« Nous observons une nouvelle augmentation du nombre de transactions cette année, et nous en avions besoin, après avoir traversé une vraie tempête », indique Charles Marinakis, président de Century 21 France. Si le réseau immobilier a enregistré une augmentation de 11,6 % de volumes de ventes sur un an, ce rebond reste toutefois mesuré. À titre de comparaison, le marché comptait 1 087 000 transactions en 2019, dernière année de référence avant la crise.
Des taux compatibles avec les projets immobiliers
L’un des principaux moteurs de la reprise est la détente du crédit immobilier. Après un pic à 4,2 % fin 2023, les taux d’emprunt se stabilisent en 2025 autour de 3,1 %, redonnant de la capacité d’achat aux ménages. Chez Century 21, 81,3 % des acquisitions sont financées par emprunt, avec une durée moyenne de crédit de 21,8 ans, un chiffre stable depuis 2024. « Nous revenons sur un marché normal, qui s’est rééquilibré, confirme Charles Marinakis. Mais en théorie, les prix des biens immobiliers auraient dû davantage baisser. »
En effet, depuis 2022, le prix des biens a flambé de « quasiment 35 % ». Pour pallier cette augmentation, les acquéreurs ont, en 2025, privilégié un apport plus important. « Le marché est resté tonique, car les Français ont mis plus d’apport personnel qu’avant, analyse le président de Century 21 France. Les acquéreurs sont allés chercher dans leur épargne, ou des dispositifs comme le Prêt à taux zéro (PTZ) ou MaPrimeRénov’. Il le fallait, car la baisse des taux n’a pas compensé l’augmentation des prix. » En 2025, 53 % des crédits sont allés aux primo-accédants, d’après le rapport de Century 21.
Des régions en croissance
La reprise observée en 2025 n’est pas homogène sur l’ensemble du territoire. Certaines zones jouent un rôle moteur, à commencer par l’Île-de-France. “En volume de transactions, l’Île-de-France s’est réveillée en 2025, après une année 2024 plutôt en berne, notamment parce que les attentes des vendeurs étaient restées à des niveaux élevés”, analyse Yann Jéhanno, président de Laforêt. Selon lui, les vendeurs ont fini par accepter “la nouvelle réalité du marché, c’est-à-dire la réalité des prix et des capacités de financement des acquéreurs”.
À Paris, le marché progresse de 3,9 % sur un an, et le prix du mètre carré moyen augmente pour revenir à 9 557 euros, d’après le rapport de Century 21. À noter que les investissements locatifs sont en baisse et ne représentent plus que 23,9 % des acquisitions, contre 31 % en 2019. « Les acquéreurs acceptent de s’éloigner de Paris s’ils y gagnent en surface et en verdure », détaille le président de Century 21 France. En Île-de-France, on enregistre en effet +12,9 % de volumes de ventes sur les maisons, et +11,4 % sur celui des appartements, sur un an. 23 % des acquéreurs ont moins de 30 ans, et 31,7 % ont entre 30 et 40 ans. « Les jeunes achètent en banlieue car elle offre des opportunités plus proches de leurs capacités financières », poursuit Charles Marinakis.
Mais cette amélioration dépasse le seul cadre francilien. “Nous voyons aussi toutes les métropoles, et même des environnements ruraux, reprendre des couleurs sur 2025”, ajoute le président de Laforêt, tout en soulignant des disparités persistantes selon les territoires. Certaines régions poursuivent ainsi leur croissance, comme les Hauts-de-France (+15,2 %), les Pays de la Loire (+12,8 %), la Nouvelle-Aquitaine (11,1 %) ou encore en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+7,9 %), d’après Century 21.
Quelles sont les attentes du marché en 2026 ?
Après trois années éprouvantes, le marché est donc bien reparti en 2025. « Nous avons perdu 3 à 5 % de nos effectifs en 2023 et 2024. Mais nous sommes revenus à notre ligne de flottaison, confie Charles Marinakis. C’est déstabilisant pour nos franchisés d’avoir autant d’incertitudes sur le marché ».
Pour l’année à venir, les professionnels anticipent une poursuite de cette normalisation. “Il n’y a pas de raison que 2026 ne soit pas au diapason de 2025, c’est-à-dire une année relativement normale, avec 900 000 à 1 million de transactions”, estime le président de Laforêt. Les taux d’intérêt resteront un facteur clé, tout comme la capacité des pouvoirs publics à redonner de la visibilité aux acteurs du logement.
Charles Marinakis forme quant à lui le vœu que le marché immobilier reste à l’écart des réformes et du politique : « Il ne faut toucher à rien, le marché s’auto-régule […] Cela fait plus de 25 ans que le marché de l’immobilier ancien n’est pas accompagné par la politique, et c’est ce qui nous permet sans doute d’être tonique aujourd’hui. »