Un communiqué de presse estampillé Wingate (notamment conseil financier du Groupe Monceau Fleurs) repris sur plusieurs sites Internet le 23 août, indiquait que le groupe qui possède les enseignes Monceau Fleurs, Happy et Rapid’Flore sortait d’une situation financière “désespérée”. Contacté par la rédaction, le directeur administratif et financier a souhaité remettre les choses à plat. Il évoque également avec nous les conséquences pour les franchisés.
Ces derniers jours, on pouvait lire sur Internet que le Groupe Monceau Fleurs sortait d'une “situation désespérée”, face à la menace d'une “résiliation du plan de sauvegarde” voire d'une “liquidation judiciaire”. Le communiqué soulignait que le groupe portait un passif de 30 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 36 millions d’euros en 2013. S’il ne nie pas les difficultés qu’a traversées le groupe, Laurent Pfeiffer, son directeur administratif et financier, conteste certaines informations véhiculées, dont le chiffre d'affaires annoncé (l'année étant encore loin d'être terminée). Les 30 millions d'euros de passif sont en revanche exacts.
Retour sur une année mouvementée
C’est en juin 2012, peu après l’homologation de son plan de sauvegarde, que le Groupe Monceau Fleurs recrute Laurent Pfeiffer. “Début mai 2012, le plan de sauvegarde qui avait été proposé au Tribunal de commerce de Paris a donné comme conclusion un étalement sur dix ans de l’intégralité de sa dette financière, avec des annuités progressives. Je suis arrivé en juin, et j’ai réalisé un travail de contrôle de gestion approfondi”, rapporte Laurent Pfeiffer. Il explique que les résultats ont permis de montrer que l’une des activités était fortement déficitaire, et que le marché de la fleur ne permettait plus de continuer avec une centrale d’achats intégrée. Second constat : des fonds étaient nécessaires pour que les 450 magasins du groupe prennent ce virage. L’entreprise étant en faiblesse financière, elle choisit de se tourner vers des sociétés d’investissement et de se faire aider dans cet exercice par Wingate (cabinet de conseil financier). “Wingate a œuvré dans la qualité du choix et c’est ainsi que nous avons sélectionné Perceva car c’est une société d’investissement qui s’inscrit dans la durée et aux côtés du management. Ce ne sont pas des actionnaires dormants et c’est très important”, souligne Laurent Pfeiffer.
Peu de temps pour agir
Cependant, se posait alors toujours le problème du passif de l’entreprise, trop important. “Il fallait redonner à l’entreprise une structure financière saine et réduire ce passif. L’entreprise étant fragilisée financièrement, n’ayant pas pu assumer sa première échéance de sauvegarde en mai 2012, le tout devenait assez urgent pour que les opérations se réalisent dans un timing très serré. Ces actions sont le fruit d’une réflexion croisée avec tous les acteurs (Wingate, Perceva, GMF, AMF…, ndlr)”, insiste le directeur administratif et financier. Le groupe se retrouve confronté à une difficulté supplémentaire : le plan de sauvegarde l’oblige à un traitement égalitaire des créanciers entre eux.
Le rôle de Perceva
“De là est sortie une opération sur les instruments financiers, une OPA simplifiée sur les obligations convertibles et les actions et une procédure d’acquisition ordonnée sur les obligations sèches. Nous avons demandé au cabinet Ledouble si le prix proposé par l’ensemble des acteurs était équitable.” Résultat : fin juillet, 93 % des obligations convertibles ont été rachetées par Perceva. Puis, mi-août, un peu plus de 15 % des obligations sèches ont été rapportées à l’offre de Perceva.
“Juridiquement, une première augmentation de capital a eu lieu le 6 août, indique Laurent Pfeiffer. Celle-ci a eu pour but de renflouer les fonds propres du groupe de 6,3 millions d’euros et de modifier la gouvernance. À savoir que la société anonyme est passée en SA à conseil de surveillance et directoire. Le directoire est composé de Laurent Amar et moi-même et le conseil de surveillance regroupe trois membres nommés par Perceva et deux par Laurent Amar. Aujourd’hui, la gouvernance et l’actionnariat sont aux mains de Perceva. C’est un changement fondamental”. Une seconde augmentation de capital est prévue pour le début du mois de septembre, par compensation des créances qui ont été rachetées. Une nouvelle société a été créée pour ces deux opérations, GMF Holding. Elle a déjà investi les 6,3 millions d’euros.
“La page des difficultés est tournée”
“On rentre dans un schéma d’entreprise classique, un peu lourd, mais nécessaire pour assurer un avenir fort et le développement des trois enseignes, avec la volonté d’atteindre les 1 000 boutiques, révèle Laurent Pfeiffer. Nous ne sommes plus dans une entreprise artisanale, mais dans une société processée. Il n’y aura aucune conséquences sur les franchisés hormis que désormais, ils auront un franchiseur solide. La page des difficultés est tournée, le foyer de la dette n’est plus en activité et l’entreprise repart sur des bases saines avec une dette maîtrisée. Maintenant, nous sommes tous tournés vers l’avenir”. Le directeur administratif et financier précise d’ailleurs que l’intégralité des opérations a été communiquée depuis le début à l’ensemble des membres du réseau.
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