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Passer d’indépendant à franchisé : un moyen de poursuivre son rêve d’entreprendre

, par Mathilde Seifert

Est-ce que mon affaire fonctionnerait mieux en passant par une franchise ? C’est la question que de nombreux indépendants ont pu ou peuvent se poser. Devenir franchisé constitue un véritable tournant dans une carrière. Explications.

Avec le contexte actuel de crise sanitaire et économique, des vocations ont pu naître ou se révéler. De nombreux indépendants se rendent compte, avec l’expérience, qu’une franchise peut s’avérer être une alternative intéressante face à leurs difficultés et leur statut d’entrepreneur isolé. Toutefois, ne pas s’épanouir pleinement en tant qu’indépendant ne signifie pas forcément que l’entrepreunariat n’est pas fait pour vous. Une multitude de paramètres sont à prendre en considération.“Certaines personnes détiennent cette fibre de chef d’entreprise sans pour autant réussir à créer une idée nouvelle et l’amener jusqu’à son aboutissement”, explique Caroline Morizot. “D’autres, s’étant lancé de manière indépendante ont pu connaître des difficultés au niveau de leur accompagnement comptable ou avec les organismes d’aide à la création d’entreprise”, ajoute-t-elle. Ces lacunes peuvent expliquer certains loupés dans votre vie d’entrepreneur. Malgré les difficultés, la solution n’est pas forcément de mettre la clé sous la porte. Il peut être intéressant de vous orienter vers une enseigne qui se développe en franchise.

“En terme de cible de candidats, nous ne faisons pas de focus particulier sur d’anciens salariés ou d’anciens indépendants. Nous sommes ouverts à tout type de profil. Nous cherchons avant tout des personnes ayant l’âme d’entreprendre et l’esprit commerçant”,  explique Arnaud Guérin, directeur du réseau Cash Express.

Aller vers les gens et avoir des compétences managériales constituent aussi deux des principales qualités requises pour intégrer ce réseau. “À l’heure actuelle, nous avons un bon quart, voire un tiers du réseau qui est composé d’anciens indépendants”, ajoute Arnaud Guérin. Par la franchise, le candidat bénéficie d’un concept bien rôdé. Il peut donc en profiter pour effectuer une reconversion complète, aussi bien sur le statut que le domaine d’activité. “Dès l’instant que cette volonté de réussir un projet existe, la question de se repositionner pour finalement changer complètement de métier peut se poser”, explique Caroline Morizot.

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Une solution clé en main

Attention, le fait d’avoir une âme d’entrepreneur n’est pas la seule condition pour se lancer en franchise. Il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une solution “clé en main”. Ainsi, le franchisé doit réussir à accepter de faire vivre l’idée d’un autre, élément qui peut s’avérer parfois complexe pour certains anciens indépendants. “C’est là tout l’enjeu : le fait de basculer vers une franchise peut constituer un rêve pour certains indépendants solitaires”, alerte Caroline Morizot. Il faut bien évaluer les choses, la franchise n’est pas la solution à tout étant donné qu’elle nécessite le respect de certaines règles. Même si vous affichez une expérience en tant qu’indépendant et chef d’entreprise, il peut être intéressant d’effectuer un bilan de compétences. Rejoindre un réseau pour bénéficier d’une vraie ligne de conduite, d’une structure tout en ayant la latitude de gérer son commerce est l’avantage indéniable de la franchise qui peut séduire les indépendants en quête de notoriété. Ne pas repartir de zéro avec un marché que l’on connaît ou pas peut en effet finir de vous convaincre. “Pour autant, il y a toujours cette problématique d’accepter la deuxième marche. Ce n’est pas parce qu’on est fait pour entreprendre que l’on est fait pour la franchise”, poursuit Caroline Morizot. Le piège le plus classique est l’incapacité ou la limite à lâcher prise face à un concept déjà existant. En étant habitué à tout maîtriser et à gérer leur affaire, certains indépendants peuvent manquer de confiance envers le réseau et son concept.

“Nous avons tendance à procéder en deux temps. La limite est dans le timing, le franchisé doit d’abord maîtriser tous les éléments inhérents au concept pour ensuite apporter sa pierre à l’édifice. Cependant, ce n’est pas pour autant qu’un franchisé cesse de réfléchir. Par ces anciennes expériences, il peut contribuer à l’évolution du réseau”, détaille Arnaud Guérin. Tout l’intérêt est de réussir le cocktail parfait entre la limitation des risques, le savoir-faire et la notoriété d’un côté et de l’autre le niveau d’indépendance.

“Les anciens indépendants ont souvent des habitudes notamment au niveau de l’autonomie, ce qui peut avoir un certain intérêt”, souligne Arnaud Guérin.

