Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
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Consommation responsable : la franchise face à l’équation du prix et du sens

Portés par des consommateurs de plus en plus attentifs à l’impact de leurs achats, les réseaux de franchise accélèrent leur transition vers des modèles plus responsables. Mais entre attentes élevées et contraintes budgétaires, l’équilibre reste fragile, d’après les chiffres de la 22e enquête de Banque Populaire, réalisée avec la Fédération française de la franchise.

Une très large majorité de Français privilégie désormais les marques françaises ou européennes (94 %) et les circuits courts (91 %). Dans la pratique, 84 % déclarent consommer des produits bio ou écoresponsables, tandis que la seconde main s’impose, adoptée par 76 % de la population, et même 84 % des 18-34 ans.

Cette évolution s’accompagne d’un attachement fort au commerce de proximité, puisque 71 % des consommateurs choisissent d’abord un point de vente pour sa localisation, et près d’un sur deux privilégie les produits fabriqués localement, d’après le chapitre 3 de l’étude Banque Populaire.

Néanmoins, plus d’un Français sur deux (55 %) refuse de payer plus cher pour des produits responsables, contre seulement 26 % prêts à accepter un surcoût. Une contradiction qui impose aux enseignes de concilier exigence environnementale et accessibilité. « Cette contradiction s’est vue, par exemple, avec l’arrivée de Shein en France », indique Myriam El Aroui, responsable du pôle franchise chez Banque Populaire.

Des franchisés en prise directe avec ces nouvelles attentes

Sur le terrain, les franchisés observent une transformation tangible de la demande. Selon l’étude, 81 % des clients expriment désormais au moins une attente écoresponsable. Une tendance encore plus marquée chez les jeunes publics.

Dans le détail, 69 % des franchisés constatent une recherche accrue de sens dans la consommation, 63 % identifient une attente de produits plus responsables et 56 % font face à une demande croissante de transparence sur l’origine et la fabrication des produits.

Ces évolutions influencent jusqu’au choix des enseignes que rejoignent les franchisés. En effet, parmi les franchisés récents, 65 % déclarent s’être renseignés sur les valeurs du réseau avant de se lancer, et un sur deux sur sa politique RSE. Ils sont plus de six franchisés sur dix à avoir déjà engagé des actions pour réduire leur impact environnemental.

La responsabilité des réseaux s’exprime aussi sur le plan social. Plus de 9 franchisés sur 10 ont mis en place des actions pour fidéliser leurs salariés, en améliorant les conditions de travail (61 %), en développant la formation (37 %) ou en proposant des perspectives d’évolution (25 %). Dans un contexte de tension sur l’emploi, le sujet devient stratégique, car le recrutement et la fidélisation sont cités comme une priorité par un franchisé sur deux.

Un modèle ancré dans les territoires

D’après l’étude, la franchise repose sur un maillage équilibré du territoire : 30 % des points de vente sont situés dans des petites villes, 30 % dans des villes moyennes et 30 % dans des grandes agglomérations, auxquels s’ajoutent 10 % en zones rurales. « À l’heure où certaines collectivités cherchent des solutions pour redynamiser les centres-villes, la franchise peut être une réponse », acquiesce Myriam El Aroui.

Du côté des têtes de réseau, la prise de conscience est massive. 97% estiment essentiel de soutenir le développement économique local, 95 % jugent nécessaire de s’engager sur les enjeux sociétaux et 91% considèrent la protection de l’environnement comme un axe clé.

Dans les faits, 66 % des franchiseurs ont déjà intégré une offre écoresponsable dans leur stratégie, tandis que 22% sont en cours de déploiement. En parallèle, 93 % accompagnent leurs franchisés dans l’adoption de pratiques plus responsables et 88 % dans la réduction de leur empreinte environnementale.

Certains indicateurs marquent toutefois un ralentissement, notamment les actions en matière de sobriété énergétique, qui concernent 71 % des réseaux (-11 points en un an), la réduction des émissions de CO₂ 63 % (-13 points), et le recours à des fournisseurs français 64 % (-15 points). Un recul à relativiser puisque ces démarches tendent à se normaliser et à s’intégrer dans les pratiques courantes.

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