Négocier les frais de transaction
C’est le levier le plus évident, d’autant que 69% des commerçants déclarent ne pas avoir une idée précise des frais de transactions appliqués lors des paiements par carte bancaire. Les frais de transaction varient en fonction des volumes traités, des types de cartes acceptées et des conditions négociées avec les prestataires de services de paiement. Il est donc utile de revoir régulièrement ces conditions, de comparer les offres du marché et de négocier des tarifs adaptés à son activité. En Europe, la moyenne des frais est passée de 0,27% en 2018 à 0,44% en 2022.
Adopter un système de routage
Le routage des transactions permet de réduire significativement les coûts en sélectionnant l’acquéreur ou la méthode de paiement la plus avantageuse. Le système analyse en temps réel plusieurs paramètres tels que les taux d’acceptation et les coûts de traitement pour orienter chaque transaction vers l’option la plus rentable. Le routage est particulièrement pertinent pour adapter les stratégies de paiement selon les marchés et les méthodes de paiement locales. En outre, en cas de défaillance d’un acquéreur, il permet de basculer sur un autre et d’assurer une continuité de service.
Moyens de paiement alternatifs & réseaux locaux
A l’image des wallets ou des paiements de compte à compte, qui permettent des virements directs entre comptes bancaires, certaines méthodes contournent les frais associés aux transactions par carte. Avec l’essor de l’Open Banking et des API, ces solutions deviennent de plus en plus accessibles aux commerçants.
L’intégration des réseaux de paiement locaux est un autre levier. Il entraîne non seulement une réduction des coûts de transaction, mais aussi une hausse des taux d’acceptation, au travers de méthodes de paiement adaptées aux habitudes des consommateurs dans chaque pays. Cartes Bancaires en France, BankAxept en Norvège ou Bancomat en Italie figurent parmi les réseaux locaux indispensables en Europe.
Surveiller les paiements internationaux
Ils peuvent engendrer des frais bancaires élevés, notamment avec les cartes internationales. Pour atténuer ce surcoût, le Dynamic Currency Conversion permet au marchand de récupérer une partie du coût de la transaction d’une carte provenant d’un pays non Euro. Le DCC, intégré au terminal de paiement, offre en outre une expérience transparente au client étranger, qui voit en direct le montant de sa transaction dans sa devise.
L’autre option est le surcharging : le montant du paiement est « surchargé » de frais additionnels pour des cartes non européennes. Dans ce cas, c’est le client qui paye un peu plus cher pour compenser les frais engendrés par sa carte. Néanmoins, cette option n’est pas autorisée dans tous les pays.
Unifier la gestion du paiement
Gérer plusieurs fournisseurs de paiement selon les canaux (en ligne, en magasin, mobile) engendre complexité et surcoûts. L’usage d’une plateforme unifiée centralise l’ensemble des transactions, simplifie la gestion des flux financiers et réduit les erreurs opérationnelles. Elle permet également de proposer une expérience d’achat cohérente sur tous les canaux, favorisant la fidélisation client.
Estimation des frais de paiement pour un réseau de franchise
Pour illustrer l’impact concret des frais de paiement sur un réseau de franchise, prenons l’exemple d’un réseau de 50 points de vente, chacun réalisant 100 000 € de chiffre d’affaires annuel, avec une part de 80 % payée par carte, ce qui correspond à la moyenne observée en France. En appliquant le taux moyen des frais de transaction pour les cartes de débit et crédit, compris entre 0,5 % et 1 % du montant traité, le coût annuel des paiements pour le réseau s’élève ainsi à environ 20 000 € dans le scénario le plus favorable, et jusqu’à 40 000 € dans le scénario médian.
Ces chiffres mettent en évidence que même pour un réseau de taille moyenne, les frais de paiement représentent un poste significatif de dépenses, et que l’optimisation du taux moyen ou du mix de moyens de paiement peut générer des économies substantielles.