Le besoin d’autonomie peut clairement jouer sur l’envie d’un indépendant de rejoindre ou non une franchise. En fonction du concept visé, la marge de manœuvre du franchisé sur le terrain peut effectivement changer. “En ce qui nous concerne, les candidats vont avoir tendance à nous choisir car nous mettons un point d’honneur à respecter le côté indépendant de l’entrepreneur en franchise. Malgré cela, il est important de tenir compte des limites comme le respect du savoir-faire et des normes de l’enseigne”, affirme Arnaud Guérin. Chez Cash Express, le franchisé s’approvisionnera lui-même en produits d’occasion en disposant d’une grande latitude sur le choix des marques à mettre en valeur dans son point de vente.

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Soutien et solidarité

Indépendant ou franchisé, il sera toutefois nécessaire d’être bien organisé et structuré. “Quand on est franchisé, on est chef d’entreprise avant tout”, rappelle Caroline Morizot. Lors du changement, il faut toutefois faire attention à se lancer avec des franchises stables et de confiance. “Il y a des millions de petits réseaux qui se sont montés rendant le choix encore plus complexe”, confie Caroline Morizot. Certains secteurs peuvent paraître plus enclins à accueillir d’anciens indépendants comme l’immobilier, le bâtiment ou les services à la personne. Certaines enseignes ont d’ailleurs mis en place de vrais outils commerciaux pour favoriser l’intégration d’indépendants. D’autres marchés, en revanche, se prêtent nettement moins si vous avez déjà une expérience comme la restauration par exemple. “Souvent, les anciens restaurateurs veulent être en cuisine mais l’organisation en franchise ne répond pas à la demande de tous les concepts de restauration. Il reste plus cohérent de mettre en cuisine un chef cuisinier plutôt que le gérant, et cela peut donc poser problème”, développe Caroline Morizot. Plusieurs cas de figure sont possibles. Un indépendant peut vouloir se repositionner ou arrêter son affaire parce qu’elle ne fonctionnait pas. Il peut également avoir une âme d’entrepreneur, mais ne parvient pas à créer son projet et souhaite faire vivre un concept déjà existant. Il y a également des profils, déjà entrepreneurs, et qui pensent rejoindre une franchise pour se diversifier. Enfin, pour d’anciens indépendants, la franchise s’avère être une évidence pour rebondir et relancer une affaire.

“Je suis à mon compte depuis 21 ans en tant que poseur de cuisines. Après plus de dix années à vouloir développer mon magasin, je me suis finalement tourné vers la franchise Cuisine Venidom. Les loyers étant très élevés à Annecy, j’ai opté pour le concept de camion-magasin. C’est grâce à cela que je reste libre de tout, je n’ai aucune contrainte de charges fixes hormis les 3 % de dividendes sur le chiffre d’affaires que je reverse au franchiseur”,explique Bernard Jacq, franchisé Venidom.

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Notoriété et savoir-faire

L’idée du camion magasin, le chef d’entreprise y avait pensé mais il aurait été bien trop complexe à mettre en place sans l’accompagnement d’une structure. “Au vue de mon expérience, j’aurais pu développer ce concept moi-même mais je n’y trouve que très peu d’intérêt. Je n’ai pas nécessairement le temps pour m’en occuper et vu le montant que je dois reverser à l’enseigne, je n’ai aucun intérêt à le faire de mon côté”. “Il y a des candidats aujourd’hui qui ont besoin d’un cadre, d’une notoriété et d’un savoir-faire mais qui vont y retrouver la capacité à continuer à s’émanciper en tant qu’indépendant. Nous pouvons dire que c’est la sécurité sans avoir l’impression de complètement lâcher les rênes”, ajoute de son côté Arnaud Guérin. Intégrer une franchise en tant qu’ancien indépendant permet de disposer de toute la force de frappe d’un réseau, que ce soit au niveau des achats, d’une enseigne commune, des réunions d’échange, mais également de se sentir moins seul. Indirectement, on se retrouve dans un groupement de personnes ce qui fait que le candidat peut être suivi, accompagné, conseillé. De quoi mettre fin à la solitude ressentie par de nombreux chefs d’entreprise. “Un franchisé a trois fonctions : gérer son affaire, connaître son métier pour être un bon exemple pour ses salariés et contribuer à la vie du réseau”, rappelle Caroline Morizot avant d’ajouter, “dans une période comme celle que l’on vit actuellement, les franchisés d’un même réseau ont pu se soutenir et rester très solidaire”. Toutefois, l’indépendant souhaitant se repositionner doit prendre en compte et évaluer tous ces éléments à leur juste valeur pour ne pas avoir de surprises par la suite. Attention également, basculer vers une franchise n’est pas et ne doit pas être une solution de facilité en pensant que c’est le succès assuré. “Dans ce cas-là, le candidat risque de ne pas mieux réussir son projet de franchise que celui qu’il a mené en indépendant”, explique Caroline Morizot. La réussite ne tient pas qu’à la marque et aux produits.

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