Nouveauté [Podcast] Les voix de l'entrepreneuriat en franchise
Premier pas en franchise

Témoignages de franchisés : ils ont entrepris en duo

Couple, amis, frères ou collègues, ils ont choisi d’entreprendre à deux. De la répartition des rôles aux ajustements, ces duos racontent comment ils ont transformé une relation personnelle ou professionnelle en aventure entrepreneuriale.

Audrey et Séverine, franchisées Domi Ménage

Audrey et Séverine, franchisées Domi Ménage.

Audrey Jammes : J’ai travaillé dans un grand groupe, côté service client. C’est là que j’ai rencontré Séverine, en 2004. Nous nous sommes liées d’amitié, et puis il y a eu un plan social. Après avoir travaillé 10 ans ensemble, nous nous sommes demandé si ce n’était pas le moment de créer une entreprise toutes les deux. En 2014, nous avons lancé une entreprise de vêtements professionnels. Puis le Covid est arrivé, il y a eu des difficultés financières, et aussi une forme d’épuisement. À titre personnel, j’ai pris des heures de ménage dans une entreprise pendant un an. Et pendant cette période, j’ai vu le potentiel du secteur. J’en ai parlé à Séverine, et on s’est rendu compte que cela avait du sens. C’est comme cela que nous sommes arrivées à la franchise Domi Ménage.

Séverine Grand : Le fait que nous nous soyons rencontrées au travail est un point essentiel. Nous savions comment chacune travaillait et fonctionnait. Parce que s’associer avec quelqu’un, c’est une aventure, mais si cela ne « matche » pas dans le travail, cela ne peut pas fonctionner. On peut connaître quelqu’un depuis 10, 15 ou 20 ans, mais si on n’a jamais travaillé avec son associé, on ne sait pas comment il gère la pression, les situations compliquées, les décisions difficiles et les imprévus. Le démarrage est rarement simple, il y a des moments tendus, des choix à faire, des périodes de stress. Nous, on se connaît, donc on sait aussi prendre du recul.

A.J. : En revanche, pendant les vacances, on coupe vraiment. Ce que l’une sait faire, l’autre peut aussi le faire, donc il n’y a pas besoin d’appeler pour un détail. On respecte le temps de l’autre.

Carole et Pierre Stupfel, franchisés puis franchiseurs de French Coffee Shop

Carole et Pierre Stupfel, franchisés puis franchiseurs de French Coffee Shop.

Carole Stupfel : Nous avons été salariés jusqu’en 2013 et nous avons créé notre première société en janvier 2014, une franchise French Coffee Shop. À l’époque, je travaillais dans une banque et je m’y ennuyais profondément. Mon mari Pierre faisait des études d’urbanisme et se destinait plutôt à ce domaine. Lorsque j’ai évoqué l’idée de rejoindre l’enseigne, je savais que je ne pourrais pas tout gérer seule. Il m’a alors rejoint. Je ne voulais plus toucher à la banque, et Pierre est un excellent gestionnaire, il était donc logique qu’il tienne les cordons de la bourse. Je me suis tournée vers la clientèle. Quand nous sommes par la suite devenus franchisés Del Arte, nous nous étions répartis les rôles différemment (Pierre en salle, moi en cuisine).

Avec le recul, ce n’était pas le meilleur choix. J’aime profondément le contact humain, j’aurais dû être en salle. Mais nous avons appris de cette expérience. Le rachat de French Coffee Shop s’est fait au moment où plusieurs planètes se sont alignées : une envie de revenir en Gironde, la mise en vente du réseau French Coffee Shop, et l’intérêt de franchisés pour racheter notre restaurant. Aujourd’hui, Pierre s’occupe principalement de la gestion et du développement. De mon côté, je suis davantage sur la formation des équipes et la relation avec les franchisés. Mon conseil à un duo qui lance son entreprise, c’est de se faire accompagner juridiquement dès le départ. Il faut préparer la sortie dès l’entrée. S’associer, c’est encore plus engageant que de se marier. Tout doit être écrit : qui fait quoi, comment, dans quelles conditions. Il ne faut rien laisser dans le flou, ni la répartition des rôles, ni celle du capital.

Yann et Xavier Dartiguenave, franchisés DOMetVIE

Yann et Xavier Dartiguenave, franchisés DOMetVIE.

