acquérir des prospects, l’agence estime les coûts à partir de 10 à 20 dollars, et entre 80 et 130 dollars par rendez-vous, parfois jusqu’à 200 dollars. Un budget tout à fait raisonnable en comparaison avec les autres plateformes selon Sébastien Rec : « En revanche, cela reste pour l’instant sur des volumes relativement faibles. Nous n’avons donc pas encore le même recul que sur les plateformes que nous utilisons depuis des années. »

Un ciblage différent de Google et Meta

Pour Sébastien Rech, cela ne fait aucun doute, la précision des recherches sur ChatGPT permet d’accéder à une audience plus qualifiée, et donc porteuse de résultats.

« Le fonctionnement est différent de celui de Google ou de Meta. Sur Google, on peut cibler précisément un mot-clé. Sur Meta, on peut travailler avec des centres d’intérêt. Là, nous allons plutôt donner des termes qui servent d’indications à ChatGPT. C’est ensuite l’outil qui va, en fonction de la réponse apportée et du contexte de la discussion avec la personne, décider ou non d’afficher notre annonce. Il est donc capable de comprendre le contexte et de déterminer si notre annonce est pertinente à ce moment-là. »

Cette précision propre aux recherches sur des moteurs IA pourrait permettre à des entreprises dans des secteurs très concurrentiels, ou présentes dans des zones d’activité denses, de sortir du lot. De là à délaisser les annonces sur Google ?

ChatGPT Ads peut-il remplacer Google Ads ?

Pour Sébastien Rech, la publicité sur les moteurs de recherche va sans doute être remplacée par celle sur les plateformes IA, mais pas celle sur les réseaux sociaux où le comportement des consommateurs est différent.

« Pour les entreprises qui ont des objectifs de croissance plus importants, en revanche, nous allons retrouver la même problématique que sur Google : celle du volume de recherches. S’il n’y a pas suffisamment de personnes qui utilisent l’IA sur votre sujet, vous ne pourrez pas augmenter indéfiniment vos budgets. C’est aussi pour cette raison que les entreprises continuent d’aller sur YouTube, Instagram ou Facebook : le potentiel de croissance y est différent. »

Cependant, les moteurs de recherches devraient rapidement s’emparer du sujet, à l’instar de Google, qui a récemment déployé ses Aperçus IA et son Mode IA en France. « La prochaine évolution importante devrait concerner Google. La publicité sur AI Overviews est déjà disponible aux Etats-Unis et au Canada notamment. Pour moi, cela va devenir la nouvelle version de la publicité sur Google. »

Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

La première difficulté concerne le budget, qui peut rapidement s’envoler. « Le budget minimum pour lancer une campagne est de 25 dollars. Sur d’autres plateformes, historiquement, on peut commencer autour d’un dollar par jour. Cela ne signifie pas forcément qu’il faut dépenser 25 dollars multipliés par 30 jours : on peut faire un test sur quelques jours. Mais le ticket d’entrée peut être beaucoup plus élevé pour quelqu’un qui avait l’habitude de tester la publicité avec seulement l’équivalent d’un euro ou d’un dollar par jour. » À noter qu’en Europe, OpenAI indique actuellement un budget quotidien minimum de 15 euros par campagne.

Ensuite, pour mesurer l’efficacité de la plateforme, Sébastien Rech conseille de mettre en place un système de tracking. « Si ce suivi n’est pas correctement configuré, cela reste très compliqué de mesurer la rentabilité des campagnes », prévient-il.

Il faut avoir conscience que la plateforme d’OpenAI reste opaque et avare en données. « Si je compare avec Google, par exemple, on sait quelle recherche une personne a tapée. À partir de là, on peut essayer d’estimer si la requête était pertinente. Ici, nous n’avons pas de visibilité sur le contexte de la discussion, ce que la personne a précisément demandé ou tout ce qui a été dit auparavant dans l’échange. La plateforme ne transmet pas ces informations. Nous devons donc lui faire confiance. »

Enfin, le fondateur d’Impulsion conseille à tout chef d’entreprise qui souhaite se lancer de ne pas attendre pour démarrer une campagne de test : « Il existe encore une vraie opportunité parce que tout est nouveau. Pour un entrepreneur ou un chef d’entreprise qui veut faire la différence, notamment dans des secteurs très concurrentiels comme le BTP, la plomberie, la serrurerie ou l’artisanat, cela peut être intéressant. »

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