Xavier Dartiguenave : J’ai été pendant plusieurs années chargé d’affaires dans une société spécialisée, notamment sur la partie salle de bains. Yann a travaillé pendant une dizaine d’années dans l’industrie. Pour nous, rejoindre une franchise est un accélérateur. Nous avons choisi DOMetVIE car nous avons eu un vrai coup de cœur pour le concept et pour les personnes qui composent le réseau.

Yann Dartiguenave : On réfléchissait à entreprendre ensemble, mais en cherchant quelque chose qui ait du sens, qui nous corresponde, avec une utilité concrète au niveau local. Nous allons fonctionner de manière complémentaire, en nous appuyant sur nos compétences respectives. Xavier sera davantage sur ce qu’il maîtrise le mieux, notamment autour de l’univers de la salle de bains.

X.D. : Yann prendra plus la partie élévation (monte-escaliers, élévateurs, ascenseurs de maison). Mais l’objectif, c’est que chacun puisse aussi assurer les tâches de l’autre si besoin. Quand on nous demande si on n’a pas peur de travailler ensemble, on répond plutôt que cela s’est bien passé pendant les 30 premières années et qu’il n’y a pas de raison que cela change !

Y.D. : Nous sommes très transparents l’un avec l’autre. On sait se dire quand ça ne va pas, quand il y a un problème, et on n’a rien à cacher. Cette communication permet de résoudre rapidement les sujets avant qu’ils ne deviennent des tensions. Pour nous, le fait d’être deux, et d’être frères, est clairement un avantage.

X.D. : Mon conseil, c’est de faire un vrai point en amont. On n’a pas forcément la même envie d’investir, ni la même capacité à le faire. Il faut peser le pour et le contre, parce qu’on met de l’argent, du temps, de l’énergie. C’est une aventure de vie, mais il ne faut pas sacrifier une relation familiale ou amicale pour une entreprise.

Mohammed et Jade, franchisés chez O2

Mohammed et Jade, franchisés chez O2.

Mohammed Bouzid :  J’ai commencé chez O2 en tant que stagiaire en 2015. Très vite, j’ai su que je voulais entreprendre et ouvrir ma propre franchise. J’ai intégré la succursale O2 de Valence en tant que chargé de clientèle. J’ai rapidement pris des responsabilités et ai ouvert ma première franchise à Romans-sur-Isère en 2020, puis une seconde à Bourg-lès-Valence en 2022. C’est en 2023 que j’ai rencontré Jade, alors alternante à Valence.

Jade Tassistro : J’ai commencé en alternance sur un poste de chargée de clientèle. L’agence a connu beaucoup de changements de responsables, ce qui m’a amenée à prendre davantage de responsabilités. J’ai contacté Mohammed pour découvrir le fonctionnement en franchise. Il m’a alors accueillie en alternance, et j’ai découvert la réalité du fonctionnement en franchise. Et au fil des discussions, l’idée d’entreprendre a commencé à émerger.

M.B. : En 2021, lors d’un échange avec la direction de l’animation franchise, nous avons constaté que la Corse était totalement vierge sur la carte du réseau. Quand j’ai su que Jade avait des origines corses, tout s’est aligné.

J.T. : Quand Mohammed m’a proposé de lancer une agence, l’idée s’est imposée naturellement. Je savais que j’aurais besoin d’accompagnement pour une première franchise. Ici, je suis sur le terrain au quotidien. Cette organisation me permet d’apprendre en profondeur le métier, notamment la partie RH. À terme, si nous ouvrons d’autres agences, j’aimerais aussi prendre en charge davantage la partie création.

M.B. : Sur cette ouverture, j’ai pris en charge toute la partie administrative et juridique. L’objectif était de laisser Jade à 100 % sur le cœur de métier. Je pilote à distance et je me rends sur place tous les deux à trois mois. Pour se lancer à deux, mon seul conseil est de se faire confiance. Sans confiance, aucune association ne tient.

Allez plus loin

Retrouvez ce dossier dans L’Officiel de la Franchise n°257 d’avril-mai 2026.

Acheter le numéro

Ajouter un commentaire

Votre adresse IP ne sera pas collectée Vous pouvez renseigner votre prénom ou votre pseudo si vous êtes un humain. (Votre commentaire sera soumis à une modération)